‹ Vieilles maisons, vieux papiersChapitre 9 sur 52 · SA VALETTE DE LANGES · texte numérisé non relu

SA VALETTE DE LANGES

riNCONNU

L'Almanach royal pour l'année 1786 donne cette indication : « Garde du Trésor royal : M. Savalette père, rue Saint-Honoré, au-dessus des Jacobins. — M. Savaletle de Langes, son fils, adjoint en survivance, même demeure. »

Le père Savalette, qui portait les prénoms de Charles-Pierre, était né en 1716; maître des requêtes honoraire, ancien intendant de Tours, il était comblé des faveurs royales et jouissait, depuis 1752, en outre des revenus de sa charge, d'une pension de 4.000 livres sur la cassette du roi. Son fils avait également toute la confiance de la Cour, et, s'il faut en croire V Histoire du Jacobinisme de l'abbé Barruel, il la méritait peu. Il aurait été, en effet, le correspondant à Paris des illuminés d'Allemagne qui, comme chacun sait, jouèrent un rôle considérable dans la préparation du mouvement révolutionnaire. Ce Savalette, au dire de Barruel,

« était l'homme de tous les mystères, de tous les complots; » il avait installé, rue de la Sourdière, une loge brillante oîi se donnaient des fêtes agréables et que dominait un Comité secret, régentant tous les disciples de Weishaupt, de Swedenborg et de Saint-Martin, affiliés à rilluminisme. On a, sur ce Comité secret, des détails d'un pittoresque un peu gros peut-être. Nul, par exemple, ne franchissait le seuil de la salle oii il tenait ses séances, et deux frères terribles, Tépée nue, défendaient la porte du sanctuaire. C'est encore Savalette de Langes qui aurait attiré à Paris, pour y réformer la loge de la rue de la Sourdière, le comte de Saint-Germain et Cagliostro, thaumaUirges dont l'influence fut grande sur les sociétés secrètes, à la veille de 1789. Ce sont là des on-dit plutôt que delhistoire, car, sur ces points à jamais obscurs, les documents authentiques font défaut : un fait avéré donnerait plutôt à penser que Barruel ne se trompe pas en gratifiant le garde du Trésor royal du titre de révolutionnaire fougueux : pendant toute la durée de la Révolution, Barère, peu suspect de modérantisme, habita « chez son ami Savalette, rue Saint-Honoré^ » — L'hôtel porte aujourd'hui le II" 352. — Lorsque Savalette fut accusé d'avoir, en 1791, prêté au comte d'Artois une somme de 5 millions qui lui avait permis d'émigrer, Barère

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