‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 103 sur 131 · S. EDOUARD LE CONFESSEUR · texte numérisé non relu

S. EDOUARD LE CONFESSEUR

ROI d' ANGLETERRE.

(13 octobre.)

S. Edouard était fils d'Ethelred II, roi d'Anglcterre^et d'Emme, filie de Richard I", duc de Normandie. Le règne du père d'Edouard fut malheureux parcequ'il fut faible. Les Danois l'ayant détrôné firent h ses sujets tous les maux que la haine et la perfidie peuvent inspirer à des ennemis sans foi et sans humanité. Ce prince après avoir perdu ses états se retira avec sa famille en Normandie. Suénon, roi des Danois, qui fit la conquête de l'Angleterre, mourut la même année. Caimte, son fils, devint roi d'Angleterre, et y régna dix-neuf ans. Ce prince étant mort en io36, ses états furent partagés entre ses enfants; Harold eut l'Angleterre, où il régna pendant trois ans, et mourut en ioSq. Ce fut alors qu'Edouard quitta sa retraite de Normandie pour passer en Angleterre. Les Anglais, las de vivre sous la domination des rois étrangers, résolurent de rétablir S. Edouard^ leur prince légitime, sur le trône de ses pères. Il fut sacré le jour de Pâques 1042, à l'âge d'environ quarante ans.

Ses vertus lui gagnèrent bientôt tous les cœurs; et malgré les circonstances critiques dans lesquelles il monta sur le trôrie son règne fut un des plus heureux qu'on eût jiimais vu, tant à cause de la piété, de la justice et de la bienfaisance du jeune prince que par la sagesse des lois, le zèle de la religion et le maintien des bonnes mœurs, qu'il eut soin de

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faire observer. Edouard n'entreprit qu'une seule guerre, qui eut pour objet le rétablissement de Malcolm, roi d'Ecosse, et elie fut terminée par une victoire glorieuse. Le pieux roi, dont le caractère était composé de toutes les verlus morales et chrétiennes, avait une charité, une humilité et une délicatesse de conscience sur tout ce qui concernait la plus exacîe pureté, qui, sans nuire à la dignité du sceptre, faisaient l'admiration générale.

Edouard se vit comme forcé par le vœu général de la nation de prendre une épouse. Son choix se fixa sur Edithe, qui joignait h. une vertu éminente toutes les qualités du cœur et de l'esprit; elle était fille de Godwin, comte de Kent, prince le plus riche et le plus puissant du royaume. Le roi déclara à sa nouvelle épouse qu'il avait fait vœu de chasteté perpétuelle. Edithe entra dans ses vues, et ils convinrent qu'ils vivraient dans l'état du mariage comme frère et sœur. Le saint roi se montra plus que jamais le père des pauvres; il fonda des églises, des monastères et d'autres établissements utiles à son peuple. Les revenus de ses domaines étaient si sagement administrés qu'ils suffisaient pour tout ce qu'il entreprenait. Ses sujets n'eurent jamais lieu de se plaindre des impôts pour les besoins de l'état.

Le code des lois de ce prince, respecté et usité encore en partie dans la Grande-Bretagne, lui mérita le nom du plus sage législateur de son temps. 11 consulta le pape Léon IX sur la promesse qu'il avait faite, pendant son exil en Normandie, de visiter les tombeaux des saints apôtres à Rome, si le Seigneur permettait qu'il rentrât dans les droits de son père sur l'Angleterre. Le souverain pontife, per-

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suaJé que le roi ne pouvait quitter ses états sans exposer son peuple h. de grands dangers, le dispensa de raccomplissement de son vœu à condition qu'il distribuerait aux pauvres l'argent qu'il aurait dépensé en venant a Rome, et qu'il bâtirait ou doterait un monastère en l'honneur de S.Pierre. Edouard, après avoir réparé et fait des donations considérables au monastère, qui était hors des murs et au couchant de la ville de Londres, voulut encore qu'il fût honoré de privilèges. On lui donna le nom de Westminster; il est devenu depuis célèbre par le sacre des rois et par la sépulture des grands du royaume.

En faisant la fondation dont nous venons de parler Edouard espérait ériger un monument qui attesterait aux siècles futurs son zèle pour la gloire de Dieu et sa dévotion pour le prince des apôtres. S'étant trouvé mal avant la cérémonie de la dédicace de l'église de Westminster, il y assista cependant jusqu'à la fin; mais il fut obligé de se mettre au lit. Il ne pensa plus qu'à se préparer à la mort par des actes fervents de piété et par la réception des sacrements. Yoyant la reine fondant en larmes, il lui dit : Ne pleurez plus, je ne mourrai point, mais je vivrai. J'espère en quittant cette terre de morts entrer dans la terre des vivants pour y jouir du bonheur des saints. » Il expira le 5 janvier 1066, dans la soixante-quatrième année de son âge. Dieu le glorifia par plusieurs miracles. Il fut canonisé en 1161 par Alexandre III. S. Thomas, archevêque de Cantorbéry, fit la translation de ses refiques le 1 5 octobre, jour auquel on a depuis célébré sa principale fête.

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