‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 105 sur 131 · s. THIBAUT · texte numérisé non relu

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les louanges de Dieu et y passaient un temps considérable dans l'exercice de la contemplation.

Il fut aisé de s'apercevoir à leur conduite qu'ils n'étaient point destinés par leur naissance à vivre du travail de leurs mains. La sainteté de leur vie attirait aussi sur eux les regards des hommes. Se voyant trahis, ils résolurent d'abandonner un lieu oii il ne leur était pas possible de rester inconnus. Ils firent nu-pieds un pèlerinage à Compostellc, après quoi ils reprirent la route d'Allcûiagne. En passant par Trêves Thibaut y rencontra son père , mais qui ne le reconnut point h la pauvreté de ses habits et à son visage desséché par les rigueurs de la pénitence. Son cœur ressentit la plus forte émotion à la vue de celui qui lui avait donné le jour; il réprima cependant les sentiments de la nature, et pour n'être pas exposé une seconde fois h une pareille épreuve il entreprit avec son compagnon un pèlerinage h Piome. Les deux saints allèrent toujours nu-pieds. Lorsqu'ils eurent vi^té tous les lieux de dévotion qui étaient en Italie ils se fixèrent dans un désert affreux nommé Salanigo, près de Yicence, ets'ybûtirent, du consentement du seigneur du lieu, chacun une cellule dans le voisinage d'une vieille chapelle qui tombait en ruines. Lh l'exercice de la prière et delà contemplation faisait leur occupation conlinuclle; mais Dieu appela Gautier à lui au bout de deux ans.

Thibaut regarda la mort de son compagnon comme un avertissement que Dieu lui donnait dô la proximité de la sienne; il redoubla donc de ferveur dans tous ses exercices. Il ne vivait que d'eau, de pain d'avoine et de racines; et il en vint jusqu'à s'inter-

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dire absolument l'usage du pain. Jamais il ne quittait le cilice. Une planche lui servait de lit, et pendant les cinq dernières années de sa vie il ne dormait plus qu'assis sur un Lanc. L'évêque de Yicence, frappé de ses éminentes vertus, l'éleva au sacerdoce , après quoi plusieurs personnes de piété lui confièrent la conduite de leur conscience.

Son jière et sa mère, qui vivaient encore, ayant apprit que l'ermite de Salanigo dont on parlait dans toute l'Europe était ce fils qui, par sa fuite, leur avait fait verser tant de larmes, se mirent aussitôt en roule pour faller voir. Ils furent si fortement touchés du spectacle qui s'offrait à leurs yeux qu'à l'instant il se prosternèrent aux pieds de leur fds sans pouvoir lui dire un seul mot. Lorsqu'ils furent revenus de leur surprise ils se relevèrent, et, la foi triomphant en eux des sentiments de la nature, la joie prit la place de la douleur. Ils sentirent tout à coup la vanité du monde, et résolurent de se consacrer sans réserve au service de Dieu. Le comte Arnoul fut rappelé en Bric pour ses affaires; mais avant que de partir il accorda à Gisle, sa femme, la permission qu'elle lui avait demandée de finir sa vie auprès de son fils. Thibaut lui fit bâtir une petite cellule à quelque distance de la sienne, et se chargea du soin de la former l\ la pratique de la perfection.

Peu de temps après le saint lut attaqué de la maladie dont il mourut. Il souffrit avec une grande patience les douleurs aiguës que lui causaient les ulcères dont son corps était couvert. Sentant approcher son dernier moment, il envoya chercher Pierre, abbé de Yangadice, de l'ordre des Camal-

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