‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 117 sur 131 · NOTICE SUR M. DE RANGÉ · texte numérisé non relu

NOTICE SUR M. DE RANGÉ

qu'en leur présence avec les étrangers. Lorsqu'ils sont ensemble aux travaux ou ailleurs, ils ne se communiquent leurs pensées que par signes.

Le [)ape Innocent III appelait le monastère de Saint-Bernanl ia nierveUis du nioiule. On pourrait dire la même chose de la Trappe. La vie qu'on y mène est vraiment angélique. Il n'y a point de spectacle plus touchant que celui qu'offre le recueillement continuel des religieux au travail, an réfectoire, et surtout à l'église. Ils sont parfaitement morts à lem- propre volonté ; ils obéissent non sci*lement aux supérieurs, mais même au dernier de la communauté dès qu'il fait quelque signe.

Leur genre de vie est fort austère : ils n'ont d'autre boisson que le cidre ou la bière. Les jours de jeûne, ils ont à dîner vin morceau de pain bis, avec des herbes bouillies et assaisonnées d'un peu de sel; leur collation consiste en deux onces de pain sec. Les autres jours ils ont à dîner un potage aux herbes, une portion de légumes ou de racines, avec un dessert, c'est à dire des radis ou des raves, des noix ou quelques fruits. Ils ne mangent ni œufs ni poisson, et ne font gras que quand ils sont malades. Le lait et le fromage leur sont quelquefois permis. Leur souper consiste en trois onces de pain , auquel ils ajoutent, dans les grandes fêtes et durnnt le temps pascal, un peu de fromage et une salade.

Ils vivent dans une mortification générale de leurs sens. Les moindres manquements sont punis chez eux par de longues prostrations. En hiver, lorsqu'ils sont au ehauffoir, ils se tiennent à quelque distance du feu, et se retirent bientôt. Ils saisissent toutes les occasions de pratiquer la patience et l'humilité. C'est pour les exercer à ces vertus que le supérieur les traite quelquefois en apparence avec dureté, même dans les maladies II s'y trouve des religieux d'une

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