S. GODEFROI
ÉVÊQUE d'à MIENS.
(8 novembi-e.)
Godefroi,né dans le territoire de Soissons, sortait d'une famille noble et vertueuse. Foulques, son père , étant devenu veuf, prit l'habit monastique. Notre saint n'avait encore que cinq ans lorsqu'on le mit sous la conduite de Godefroi, abbé du Montr Saint-Quentin, quiTavait tenu sur les fonts de baptême. Ce Godefroi était oncle de la bienheureuse Itte, comtesse de Boulogne et de Namur, mère de Godefroi et de Baudouin, qui furent rois de Jérusalem.
Dès sa plus tendre jeunesse le saint se privait d'une grande partie de ce qu'on lui donnait pour sa nourriture, et le distribuait aux ])auvres; souvent même il ne paraissait point au réfectoire et se renfermait dans quelque oratoire, pendant le temps qu'on ypassait, pour s'entretenir avec Dieu. Il consacrait quelquefois la plus grande partie d« la nuit à
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ce saint exercice. Les larmes abondantes qui coulaient de ses yeux dans la prière annonçaient sa tendre piété et la vivacité de sa componction. Al'âge de vint-cinq ans Tévêque de .\oyon l'ordonna prêtre. Il parut digne de cet honneur, non seulement h cause de ses vertus, mais encore à cause des progrès qu'il faisait tous les jours dans l'étude de la religion. On n'écouta point son humilité, qui lui inspirait de l'éloignement pour le sacerdoce.
Peu de temps après on lui confia le gouvernement de l'abbaye de iXogent en Champagne. Cette maison sous sa conduite devint bientôt célèbre par sa régularité. Deux abbés, touchés des merveilles qu'on en publiait, se retirèrent pour y vivre en simples religieux dans une plus grande perfection.
Godefroi avait tellement acquis Thabitude de veiller sur lui même qu'il était absolument maître àe tous ses sens. Jamais il ne prononçait une parole inutile; jamais ses yeux ne s'arrêtaient sur aucun objet sans nécessité. Son silence et sa modestie étaient des preuves sensibles de la continuité de son recueillement. In jour qu'on lui servait à table quelque chose qni paraissait mieux assaisonné qu'à l'ordinaire, il en fit des plaintes. « Est-ce que vous ne savez pas, dit-il, que la chair se révolte si on la flatte? » Un concile entier le pressant de prendre le gouvernement de l'abbaye de Saint-Rémi de Reims, il s'avança au miheu de l'assemblée, et après avoir cité les canons en sa faveur, il s'écria : « A Dieu ne plaise que je méprise une épouse pauvre, et que je lui en préfère une riche. »
En 11 o3 on félut évêque d'Amiens; mais il fallut lui faire violence pour qu'il acquiesçât à son
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élection. Il entra nu-pieds dans la ville. Lorsqu'il fut arrivé à l'église de Saint-Firmin il adressa ai^ peuple qui était présent un discours fort pathétique. On retrouvait dans son palais la maison d'un vrai disciple de Jésus-Christ. Chaque jour il lavait les pieds à treize pauvres et les servait à table. Il s'opposait avec un zèle inllexible aux entreprises des grands opiniâtrement attachés à leurs désordres. Il attaquait avec vigueur les abus qui régnaient dans son clergé, et après avoir éprouvé bien des difficultés, il rétabht la réforme dans le monastère de Saint-Valery. Célébrant les saints mystères le jour de Noël en présence de Robert, comte d'Artois, qui tenait sa cour à Saint-Omer, il ne voulut point recevoir les offrandes môme des princes, parceque leur extérieur était trop mondain. Plusieurs sortirent de l'église et y rentrèrent avec plus de simplicité pour n'être pas privés de la bénédiction du saint évêque. 11 fut arrêté par une fièvre violente dans un voyage qu'il faisait à Reims pour conférer avec son métropolitain sur des matières importantes. Il reçutles sacrements dd'Église avec beaucoup de ferveur, et mourut le 8 novembre 1118, dans l'abbaye de Saint-Grespln de Stissons, où il fut enterré. Il est nommé dans le martyrologe romain.