‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 127 sur 131 · UE IV · texte numérisé non relu

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cent par les religieux de son ordre. Il avait sur toute» une inspection générale. Son principal soin fut d'y entretenir mie exacte disciplinée', l'esprit d'une charité parfaite. Dans cette vue, il arrêta qu'on ferait fréquemment la visite de chaque monastère, et il institua les chapitres généraux, qui étaient inconnus avant lui, selon l'auteur des annales de Gîteaux. Le premier se tint en 1116, et le second en 1119. Ce fut dans ce dernier que le saint puhlia les statuts appelés caricde <:/ia?-ffé, quelepapeCalixtell confirma L'année suivante; il fit faire un recueil des cérémonies et des coutumes qui s'observaient a Cîieaux, afin qu'ellespussent passer à la postérité; par ce moyen il établissait l'uniformité dans tout l'ordre. C'est ce recueil qu'on appelle les as de Clteaiix. Il fit écrire aussi une histoire abrégée du commencement de l'ordre, qui est connue sous le nom i^Exordiam de Citeaax.

En 11 20 S. Etienne fit un voyage en Flandre. Il visita le monastère de Saint-Yaast d'Arras, où il fut reçu avec les plus grandes démonstrations de respect ptir l'abbé Henri et ses religieux. Il sortit encore deux autres fois de sa retraite, l'une en 1128 pour aller au concile de Troyes avec S. Bernard, l'autre en 1 162 pour aller demander quelques grâces au pape Innocent II, qui était venu en France.

Etienne, évêque de Paris, et Henri, archevêque de Sens, qui avaient des démêlés avec Louis-le- Gros, roi de France, s'adressèrent au saint pour le prier de s'intéresser en leur faveur auprès du prince. Ils espéraient beaucoup du crédit que lui donnait la réputation de ses vertus. Le saint abbé de Cîteaux accorda aux deux prélats ce qu'ils lui demandaient;

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il écrivit an roietleur rendit tous les autres services qui dépendirent de lui.

S* Etienne, qui voyait approcher sa fin, résolut de se démettre de sa charge, pour ne plus penser qu'à l'éternité. Ayant donc assemblé le chapitre de l'ordre en ii33, il dit, après avoir terminé toutes les affaires, que la place qu'il occupait ne lui convenait plus. « On sait, ajoula-t ii, qu'outre mon indignité personnelle je suis vieux et infirme. Il est temps d'ailleurs que je me prépare h paraître devant Dieu; ainsi vous n'avez qu'à choisir quelqu'un pour me remplacer. » On fut affligé de ce discours, mais personne n'osa contredire le saint. On pensa donc h liii donner un successeur. Le choix du chapitre tomba sur un religieux nommé Guy; mais il fut déposé peu de jours après, parcequ'on reconnut qu'il n'avait pas les qualités requises en un chef d'ordre. Raynard, moiue de Glairvaiix, lui succéda.

Le saint survécut peu de temps à cette élection. Les abbés de sa filiation, qui étaient au nombre de vingt, n'eurent pas plus tôt appris qu'il approchait de sa dernière heure qu'ils s'assemblèrent h Cîteaux afin d'être présents à sa bienheureuse mort. Lorsqu'il fut à l'agonie quelques-uns d'entre eux se dirent tout bas qu'après une vie aussi vertueuse et aussi pénitente il ne devait rien craindre en mourant; mais le saint les ayant entendus leur parla ainsi: «Je vous assure qtie je m'en vais à Dieu avec autant de crainte et de tremblement que si je n'avais jamais fait aucun bien; car s'il y en a eu quelqu'un en moi, ou si ma bassesse a porté quelque fruil avec le secours de Jésus-Christ, je crains de n'avoir pas

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conservé celle grâce avec autant de soin et d'humilité que je le devais. »

S. Elienne mourut le 28 mars 1 i34et fut enterré dans le cloître, près de la porte de l'Église. On le mit dans le tombeau du bienheureux Albéric, son prédécesseur, que l'on voit encore aujourd'hui. Les Cisterciens l'honorent le 10 juillet.

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