S. REMI
KVÈQUE DE REIMS, APOTRE DES FRIXÇAIS.
(1" octobre).
S. Rémi, fripôtre de la nation française, illustra l'Eglise des Gaules par son savoir, son éloquence.
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sa sainteté et ses miracles. Inépiscopat de soixantedix ans et nne suile non interrompue de grandes actions ont rendu son nom célèbre dans les annales de la religion. Sa naissance tint du prodige, et sa vie fut un miracle continuel de la grâce. Emilius, sonpère,ctGilinie, samère, qui sortaient l'un et l'autre de familles distinguées parmi les Gaulois, possédaient de grandes richesses et vivaient au château de Laon avec une splendeur conforme h leur rang; mais ce qui les rendait surtout recommandables c'était leur zèle pour la pratique des vertus chrétiennes.
L'opinion la plus probable est que S. Renii vint au monde en 439* H eut deux frères plus âgés que lui, dontl'un se nommait Principe. Celui-ci futévêque deSoissons, et est honoré dans l'Eglise d'un culte public. On dit qu'un saint ermite, nommé Montan, prédit la naissance dePiemi. Ses parents le regardaient comme un enfant sur lequel Dieu avait de grands desseins; aussi furent-ils très attentifs au choix de ceux qu'ils chargèrent du soin de son éducation.
Rémi eut pour nourrice Balsamie, que l'on compte parmi les saintes et que l'on honore h Reims dans l'église collégiale dédiée sous son invocation. Cette sainte femme avait un fils appelé Celsin, qui fut depuis disciple de Rémi, et qui est connu à Laon sous le nom de S. Soussin.
Le jeune Rémi, qui avait un esprit d'une excellente trempe, fit de rapides progrès dans les sciences, et il elïaça par son éloquence les orateurs de son temps selon S. Sidoine Apollinaire, qui connaissait parfaitement les premières années de sa vie; mais il se rendit surtout recommandable dès sa jeunesse par son amour pour la religion et par la
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pureté de ses mœurs. On voyait encore dans le neuvième siècle mi appartement secret où il avait coutume de se renferaier h Laon pour vaquer pins librement h la prière, et on allait le visiter avec dévotion dans le temps que Hincmar écrivait. Rémi, qui cherchait les moyens de tendre à la plus sublime perfection, quitta la maison de son père et se retira dans unlien écarté, où il n'avait que Dieu pour témoin des pratiques et des austéritésque sa ferveur lui inspirait.
Le siège épiscopal de Reims étant devenu vacant par la mort de Bennagius, Rémi, qui n'avait encore que vingt- deux ans, fut élu malgré lui pour le remplir. Son mérite extraordinaire parut aui évêques de la province une raison suffisante pour lui accorder la dispense de l'âge requis par les cannons. Le nouvel évêque se livra avec une ardeui^* incroyable à toutes les fonctions de son ministère. Il priait et méditait les Ecritures; il instruisait le peuple confié h ses soins; il travaillait sans cesse àla conversion des péchem^s, des hérétiques et des infidèles. Il annonçait les divins oracles avec tant de force et d'onction que plusieurs l'appelaient un seconds. Paul.
S. Sidoine Apollinaire ne pouvait trouver de termes assez énergiques pour exprimer l'admiration que lui causait l'ardente charité et la pureté de cœur avec lesquelles notre saint évêque offrait les divins mystères. Le zèle avec lequel il annonçait la parole de Dieu n'étaitpas moins admirable. L'onction qui accompagnait ses paroles touchait les cœurs les^^ plus endurcis, et portait les pécheurs les plus invétérés à réparer leurs désordres par la pénitence. Son éloquence et sa piété, dit le même auteur, le ren-
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daientune des plus Lrillaiiles lumières de l'Eglise. Je me s^iis procuré, ajoute-t-il, des copies de se? sermons, que je regarde comme un trésor inesti^ mable. J'y admire la noblesse des pensées, le choix judicieux des épitliètes. la beauté et le naturel des figures, la justesse, la solidité et la force du raisonnement, que l'on peut comparer à l'impétuosité du tonnerre. Les mots coulent de source et ne sentent point la gêne. Toutes les parties de son discours sont si bien liées , son style a tant de douceur et de facilité qu'il résulte de l'ensemble une force h laquelle il n'est pas possible de résister. Le mérite des discours de S. Renii était encore relevé par la sublimité des maximes qu'ils contenaient et par l'esprit de piété avec lequel ils étaient débités; mais ils tiraient principalement leur efficace de la sainteté du prédicateur, qui pratiquait le premier les vérités qu'il annonçait aux autres. Dieu confirmait aussi par le don des miracles la doctrine que prêchait son serviteur. Ce fut ainsi que le ciel prépara S. Rémi à devenir l'apôtre d'une grande nation.
Les Gaulois, devenus redoutables par le succès de leurs armes, avaient envoyé jusqu'en Asie de nombreuses colonies. S'étant emparés d'une grande partie de l'Italie, ils mirent Rome h deux doigts de sa perte. Jules-César les vainquit et les soumit h la domination des Romains, cinanante ans avant l'ère des chrétiens. S. Augustin remarque que ces fiers' conquérants étaient clans l'usage de faire recevoir leur langue même par les nations qu'ils avaieitit vaincues.
Les Gaules furent environ cinq cents ans sous lu puissance des Romains, qui les regardaient comme
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une des plus riches et des plus puissantes provinces de l'empire. Les Francs s'en emparèrent ensuite ; mais ces nouveaux maîtres, loin de chasser ou de faire périr les habitants du pays, devinrent un môme peuple avec eux, et adoptèrent même leur langne et leurs mœiu s.
Clovis n'avait que quinze ans lorsqu'il monta sur le trône. 11 ibt le plus célèbre conquérant de son siècle , et c'est h. juste titre qu'on l'appelle le fondateur de la moiiarchie française. Dans le temps même où il faisait profession du paganisme, il traitait avec bonté les chrétiens, et surtout les évêques; il épargnait les églises , et témoignait de l'estime aux personnes recommandables par leurs vertus. Il honorait principalement S. Rémi. Il fit rendre les vases de l'église de Reims, qu'un soldat avait enlevés; et comme le soldat balançait h s'en dessaisir, il le punit en le tuant de sa propre main. Clotilde^ que Clovis épousa en 49^, était fort zélée pour la religion chrétienne; elle lâchait d'adoucir la férocité de son mari, et le disposait insensiblement à embrasser la foi. Etant devenue mère d'un fils, qu'on nomma Ingomer, elle le fit baptiser. Le jeune prince mourut au bout de quelques jours, lorsqu'il portait encore ihabit blanc qu'on donnait dans l'église à ceux qui avaient reçu le baptême. Clovis fut vivement afïligé de cette perle, et voulut en rendre Clotiide responsable. « Si l'on avait invoqué, lui dit-il, le nom de mes dieux sur mon fils, il vivrait encore; mais parcequ'il a été baptisé au nom des vôtres, la mort me l'a enlevé. » La reine se contenta de lui répondre qu'elle s'estimait heureuse d'avoir mis au monde un enfant qui était en-
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Irc en possession du royaume céJeste. Quelque temps après elle accoucha d'un second fils, qui fut également baptisé et qui reçut le nom de Clodomir. Ce prince étant tombé malade, le roi, transporté de colère, dit à Clotilde : « Voilà l'effet de votre entêtement; mon fils mourra comme son frère, pour avoir été baptisé au nom de votre Christ. » C'était ainsi que Dieu se plaisait à éprouver sa servante; mais il se laissa toucher cette fois par ses prières, et le jeune prince recouvra la santé.
Jusque Ih Clotilde n'avait pu engager son maria renoncer au culte des idoles; mais Dieu par sa miséricorde ménagea une circonstance où le roi se déclara en faveur delà véritable religion, et se montra supérieur h la crainte du monde, qui l'avait si long-temps retenu dans l'erreur. Le prétexte tiré du mécontentement que feraient éclater ses sujets ne fit plus aucune impression sur son esprit.
Les Suèves et les Allemands, ayant formé dans la Germanie une armée nombreuse que commandaient plusieurs rois , passèrent le Rhin , et vinrent attaquer les Francs pour leur enlever les riches dépouilles de l'empire romain dans les Gaules. Clovis marcha contra eux, les rencontra près des frontières de son royaume, et leur livra bataille a Tolbiac. Il se mit à la tête de sa cavalerie, et donna à Sigebert, son parent, le commandement de son infanterie. Le choc de l'ennemi fut si terrible que Sigebert fut blessé dangereusement et emporté du camp : ainsi l'infanterie fut entièrement défaite et mise en déroute. Quoique l'ennemi se portât avec fureur sur la cavalerie, Clovis ne put être forcé; couvert de sang et de poussière, il encourageait ses soldats et
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faisait avec eux des prodiges de valeur; mais il eut bientôt la douleur de les voir lâcher pied et se débander. Il voulut inutilement les rallier par ses prières et ses menaces ; ils ne l'écoutèrent point, et ne suivirent que les mouvements de frayeur qui les agitaient.
Clotilde avait dit h Clovis en le quittant : « Seigneur, vous allez à la guerre , mais si vous voulez remporter la victoire invoquez le Dieu des Chrétiens : il est le seul maître de l'univers, et il s'appelle le Dieu des armées. Si vous vous adressez à lui avec confiance rien ne pourra vous résister. Tous triompherez de vos ennemis , fussent-ils cent contre un. «Le roi, s'étant rappelé ces paroles dans l'extrémité où il était, leva les yeux au ciel et dit avec larmes : « 0 Christ ! que Clotilde invoque comme le fils du Dieu vivant, j'implore votre secours! Je me suis inutilement adressé à mes- dieux; j'ai éprouvé qu'ils n'ont aucun pouvoir. Je vous invoque donc; je crois en vous. Délivrez-moi de mes ennemis, et je me ferai baptiser en votre nom. » h^ peine eut-il achevé cette prière que sa cavalerie dis^ persée se rallia autour de sa personne. On recom« mença le combat avec une nouvelle ardeur, et les. ennemis furent repoussés. Leur principal chef ayanl; été tué, ils mirent bas les armes, et demandèrent quartier. Clovis leur accorda la vie et la liberté, à condition que le pays possédé par les Suèves dans la Gern;ianie lui paierait un tribut annuel. Il paraît qu'il soumit aussi les Boioarlens ou Bavarois , et qu'il leur imposa le même joug. Ce fut en 496 qu'il, gagna cette célèbre victoire.
Depuis ce jour Clovis pensa sérieusement à se
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disposer à la réception du baptême. En revenant de son expédition il passa par Toul, et prit avec lui S. Vaast, qui menait une vie retirée dans cette ville, afin qu'il l'instruisît sur la route des mystères de la foi. Il avait im tel désir d'accomplir son vœu qu'il se fût reproché le moindre délai volontaire. Clotilde, informée de ce qui s'était passé, envoya chercher S. Rem=, et partit avec lui pour aller en Champagne au devant du roi. Dès que le roi l'aperçut il lui cria : '( Clovis a vaincu les Allemands, et vous avez triomphé de Clovis; ce que vous aviez tant à cœur est fait; mon baptême ne peut être long-temps diiFéré. » « C'est au Dieu des armées , répondit la reine, qu'est due la gloire de ces deux triomphes. » Elle l'exhorta à persévérer dans les pieuses résolutions où il était, et en même temps elle lui présenta S. Rémi, l'un des plus respectables évêques de son royaume.
Rémi continua d'instruire Clovis^ et le disposa à recevoir la grâce du baptême par le jeûne, la pénitence et la prière. Le roi lui dit qu'il craignait que ses sujets ne voulussent point renoncer h leurs itloles; mais il ajouta qu'il leur parlerait de la manière qui serait jugée convenable. Il fît assembler les principaux de la nation dans ce dessein , mais iiis le prévinrent en s'écriant : « Seigneur, nous renonçons à des dieux mortels, et nous sommes résolus d'adorer le Dieu immortel que prêche Rémi. » Le saint évêque et S. Yaast les instruisirent aussi pour les préparer au sacrement de la régénération. Plusieurs prélats se rendirent à Reims pour assister à la cérémonie, qui fut fixée au jour de Nocl. Le roi se distinguait des autres catéchumènes par sa
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piété. Dépouillé de ses habits royaux et couvert d'instruments de pénitence il implorait nuit et jour la miséricorde divine.
Clotilde voulut que la cérémonie du baptême du roi se fit avec une grande pompe extérieure : elle croyait avec raison qu'il fallait frapper les sens d'un peuple barbare, et que c'était là le moyen de leur inspirer du respect pour notre religion; elle fit donc orner de riches tapisseries les rues qui conduisaient du palais à la grande église; elle ordonna encore de brûler des parfums dans l'église et dans le baptistère , et d'y allumer un grand nombre de cierges. Au jour marqué, les catéchumènes partirent en procession , portant des croix et chantant les litanies. S. Piemi conduisait par la main le roi, qui était suivi de la reine et du peuple. Lorsqu'il le vit auprès des fonts baptismaux il lui dit : «Humiliez-vous, ô Sicambre I renoncez à ce que vous avez adoré jusqu'ici, et adorez ce que vous avez brûlé. » Il lui parlait de la sorte pour le faire entrer dans ces sentiments de douceur et d'humilité que le christianisme exige. Le baptême de Clovis fut suivi de celui d'Alboflcde, sœur de ce prince ; trois mille Français reçurent aussi ce sacrement. Alboflède étant morte peu de temps après, le roi en fut vivement aflligé; S. Rémi le consola par une lettre, où il lui représentait qu'une telle mort était heureuse, et que sa sœur n'avait quitté cette vie que pour recevoir la couronne des vierges. Lantilde, autre sœur du roi, qui avait eu le malheur de tomber dans l'arianisme , se réconcilia à l'Eglise en recevant l'onction du saint chrême.
Clovis ayant donné plusieurs terres à Rémi , le
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saint évêque les distribua à diverses églises; il fît le même usage des donations que lui firent quelques seigneurs français. Il tint cette conduite pour empêcher qu'on ne s'imaginât qu'il travaillait h la conversion des âmes dans des vues intéressées. L'église de Notre-Dame de Laon eut une part considérable à ses libéralités. Il aimait la ville de Laon, où il avait él é élevé, et il y établit un siège épîscopal, sur lequel il éleva Génébaud. C'était un homme très versé dans la connaissance des lettres divines et humaines. Il avait épousé une nièce de notre saint; mais depuis il se sépara d'elle pour se consacrer plus spécialement aux exercices de la piété chrétienne. Telle lut l'origine de l'évêché de Laon , qui auparavant faisait partie du diocèse de Reims. Rémi plaça Théodoric ou Thierri sur le siège de Tournai en 487; il fit S. Vaast évêque d'Arras en 498, et de Cambrai en 010. Il envoya S. Antimond prêcher la foi aux Morins, et le chargea de la fondation de l'église cle Térouanne.
Clovis fonda des églises dans plusieurs endroits de son royaume et les dota richement; il publia aussi un édit poiir inviter tous ses sujets h embrasser le christianisme. S. Avit, évêque de Vienne, lui écrivit pour le féliciter sur son baptême; il Tcxliortait en même temps à envoyer des ambassadeurs chez les peuples de la Germanie qui habitaient au-delà du Rhin, ponr les porter à recevoir hi iuniière de la foi.
Lorsque le roi se préparait à maschcr contre Alaric en 5oG, S. Rémi lui adressa une lettre dans laquelle il lui donnait des conseils sur la manière de bien gouverner son peuple et d'attirer sur luimême les bénédictions du ciel. « Choisissez, lui dit-il,
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des personnes sages pour votre conseil, et ce sera le moyen de rendre votre règne glorieux. P\.espectez le clergé ; soyez le père et le protecteur de votre peuple ; allégez autant qu il vous sera possible le fardeau des impôts que les besoins de l'état rendent quelquefois nécessaires; consolez et soulagez les pauvres , nourrissez les orphelins , défendez les veuves, ne souffrez point d'exactions; que la porte de votre palais soit toujours ouverte afin que chacun de vos sujets puisse aller réclamer voire justice; employez vos revenus à racheter les captifs , etc. »
Le succès des armes de Glovis contre les Visigoths fut très heureux ; il les défit et s'empara de Toulouse, leur capitale, dans les Gaules. Il écrivit ensuite une lettre circulaire à tous les évoques de ses états pour les autoriser à donner la liberté aux prisonniers qu'il avait faits ; mais il leur marquait qu'il désirait qu'ils n'usassent de ce privilège qu'en faveur de ceux qui seraient de leur connaissance.
Anastase, empereur d'Occident, instruit des victoires que Glovis avait remportées sur les Yisigoths, rechercha son alfiance contre les Goths, qui avaient principalement contribué à la chute de l'empire d'Occident ; il le déclara patrice, consul et auguste, et lui envoya les ornements de ces différentes dignités. Depuis ce temps-là Glovis porta la pourpre et prit le titre d'auguste. 11 entra dans la Bourgogne pour forcer le roi Gondebaud à lui remettre la dot de sainte Glotilde et pour venger la mort du père de l'oncle de cette princesse ; mais le roi des Bom^guignons conjura l'orage en promettant de payer un tribut annuel. Gondebaud ayant massacré depuis son troisième frère, Glovis l'attaqua de nou-
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veau et le vainquit. Il se laissa cependant fléchii* par les prières de Clotilde ; il permit à Gondebaud de régner pourvu qu'il fut fidèle au paiement du tribut convenu entre eux, et Sigismond, son fils, monta sur le trône après sa mort.
S. Rémi, soutenu de la protection de Clovis, étendit de tous côtés le royaume de Jésus-Christ et convertit une grande partie delà nation française. Les miracks qu'il opérait donnaient une nouvelle force aux travaux de son zèle. C'est ce que nous apprenons de plusieurs monuments historiques dont on ne peut contester la certitude. Les évêques assemblés à Lyon pour la conférence qui se tint de son temps contre les ariens déclarèrent que leur zèle pour la défense de la foi était excité par l'exemple de Rémi, qui avait détruit de toutes parts les autels des idoles par une tnultitude de signes et de miracles. Cette conférence est trop célèbre pour que nous ne rapportions pas ce qui s'y passa. Les principaux évêques qui y assistèrent furent Etienne de Lyon , Avit de Yienne , Apollinaire de Valence et Eonius d'Arles. Ils se rendirent tous à Savigny, où était Gondebaud, roi des Bourguignons, qui professait i'arianisme , et le prièrent d'ordonner aux évêques ariens d'avoir avec eux une conférence publique. \oyant ce prince peu disposé à leur accorder ce qu'ils demandaient, ils se jetèrent à ses pieds et versèrent des larmes abondantes. Gondebaud, attendri par ce spectacle, leur dit avec bonté de se relever et leur promit de leur donner incessamment une réponse. Ils retournèrent à Lyon, et le roi étant venu le lendemain dans celte ville, il leur déclara qu'il consentait à la conférence. C'était la veille deSaint-Just.
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Les évêques catholiques passèrent la Duit en prières dans l'église de ce saint; le lendemain matin ils allèrent au palais à rheure qui leur avait été indiquée. S. Avit parla pour les orthodoxes et Boniface pour les ariens, en présence du roi et de plusieurs sénateurs. Boniface ne répondit que par des clameurs et des injures, accusant les catholiques d'adorer trois dieux. Il y eut une seconde conférence quelques jours après, et elle eut la même issue que la première. Un grand nombre d'ariens se convertirent; Gondebaud lui-même avoua qu'il croyait que le Fils et le Saint-Esprit étaient égaux au Père, et il pria S. Avit de lui donner secrètement l'onction du saint-chrême; mais le saint fit celte réponse : «Notre- Seigneur déclare qu'/7 reconnaîtra devant son père tous ceux qui l'auront reconnu devant les hommes. Vous êtes roi et vous n'avez point de persécution h craindre commo les apôtres. ^ ous redoutez une sédition parmi le peuple; mais vous devez vous élever au dessus d'une telle faiblesse. Dieu n'aime point cehii qui pour un royaume terrestre n'ose le confesser devant ic monde. » Le roi ne sut que répondre; mais il ne changea pas pour cela, et il n'eut jamais le courage de se déclarer ouvertement en faveur delà foi catholique, (i)
(1) Ce fut ce roi dos Bourguignons qui publia la loi Gombelte. 11 est parlé pour la pr?mière lois, dans le quarante-cinquième article de cette loi, des duels auxquels on condamnait ceux qui refusaient de terminer leurs querelles par la vi.ie du serment. Les luis des Lombards en Italie autorisaient le même abus; mais on ne se battait qu'avec des bâtons et un bouclier. Cette pratique cruelle devint plus meurtrière quand on eut introduit des armes plus dangereuses. On y eut bientôt recours de son autorité privée. Son oiigine est barbare ; elle est inconnue aux
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Cependant S. Rémi travaillait sans cesse à détruire l'idolâtrie et i'arianisme tant dans la Bourgogne que dans la France. Ayant tenu un synode dans un âge fort avancé , il y convertit un évêque arien qui y était venu pour disputer contre lui. Il mourut le i5 janvier 553, selon D. Rivet, dans la quatre-vingtquatorzième année de son âge. On l'enterra dans l'église de Saint -Christophe h Reims. Son corps était sans aucune marque de corruption en 852 , lorsque Hincmar le leva de terre. Le pape Léon IX , qui tenait un concile à Pieims en 1049, ^^ transféra dans l'église de Tabbaye des Bénédictins , dite aujourd'hui de Saint-Remi , et la cérémotiie<4e cette translation se fit le i'^'^ octobre. En 1646 on visita de nouveau le corps du saint évêque, et on le trouva encore entier dans toutes ses parties ; seulement la peau était desséchée et attachée au suaire comme du temps de Hincmar, qui en a donné la description.
S. CESAIRE,
ARCHEVÊQUE d' ARLES.
(27 août.)
S. Césaire, né en 470 près de Châlons-sur-Saône, sortait d'une famille où la piété était héréditaire.
peuples civilisés et qui se sont fait le plus de réputation pat leur valeur, tels que les Grecs et les Romains; elle est aussi contraire à la vraie grandeur d'ame qu'aux luis sacrées de la nature. Cependant, par un renversement de toutes les idées qui choque également la raison et la religion, et par une fausse application des termes , elle est devenue la pierre de touche du courage et un point d'honneur, surtout depuis le cartel que François l*', roi de France, envoya à l'empereur Ciiarles-Quint.
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Dès son enfance il se montra si charitable que sou vent il se dépouillait de ses propres habits pour en evêtir les pauvi^es qu'il rencontrait. Après avoir ait ses études avec succès il résolut oe quitter le inonde pour assurer son salut. A l'âge de dix-huit ans il se présenta à Sylvestre, évêque de Châlon^, pour le prier de lui couper les chevenx. Lorsqu'il fut revêtu de l'habit clérical il s'attacha au service de l'Eglise. Deux ans après il se mit sous la conduite de l'abbé Porcaire, qui gouvernait alors le monastère de Lérins, célèbre par un grand nombre d'hommes recommandables par leur savoir et leur piété. lèfut dans cette maison un modèle accompli de toutes les vertus religieuses. Ayant été fait célérier, quelques moines l'accusèrent à\me excessive sévérité, et il ne put faire cesser ces plaintes qu'en quittant cet emploi.
L'épuisement où ses austérités l'avaient réduit fit craindre pour sa santé. Ayant consulté les médecins h. Arles, il eut occasion de voir Eonius , archevêque de cette ville , son compatriote et son parent. Le prélat demanda Gésaire h son abbé , et lui conféra successivement le diaconat et la prêtrise. Quelque temps après il lui donna la conduite d'un monastère bâtr dans une île formée par le Rhône et située dans les faubourgs de la ville. Trois ans se passèrent de la sorte. Eonius, avant de mourir, demanda Gésaire pour son successeur. Le saint prit la fuite et alla se cacher dans des tombeaux élevés par les Romains, et dont on voit encore aujourd'hui les ruines auprès d'Arles. Mais ayant été découvert on le força d'acquiescer au désir du peuple et du clergé, qui l'avaient élu pour leur pasteur
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en 001. Il avait alors trente ans, et il en passa plus tîe quarante dans l'épiscopat.
Son premier soin fut de régler ce qui avait rapport à roffice divin : jusque-là on n'avait chanté à Arles tierce, sexe et noue que les samedis et les dfmanches, il fit célébrer cette partie de l'olTice tous les jours dans sa cathédrale , ainsi que cela se pra^ tiquait dans les églises voisines. Il exhortait les laïques h y assister autant que leurs occupations le leur permettraient. La prière était un des objets sur lesquels il insistait le plus; il voulait qu'on priât de cœur, et non seulement des lèvres. « On adore, disait-il, l'objet dont on s'occupe en priant. Celui qui durant la prière pense ou h un lieu d'assemblée ou à la maison qu'il fait bâtir, les adore plulôt que Dieu. » Ce fut pour se livrer avec plus d'assiduité h. cet exercice, ainsi qu'à la lecture et à la prédicat tion, qu'il se déchargea du soin de son temporel sur des économes et sur des diacres d'une probité reconnue. Il employait ses revenus h soulager les pauvres et à fonder des hôpitaux. Il prêchait matin et soir; il répétait souvent à ses auditeurs que l'e plus terrible effet des jugements du Seigneur est une famine spirituelle de la parole divine.
S. Césaîre fît bâtir dans la ville d'Arles un monastère de religieuses. L'église en était très vaste et divisée en trois parties ; celle du milieu fut dédiée sous^ l'invocation de la sainte Vierge, et les deux autres sous celle de S. Jean-Baptiste et de S. Martin. Ce monastère, connu d'abord sous le nom de Saint-Jean, prit depuis celui de son fondateur; le gouvernement en fut confié h Césarîe, sœur du saint, qui avait pris le voile à Marseille. Césairc composa
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une règle pour les religieuses qui viraient sous la conduite de sa sœur. Cette maison quitta depuis sa règle pour prendre celle de S. Benoît, afin de garder Funiformité. S. Césaire présida au concile d'Asde, qui se tint en 5o6, et dans lequel on fit plusieurs règlements pour la réformation des mœurs. Il présida aussi en 029 au second concile d'Orange, et en dressa lui-même les canons. On y condamna l'hérésie des semipélagiens, qui enseignaient que le premier désir ou le commencement de la foi et des bonnes œuvres venait de la créature.
Le saint archevêque eut beaucoup à souffrir des diverses calamités qui affligèrent le siècle dans lequel il vécut. De son temps la ville d'Arles était soumise h Alaric, roi des Tisigoths. Comme Césaire était né sujet du roi de Bourgogne, Alaric s'imagina qu'il avait dessein de faire passer le territoire d'Arles sous la domination de son premier maître. Rien n'était cependant plus éloigné de la pensée du saint; car il priait Dieu nuit et jour pour que toutes les nations vécussent en paix. Il n'en fut pas moins exilé à Bordeaux, où pendant le séjour qu'il y fit il la préserva par la vertu de ses prières d'un incendie qui faisait déjà les plus grands ravages. Alaric ayant reconnu son innocence, le rétablit sur son siège et condamna ses accusateurs à être lapidés ; et s'ils ne subirent pas ce supplice ils en furent redevables à l'intercession de celui qu ils avaient voulu perdre.
Les Yisigoths ayant perdu leur roi, Théodoric s'empara de tout ce qu'ils possédaient en Languedoc et en Espagne. Ce prince ne put souffrir la charité de Césaire pour les prisonniers ; il le fit arrêter et conduire a Ravenne. Mais lorsqu'il le vit en sa
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présence il fut singulièrement frappé de son air vénérable et majestueux, ainsi que de son intrépidité; il se leva, puis ôtant l'ornement qui lui couvrait la tête il le salua d'une manière très obligeante. Ils s'entretinrent quelque temps ensemble , et le saint se retira. Il lui envoya un bassin d'argent du poids de soixante livres, avec trois cents pièces d'or, et il ordonna au porteur de lui dire : « Saint évêque , le roi votre fils vous prie d'accepter ce présent et de vous servir du bassin pour l'amour de lui, » Césaire, qui ne se servait jamais de choses précieuses, vendit le bassin et en employa le prix à racheter plusieurs captifs. Le roi en fut bientôt informé ; il apprit aussi qu'il y avait un si grand concours de pauvres à la porte du saint évêque qu'il était impossible d'en approcher.
Une charité si ardente fit une telle impression sur tous les esprits que les sénateurs et les personnes de première qualité se disputèrent de générosité envers les malheureux, et prièrent Césaire d'être le distributeur de leurs aumônes. Étant h Ravenne, le saint rendit par ses prières la santé au fils d'une pauvre veuve. De Ravenne Césaire se rendit à Rome. II y fut honorablement reçu par le pape Symmaque, par le clergé, la noblesse et le peuple de cette ville. Symmaque lui donna le pallium, et confirma en sa faveur les privilèges de l'église d'Arles ; il fétablit aussi vicaire apostolique, et lui attribua en 5i3 le droit d'inspection générale sur toutes les affaires ecclésiastiques de l'Espagne et des Gaules. La même année le pape publia quelques décrets pour remédier à certains abus qui s'étaient introduits dans les Gaules.
g/J S. BENOÎT.
En 5i4 s. Césairerevint dans son diocèse, et coiitînua d'y travailler avec le même zèle h la sanctification de son troupeau jusqu'à l'âge de soixantedouze ans. Ses infirmités l'avertissant que sa fin approchait, il demanda si la fête de S. Augustin arriverait bientôt; puis il ajouta : « J'espère mourir ce jour-là; vous savez combien j'ai toujours aimé la doctrine vraiment catholique de ce saint évêque. » Il se fit porter chez les religieuses dont il était le fondateur, et après leur avoir donné sa bénédiction il se fit reporter dans son église métropolitaine , où il mourut en présence de plusieurs évêques et de plusieurs prêtres la veille de la fôte de S. Augustin, en 542. Lu grand nombre de miracles attestèrent sa sainteté avant et après sa mort.
PATRIARCHE DES IMOINES d'oCCIEEXT.
(21 mars.)
Kenoît, issu d'une famille honnête, naquit à Novcîa, autrefois ville épiscopale en Ombrie. Il ne fut pas plus tôt en âge d'apprendre les sciences que ses parents l'envoyèrent aux écoles publiques de Rome. Comme son cœur n'avait jamais été infecté du poison du vice et qu'il redoutait jusqu'à l'ombre du péché, il craignit pour son innocence au milieu d'une troupe de jeunes gens- dont plusieurs menaient une vie fort déréglée. Il ne. s'en tint pas là ; il résolut de faire un divorce éternel avec le monde afin de se mettre à l'abri de tous ses pièges. Il soi^ tit donc de Rome et prit le chemin du désert. Sa
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nourrice, nommé Cyrille^ qui l'aimait tendrement, le suivit jusqu'au bourg d'Afile, environ à trente milles de Rome; mais il trouva le moyen de s'échapper et de gagner seul les montagnes de Sublac : là il rencontra un moine du voisinage, nommé Romain, qui lui donna riiabit de religieux. Romain l'instruisit ensuite, des devoirs de l'état qu'il voulait embrasser, et le conduisit dans une caverne profonde^, située au milieu des montagnes et dans un lieu presque inaccessible.
Cette caverne, appelée ô.e\mis\si sainte Grotte, fut le lieu que Benoît choisit pour sa demeure. Romain lui promit de garder le secret et de lui apporter de temps en temps une partie de ce qu'on lui donnait pour sa nourriture. Il la descendait dans la caverne avec une corde et en avertissait le saintpar le moyen d'une sonnette. Benoît vécut ainsi pendant trois ans sans être connu de qui que ce fut, excepté de Romain; mais Dieu, qui le destinait à briller dans le monde comme une lumière éclatante, permit qu'il fût découvert en 497. Yoici comment la chose arriva.
Un saint prêtre du pays, préparant son dîner le jour de Pâques, entendit une voix qui lui disait : « Votis préparez à manger pour vous, tandis que Benoît, mon serviteur, meurt de faim h Sublac. »Lc prêtre se mit aussitôt h chercher l'ermite, et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine qu'il parvint à le trouver. Benoît fut surpris de voir un homme venir à lui, et il ne voulut lui parler que quand ils eurent tons deux prié quelque temps. La conversation ne roula que sur les choses de Dieu. Le prêtre invita ensuite le saint h manger, apportant pour raison
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que l'on ne doit pas jeûner le jour de Pâques. Le repas fini, le prêtre retourna chez lui.
Quelque temps après des bergers aperçurent le saint proche de sa caverne. Ils le prirent d'abord pour une bête sauvage : leur erreur venait de ce qu'il était vêtu de peaux de bête et de ce qu'ils croyaient impossible qu'un homme habitât des rochers aussi affreux que ceux de Sublac. Lorsqu'ils S s furent assurés que c'était un serviteur de Dieu ils conçurent pour lui le plus grand respect ; il y en eut même plusieurs d'entre eux qui, touchés de ses discours, entrèrent avec ferveur dans les voies de la perfection. Le bruit delà découverte du saint ermite s'étant répandu, on s'empressa d'aller le visiter. On lui fournissait aussi ce que l'on savait être convenable à sa manière de vivre. Benoît, de son côté, nourrissait par des instructions toutes divines les âmes de ceux qui prenaient soin de son corps.
Quoiqu'il fut caché dans le sein de la solitude, il ne laissa pas d'éprouver les assauts du tentateur. Nous avons beau fuir le monde, le démon nous suit partout : toujours il entretient des intelligences secrètes avec cet ennemi domestique qui réside dans notre propre cœur et qui ne mourra qu'avec nous. Pendant que Benoît vaquait à la contemplation des choses célestes, l'esprit de ténèbres essaya de le distraire en se présentant à lui sous une forme visible; mais il chassa le fantôme avec le signe de la croix. Le démon eut recours à une nouvelle ruse; il rappela au saint le souvenir d'une femme qu'il avait vue autrefois à Rome, et il en grava si fortement l'image dans son esprit qu'il fut tenté de quitter son désert. Un rayon de grâce ayant aussi-
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tôt brillé Uses yeux, il rougit d'une pareille tentation, mit bas ses habits et se roula tout nu dans des orties et des ronces qui étaient auprès de lui; il ne se releva que quand son corps l'ut tout en sang. Les plaies qu'il se fit éteignirent les flammes impures de la concupiscence, et cette première victoire assujettit tellement la chair h l'esprit qu'il n'en ressentit plus dans la suite le funeste aiguillon.
Cependant le bruit de sa sainteté se répandait de jour en jour. On vit plusieurs personnes, touchées de ses exemples, renoncer au monde pour embrasser les austérités de la pénitence. Quelque teaips après. les moines de Yicovare le choisirent pour succédée à leur abbé, qui venait de mourir. Benoît s'en défendit par les principes de cette humilité qui fut toujours sa vertu favorite ; mais on lui fit tant diastances qu'à la fin il fut obligé de céder. L'expérience lui apprit bientôt qu'il était chargé de conduire des hommes dont la vie n'était rien moins que conforme aux maximes de l'état monastique. Son zèle déplut; on se repentit d'avoir élu un abbé si rigide observateur des règles ; on passa des murmures à la haine, et les choses en vinrent à un tel point que quelques-uns résolurent de se défaire d'un supérieur dont la morale condamnait leurs désordres. Ces scélérats mirent du poison dans le vin qu'il devait boire, etle lui présentèrent. Le S3;nt ayantfoimé selon sa coutume le signe de la croix sur le verre, il se cassa sur-le-champ. 11 reconnut h ce prodige que le verre contenait un breuvage mortel. Loin de paraître étonné, il dit à ses moines avec sa douceur et sa Iranquilhté ordinaires :« Que Dieu vous le pardonne, mes frères. Vous devez compreu-