S. COLOMB AN
ABBÉ
(21 novembre.)
ColomLan ou Colom, de la province de Leinster en Irlande, naquit vers le milieu du sixième siècle. Il y avait alors dans ce pays un grand nombre de moines recommandables parleur savoir et par leur sainteté, en sorte que l'Irlande était tout h la fois une île de saints et le séjour des sciences ecclésiastiques. On courait en foule dans les monastères pour s'y instruire et s'y former h la piété ; on avait une vénération singulière pour ceux qui les habitaient. Ils menaient une vie retirée et joignaient li la contemplation les plus rigoureuses austérités de la pénitence; non seulement ils évitaient les distractions qu'entraînent les affaires du siècle , mais ils fuyaient autant qu'il leur était possible le commerce des hommes , afin de pouvoir converser plus librement avec Dieu et avec les esprits célestes.
De tous les monastères d'Irlande le plus célèbre était celui de Benchor, dans le comté de Down; il avait été fondé par S. Congel vers l'an o3o; et il s'y rassembla sous la conduite de ce saint un grand nombre de fervents serviteurs de Dieu, qui dans un corps mortel menaient une vie véritablement angélique. Ils labouraient eux-mêmes la terre et se livraient h d'autres travaux qu'ils savaient allier avec la prière et la contemplation. Ils s'appliquaient aussi à l'étude, et ils avaient dans S. Congel un modèle de toutes les sciences qu'ils devaient acquérir. Leur
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règle était empruntée de celle de S. Basile et des moines d'Orient.
Colomban, après avoir appris les premiers éléments des sciences sous S. Sinellus h Cluain-Inys, se retira dans le monastère de Benchor et y prit l'habit. Il y vécut plusieurs années dans les plus austères pratiques de la mortification. Les progrès qu'il fit dans les sciences qui avaient la religion pour objet furent si rapides qu'il en fut en quelque sorte regardé comme l'oracle. Il composa étant encore fort jeune un commentaire sur les psaumes, afin qu'en éclaircissant les difficultés qui se trouvent dans ces divins cantiques ils pussent lui et ses frères les réciter avec plus de ferveur.
Animé d'un désir ardent de renoncer plus parfaitement au monde et à tous les biens qui auraient pu l'attacher h la terre, il résolut comme Abraham de passer dans une contrée étrangère. Il communiqua son dessein à S. Congcl, en le priant de lui donner sa bénédiction et de lui permettre de partii\ Le saint abbé fit d'abord quelques difficultés parcequ'il craignait de perdre un religieux d'un si rare mérite. Il acquiesça cependant h sa demande, dans la persuasion que Colomban agissait par une inspiration surnaturelle, et qu'il ne se proposait que la plus grande gloire de Dieu. Notre saint partit de Benchor avec douze autres moines. Il était âgé d'environ trente ans. Il passa dans la Bretagne et de là dans la Gaule, où il arriva vers l'an 585.
Son zèle s'enflamma quand il vit la discipline ecclésiastique méconnue : ce qui venait en partie des incursions des barbares, en partie de la négligence de quelques évèqucs. Les saintes règles de la