‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 46 sur 131 · S. COLOMBAN · texte numérisé non relu

S. COLOMBAN

pénitence n'étaient pas plus observées. Colomban prêcha dans tons les lieux où il passa, et la sainteté de sa vie ajouta beaucoup de force à ses instructions. Son humilité était si profonde qu'il se mettait au dessous de ses compagnons; ils n'avaient tous ensemble qu'un cœur et qu'une ame : on admirait leur modestie, leur mortification, leur douceur, leur patience et leur charité. Si quelqu'un tombait dans la plus petite faute, ils se réunissaient tous pour indiquer le moyen de la réparer. Tout était commun parmi eux. Leur exemple inspirait la piété dans tous les lieux où ils passaient.

La réputation de Colomban parvint bientôt h la cour du roi de Bourgogne. C'était Contran et non Sigebert, comme quelques auteurs l'ont prétendu. Il pria Colomban de se fixer dans son royaume, et lui permit de bâtir un monastère dans tel endroit qu'il voudrait choisir. Le saint se détermina pour le château d'Anegrai , qui n'offrait plus que des ruines et qui était situé dans le désert de Yosge. Ce fut là qu'il bâtit son premier monastère, qui n'existe plus depuis long-temps. Cette maison fut bientôt trop petite pour recevoir tous ceux qui demandaient à vivre sous la conduite du serviteur de Dieu. Il bâtit à huit milles de là un second monastère connu sous le nom de Luxeu, et qui devint le chef-lieu de son ordre: il subsiste encore aujourd'hui. Colomban bâtit un troisième monastère environ à trois milles de Luxeu. On l'appela Fontaines parcequ'ii était situé dans un lieu où il y avait beaucoup de sources ; ce n'est plus qu'un prieuré dépendant de Luxeu.

Ces maisons avaient un supérieur particulier, et Colomban résidait dans chacune successivement.

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Il faisait fréquemment à ses moines des discours ou instructions sur les devoirs de leur état, et il nous enreste seizequi sont imprimés dans la Bibliotliècjae des Pères. On y admire une grande connaissance des choses spirituelles, une piété tendre, une onction singulière et une doctrine plus que humaine, suivant l'expression d'un auteur contemporain. En parlant du mépris du monde le saint s'exprime ainsi : « 0 vie passagère, comhien d'hommes n'as-tu pas trompés, séduits, aveuglés! Si je considère la rapidité de ta fuite, tu ne me parais rien : ton existence n'a guère plus de réalité qu'une ombre ; ceux qui s'attachent à toi ne te connaissent point : tu n'es véritablement connue que de ceux qui méprisent tes plaisirs; quand tu te montres, tu disparais comme si tu n'étais qu'un fantôme. A quoi puis-je te comparer, qu'h la course légère d'un voyageur, au vol rapide d'un oiseau, à un nuage qui n'a point de consistance, à une vapeur qui se dissipe h l'instant etc.? »

Il paraît que S. Golomban n'avait pas négligé l'étude des belles-lettres dans sa jeunesse. Nous avons de lui des poésies sur des sujets de morale et de piété qui prouvent qu'il était bon poète pour le siècle où il vivait, et qu'il n'ignorait ni l'histoire profane, ni même la mythologie.

Mais celui de tous ses ouvrages qu'on estime le plus c'est sa règle, qui est un véritable traité de la profession monastique. Elle porte sur l'amour de Dieu et du prochain, dont le précepte est général; et ce fondement soutient tout le reste de l'édifice spirituel que le saint veut élever. Il inculque l'obéissance, la pauvreté, le désintéressement, l'humilité.

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