‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 51 sur 131 · S. ISIDORE DE SÉVILLE · texte numérisé non relu

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nir le bon ordre. Ayant appris que plusieurs personnes avaient coutume d'aller causer hors de l'église pendant une partie de l'office divin, qui était alors beaucoup plus long qu'aujourd'hui, il les suivit un jour et vint s'asseoir au milieu d'eux; et comme ceux-ci paraissaient fort étonnés de sa conduite, il leur dit : « Mes enfants, il faut que le pasteur soit avec ses brebis. «Les coupables, pénétrés d'une confusion salutaire sentirent leur faute et n'y retombèrent plus.

ISicélas ayant persuadé à notre saint qu'il devait une visite à l'empereur, ils partirent tous deux pour Constantinople ; mais ils se séparèrent à Pihodes h l'occasion d'une vision qu'eut le patriarche touchant la proximité de sa mort. « Vous m'invitez, dit-il à Nicétas, de rendre une visite à l'empereur; je ne le peux parceque le roi du ciel m'appelle à lui. » Il passa en Chypre, et mourut à Amathonte quelque temps après, c'est h dire vers l'an G 19. Il était dans la soixante-quatrième année de son âge, etla dixième de son épiscopat.

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(4 avril.)

Isidore a toujours été regardé comme le plus illustre docteur de l'Eghse d'Espagne. Dieu le suscita, dit S. Braulion, pour arrêter le torrent de barbarie et de férocité qui suivait partout les armes des Goths. Le huitième concile de Tolède, tenu quatorze ans après sa mort, l'appelle le docteur excellent, la gloire de l'Eglise catholicjae, le plus sa-

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vaut homme qui eût paru pour éclairer les derniers siècles, et dont on ne doit prononcer le nom quavec respect.

La ville de Carlhagène fut sa patrie. Son père se nommait Sévérien et sa mère Théodore : ils étaient l'un et l'autre de la plus haute qualité et singulièrement recommandables par leur vertu. Isidore était frère de S. Léandre et de S. Fulgence, tous deux évêques, et de Florentine, qui est aussi honorée d'un culte public. Il se consacra dès sa jeunesse au service de l'Eglise, et se prépara aux fonctions du ministère par une grande application à l'étude et aux exercices de piété. Il s'unit à S. Léandre, son frère, archevêque de Séville, pour travailler à la conversion des Visigoths infectés de l'hérésie arienne, et il eut beaucoup de part à la victoire que la vérité remporta sur l'erreur en cette occasion. Le zèle dont il avait donné tant de marques continua de s'exercer avec succès sous les règnes de Reccarède, de Liuba, de Witeric, de Gundemar, de Sisebut et de Sisemond.

S. Léandre, archevêque de Séville, étant mort enGoo ou 601, S. Isidore, son frère, fut élu pour lui succéder. Il s'appliqua fortement à rétablir la discipline dans l'Église d'Espagne, et fut l'ame des conciles qui se tinrent à ce sujet. On doit donc regarder principalement comme son ouvrage toutes les décisions importantes qui se firent alors; et il n'en faudrait pas davantage pour donner la plus haute idée de son savoir et de son zèle. Les prélats assemblés à Tolède en 610 ayant déclaré l'archevêque de cette ville primat de toute l'Espagne, le roi Gundemar confirma le décret par un édit, et

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S. Isidore y souscrivit par amour de la paix, ainsi que parle désir qu'il avait de voir runion établie eiili cloutes les Eglises du royaume.

Il présida en 619 au concile de Séville. Ce fut dans cette assemblée qu'il disputa publiquement contre un évéque de la secte des acéphales, nommé Grégoire, qui était venu de Syrie. Il réfuta si solidement Fhérésie des cutychiens, qui avaient donné naissance à celle des acéphales, que Grégoire abjura l'erreur sur-le-champ pour embrasser la doctrine catholique. Il présida aussi en G53 au quatrième concile de Tolède , le plus célèbre de tous ceux qui se sont tenus en Espagne. Cet honneur appartenait à Juste, archevêque de Tolède, en qualité déprimai; mais le respect qu'on avait pour Isidore le lui fit céder par le primat même.

Les infirmités de la vieiiîesse ne prirent rien sur le zèle ni sur la ferveur de S. Isidore. Pendant les six derniers mois de sa vie il redoubla ses aumônes avec une telle profusion qu'on voyait venir chez lui une foule de pauvres depuis le matin jusqu'au soir. Lorsqu'il sentit approcher sa fin il pria deux évêques de se rendre chez lui; il alhi avec eux à l'église, où l'unie couvrit d'un cilice et l'autre lui mit de la cendre sur la télé. Levant alors les yeux au ciel, ilpria avec beaucoup de ferveur etdemanda à hante voix pardon de ses péchés; il reçut ensuite de la main desévéques le corps et le sang de notre Seigneur, se recommanda auxprières des assistants^ remit h ses débiteurs ce qui lui était dû, exhorta le peuple à la charité, et fit distribuer aux pauvres toutcequiluirestait d'argent; après quoi ilretourna chez lui, où il mourut en paix le 4 slw'û 656,

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après trente six ou trente-sept ansd'épiscopat. Son corj)s fut enterré dans la cathédrale de Séville, entre ceux de S. Léandre et de sainte Florentine. Ferdinand P%roi de Gastillect de Léon, le fit transporter en io63 dans l'église de Saint-Jean-Baptiste de la ville do Léon, où il est encore aujourd'hui. S. Isidore savait les langues grecque, latine et hébraï([ue; il avait une érudition fort étendue et une grande connaissance des anciens auteurs tant sacrés que profanes, comme on le voit par la lecture de ses ouvrages.

Ceux qui sont appelés aux fondions de la vie active doivent sans doute y vaquer avec une grande fidélilé; agir autrement ce serait renverser l'ordre établi par la Providence ; maïs qu'ils prennent garde de tomber dans l'illusion : ils y tomberont si, à l'exemple de S. Isidore, ils n'ont des temps marqués pour les exercices de la vie contemplative. Plus on est exposé aux distractions par son état, plus on doit avoir soin de se rapprocher de Dieu par le recueillement, afin de ne jamais cesser de lui être uni par la charité. Les gens de lettres apprendront encore de l'exemple de S. Isidore à étudier en chrétiens et à rapporter h. la religion les connaissances même qui semblent d'abord n'avoir pour but que la satisfaction de l'esprit humaiîi.

Le style de S. Isidore est clair et aisé; mais on y chercherait en vain l'élégance et la po-lrtesse, ce qu'on doit principalement attribuer au siècle où l'auteur écrivait. Il règne dans -ses œuvres morales un ton de piété qui touche et attendrit. Les autres ouvrages de S. Isidore montrent qu'il était un savant universel.

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Jacques du Breul, bénédictin, donna h Paris, eni 601, une édition de tous les ouvrages de S. Isidore, avec les notes de divers auteurs, recueillies et augmentées par Jean Grialus. Ils furent réimprimés h. Cologne en 1617.

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