‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 57 sur 131 · S. SIGEBERT · texte numérisé non relu

S. SIGEBERT

ROI d'aistrasie.

(1er féTrier.)

Sigebert était fils de Dagobert I", roi de France. Ce dernier , qui depuis quelque temps menait une TÎe assez déréglée , fut si touché de la grâce qufe Dieu lui faisait de lui donner un fils que pour reconnaître cette faveur il conçut le dessein de se

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corriger entièrement. Résolu de faire baptiser ce fils par le pîus saint prélat de son royaume , il jeta les yeux sur S. Amand , évêque de Maestricht, qu'il avait auparavant exilé à cause de la généreuse liberté avec laquelle il le reprenait de ses désordres. L'ayant donc fait venir à Clichy, près de Paris , il se prosterna à ses pieds lui demanda pardon de l'injustice qu'il avait commise à son égards, et le détermina , avec l'aide de S. Ouen et de S. Éloi , qui n'étaient encore que laïques . à conférer à son fils le sacrement de la régénération. La cérémonie du baptême se fil avec une grande pompe à Orléans, où Charibert, roi d'une partie de l'Aquitaine, se rendit pour être le parrain de son neveu. L'éduca^ tion du petit prince fat confiée au bienheureux Pépin de Landen, maire dupalais, qui, contraintde céder à l'envie de la noblesse, se relira avec lui dans les états de Charibert, où il possédait plusieurs terres du chef de la bienheureuse Itte, sa femme. Dagobert rappela Pépin au bout de trois ans, et déclara son filg >igebertroid'Austrasie; il lui donna en même temps Jour ministres S. Cunibert, archevêque de Cologne, e le duc Adelgise, et confia l'administration de tOit le royaume à Pépin, qu'il retint néanmoins toijours auprès de lui. L'année suivante Dagobert eu un second fils, connu sous le nom de Clovis II. La crainte qu'il ne s'élevât des divisions entre les deiK frères le porta h partager entre eux ses états. Il confirma Sigebert dans le royaume d'Austra&ie, et donna k Clovis celui de la .Neustrie ou de la France occidentale, avec une partie de celui de Bourj^^ogno.

Ajjrès la mort de Dagoberl, arrivée en 658, les

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deux frères vécurent (Icns lapins parfaite union. Sigebert, aidé des conseils du bienheureux Pépin, qui l'aimait comme son fils, et qui continua d'exercer auprès de lui la charge de maire du palais, fit bientôt connaître qu'il avait parfaitement répondu aux soins que cet habile maître avait pris de le former à la pratique de toutes les vertus chrétiennes et royales. La mort lui ayant enlevé Pépin en 64o , il choisit Grimoald pour être maire du palais à la place de son père. Sa piété, sa prudence et sa valeur lui concilièrent l'amour et le respect de ses sujets, et rendirent son nom redoutable h ses ennemis. Les Thuringiens furent les seuls qui prirent les armes contre lui; mais il sut les faire rentrer dans le devoir, et cette guerre, la seule où il se soit trouvé engagé, n'eut point d'autres suites. Les dispositions pacifiques de son cœur, soutenues d'une prière continuelle et de la pratique des pieux exercices de la religion, ne pouvaient manquer d'attirer sur lui les grâces les plus abondantes. 11 employ? une grande partie de ses revenus h soulager les mi sères des pauvres, h. bâtir et à doter des hôpitauj, des églises et des monastères. Ce vertueux prince ne vécut pas long-temps , si toutefois on doit a»peler courte une vie aussi remplie de bonnes Œirres que la sienne. Il mourut le i" février 656, à la vingt-cinquième année de son âge. On l'ento'ra dans l'abbaye de Saint-Martin, près de Metz. II est honoré d'un culte public dans la plus grande pirtie des pays sur lesquels il régna , ainsi que dans les églises et les monastères dont il avait été le fondateur. Son corps , ayant été trouvé sans corruption en io65, fut levé de terre et placé à côté du grand

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autel ; on le mit dans une châsse d'argent en 1 1 70. François de Lorraine, duc de Guise, ayant été obligé en i552 de démolir tous les monastères des faubourgs de Metz , que Charles-Quint assiégeait , les reliques de S. Sigebert furent déposées dans l'église des Jacobins de la même ville ^ puis portées à la collégiale de Notre-Dame de Nanci.

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