TOME IV
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qui regardaient les ministres de la religion. Il veut qu'on, ifesse quatre parts des revenus de chaque église, une pour révèrrue, une pour le clergé , la troisième pour les pauvres , la quatrième pour la fabrique.
Plusieurs Piomains, à la tête desquels était le sénateur Andromaque, voulurent rétablir la fëtc des Lupercales, que Gélase avait abolie. Cette fête, célébrée en l'honneur de Pan, était accompagnée de débauches et d'extravagances grossières. Le saint pape en empêcha le rétabhssement, et publia un ouvrage solide sur ce sujet, qu'il intitula : Traité contre AndrGmaciac. Il ne montra pas moins de zèle contre l'hérésie des pélagiens et contre divers abus qui s'étaient introduits dans la Marche d'Ancône; il y extirpa la simonie et défendit tout trafic aux ecclésiastiques sous les peines les plus sévères.
Ayant appris qu'il y avait des manichéens cachés à Piome, il ordonna la communion sous les deux espèces : c'était un moyen sur de découvrir ces hérétiques, qui s'abstenaient de l'usage du vin, le regardant comme impur. On fut long-temps sans s'apercevoir de leur affectation à ne point prendre la coupe, et ils recevaient indistinctement l'eucharistie avec les catholiques comme nous l'apprenons de S. Léon. Mais il ne leur fut plus possible de dissimuler après la loi portée en 496 par Gélase, qui traite avec raison de sacrilège la division qu'ils faisaient dans l'Église par un motif superstitieux. Cette loi, qui toQiba en désuétude quand le manichéisme fut aboli, montre que les fidèles avaient la liberté ce communier sous l'une ou l'autre espèce , et la même pratique pourrait encore se prouver par d'au-
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très exemples de ce siècle et des siècles précédents.
Suivant Gennade, le saint pape Gclase composa entre autres ouvrages des hymnes sacrées à l'imitation de S. Ambroise; mais ces monuments de sa piété ne sont point parvenus jusqu'à nous.
On voit par les lettres de S. Innocent P% de S. Célestin et de S. Léon que l'Eglise de Rome avait un recueil de messes écrites avant Gélase. Le saint pape en fit sans doute la base de son Sacramentalre. Ou y trouve l'adoration solennelle de îa croix, le vendredi saint, et la conservation d'une partie de l'eucharistie consacrée la veille pour la communion de ce jour; la bénédiction des saintes huiles; l'onction, et les autres cérémonies usitées dans le baptême; la bénédiction de l'eau; les prières pour ceux qui entrent dans des maisons nouvelles; plusieurs messes pour les fêtes des saints, qui expriment Tinvocation de ces amis de Dieu et la vénération due à leurs reliques; des messes votives pour les voyageurs pour obtenir diverses vertus, pour le mariage, pour le jour de la naissance, pour les malades, pour les morts, etc.
Ce fut en 494 que Gélase tint à Kome un con~ cile composé de soixante-dix évoques, et dans lequel il publia le célèbre décret qui contient le eatalogue des livres canoniques de l'Écriture, avec un autre catalogue des pères orthodoxes et un troisième des livres apocryphes, qui sont de deux sortes : les uns, comme les actes de S. Georges, sont entièrement forgés; les autres contiennent des faits vrais^ et sont utiles en plusieurs choses; mais il y a des faussetés et des erreurs. Il faut conséquemment les lire avec
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précaution, ou du moins les exclure du canon des saintes Ecritures.
On a toujours estimé dans l'Eglise les écrits qui nous restent de S. Gélase; le style en est élégant et plein de noblesse , mais on désirerait quelquefois qu'il fût moins obscur et moins embarrassé.
Le saint pape mourut en 496, le 2 1 de novembre, jour auquel il est nommé dans le martyrologe romain, ainsi que dans ceux de Bède, d'Lsuard, etc.