‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 7 sur 131 · S. ALEXIS · texte numérisé non relu

S. ALEXIS

(17 juillet.)

S. Alexis fui un rare modèle du mépris du monde. Son père, qui était un ricbe sénateur de Rome, lui fit donner une excellente éducation, d'aulant plus qu'il n'avait pas d'autre fils. Le jeune Alexis trouva dans sa faoïilie de grands exemples de charité, et son cœur, naturellement tendre et généreux, profita singulièrement de cet avantage. Il apprit qu'on ne pouvait faire un meilleur usage des richesses que *le les partager avec les pauvres, et qu'étant ainsi distribuées en aumônes elles formaient un trésor dans le ciel pour Téternité. Dès sa plus lencîre jeunesse il ne se contenta pas de donner aux indigents tout ce qui était h sa disposition, il employait encore toutes sortes de moyens pour obtenir des autres les secours dont il savait que les malheureux avaient besoin. La manière dont il soulageait l'indigence ajoutait un nouveau prix à ses aumônes. On eût dit qu'il rcgardidt les pauvres comme ses bienfaiteurs

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et qu'il se tenait pour obligé envers ceux qui avaient part à ses libéralités, tant il leur montrait d'affection et de tendresse.

A mesure qu'il croissait en âge le désir de l'immortalité se développait dans son ame ; bientôt il ne goûta plus que les choses du ciel; l'idée seule d'un bonheur sans fm l'éleva au dessus des biens périssables de la terre. Il ne vivait plus que pour l'éternité. Tout lui paraissait petit en comparaison de la douce espérance qui flattait son cœur. Il trouvait tant de charmes à la nourrir dans son ame qu'il résolut de s'éloigner de tout ce qui serait capable de l'en distraire. Son nom et ses richesses furent les premières tentations qu'il lui fallut vaincre; mais ce n'était pas là le plus grand sacrifice qu'il eût h faire : ses parents voulurent absolument qu'il s'engageât dans le mariage; ils lui proposèrenlun parti sortable, et le jour des noces fut arrêté. Par condescendance pour sa famille il épousa celle qu'on lui avait choisie ; mais il usa de la liberté que laisse l'Église avant la consommation du mariage d'embrasser un état plus parfait : ainsi, le jour même de ses noces, il s'enfuit secrètement et se retira dans un pays éloigné de sa patrie, h. la faveur d'un habit déguisé. Il fixa sa demeure dans une petite cabane voisine d'une église dédiée sous l'invocation de la sainleVierge.

Ses vertus cependant fixèrent sur lui les regards de ceux au milieu desquels il vivait, et Ton crut s'apercevoir qu'il était un homme d'un rang distingué. Alexis, se voyant découvert, retourna dans sa patrie quelque temps après. Il se présenta h la maison de sonpère sous fextérieur d'un pauvre pèlerin, et on lui accorda un petit domicile, où il passa le reste de

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sa vie sans se faire connaître. Il bénissait le Seigneur toutes les fois qu'il avait occasion de souffrir les injures et les mauvais traitements des domestiques. Il était près de rendre le dernier soupir lorsqu'il déclara à ses parents qui il était.

S. Alexis llorissait, selon la plus commune opinion, sous le pontificat d'Innocent I", qui mourut en 417. On l'enterra sur le mont Aventin, et toute la ville de Rome assista à ses funérailles. On y trouva son corps en 1216, et il se garde aujourd'hui dans une maguifique église bâtie en cet endroit, laquelle porte le nom de Saint-Boniface et de Saint- Alexis,* elle est un titre de cardinal, et appartient aux hié-* ronymites. Le nom de notre saint se lit dans les calendriers des Latins, des Grecs, des Syriens, des Maronites et des Arméniens.

Les voies extraordinaires par lesquelles Dieu se plaît à conduire quelques âmes privilégiées sont moins l'objet de notre imitation que de notre admiration ; mais il n'est aucune de ces âmes qui ne nous offre des exemples h suivre. Si elles eurent une sainte avidité pour les humiliations, ne devons-nous pas au moins nous efforcer de faire un bon usage cle celles que la Providence nous envoie ? Non, nous ne serons jamais véritablement humbles si nous ne saisissons toutes les occasions de déraciner de nos cœurs l'orgueil qui les tyrannise. Le fatal poison de ce vice infecte tous les états; il se glisse dans toutes les conditions ; les plus secrets replis de nos âmes lai servent de retraite; de tous nos ennemis c'est toujours le dernier vaincu. Les actions les plus louables en elles-mêmes sont souvent dénaturées par sa malignité. Sans cesse il faut être en garde contre

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ses assauts; mais ce qui le rend plus redoutable c'est que plus les plaies qu'il fait a nos âmes sont profondes moins nous sommes en état de les sentir et d'y apporter remède.

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