‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 61 sur 131 · S. MAXIME · texte numérisé non relu

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rogatoire dans la chambre du conseil au palais, en présence du sénat , de Pierre , patriarche de Constcintinople, et de Macaire, patriarche d'Antioclie, tous deuxmonolhélites. Ils y déclarèrent qu'ils resteraient inyiolahlement attachés h la foi de leurs pères et aux définitions du concile de Lalran. Après plusieurs débats on les remit en prison. Le jour de la Pentecôte on vint voir S. Maxime de la part du patriarche de Constanlinople, pour l'engager à obéir. Comme on le menaçait de Texcommunication et d une mort cruelle, il répondit que tout ce qu'il désirait était que la volonté de Dieu s'accomplît à son égard. Le lendemain de cette conférence on l'exila en Thrace avec les deux Anastases. Maxime fut envoyé au château de Bizye, Anastase l'apocrisiaire à Sélimbrie, et l'autre Anastase h Perbère, qui était a l'extrémité de la province et de l'empire. On les conduisit tous trois sans provisions pour subsister et sans autres vêtements que quelques haillons qui couvraient à peine leur nudité.

Peu de temps après arrivèrent des commissaires pour examiner de nouveau le saint dans le lieu de son exil. Ils étaient envoyés par l'empereur et le patriarche. Il y avait entre autres parmi eux un évêque nommé Théodose. Maxime leur prouva qu'il faut nécessairement admettre deux volontés ea Jésus-Christ, et que jamais il n'est permis de supprimer la doctrine deîa foi. Ses raisonnements furent si solides que Théodose convint du danger que renfermait le type. Les choses en vinrent au point qu'il y eut un acte de réecnciliation signé entre Maxime et les commissaires. Théodose promit même daller h Rome pour frire sa paix avec l'Eglise. Tous

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se levèrent pleurant de joie; puis , s'étant mis h genoux, ils prièrent quelque temps, baisèrent le livre de l'Evangile , la croix, l'image de Jésus-Christ et celle de la sainte \ierge, et les touchèrent delà main en confirmation de tout ce qui avait été dit. Théodose en partant donna au saint une petite somme d'argent avec quelques vêtements.

Cette réconciliation ne produisit aucun efFet. La même année 656, l'empereur envoya le consul Paul h Bizye, avec ordre d'amener Maxime au monastère de Saint- Théodosc dcRège, près de Constantinople. On n'eut aucun égard à l'âge et au rang que le saint avait tenu àla cour; on le traita sur la roule avecladernicreLarLarie. Il arriva h. Rège le i3 septembre. Les patrices Epiphane et Troïle ainsi que l'évêque Théodose vinrent l'y trouver, suivis d'un nombreux coitége. Ils insistèrent beaucoup sur la promesse qu'il avait faite de se rendre à ce que l'empereur exigeait de lui. La réponse de Maxime fut qu'il était prêt à obéir au prince dans toutes les choses qui avaient rapport aux afFaircs temporelles. Là-dessus il s'éleva de grandes clameurs contre lui, et après quelques contestations le patrice Epiphane lui dit : « Ecoutez l'envoyé de l'empereur : tout l'Occident et tous ceux qui ont été séduits en Orient ont les yeux fixés sur vous. Youlez-vous communiquer avec nous et recevoir le type? Nous viendrons vous saluer en personne; nous vous présenterons la main; nous vous conduirons dans la grande Eglise pour y recevoir ensemble le corps et le sang de Jésus-Christ, et nous vous reconnaîtrons publiquement pour notre père. Nous sommes persuadés que tous ceux qui s'étaient

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séparés de notre communion ne vous verront pas plus tôt communiquer avec le saint- siège de Constantinople qu'ils suivront votre exemple. Seigneur, dit Maxime, en adressant la parole à l'évèque Théodose, nous attendons tous le jour du jugement. Vous connaissez l'accord solennel qui a été fait entre nous et qui a été ratifié sur les Evangiles, sur la croix, sur l'image de Jésus-Christ et sur celle de sa sainte Mère. Que vouliez-vous que ]e fisse, répondit Théodose en baissant la tête et avec le ton d'un homme qui cherche à faire sa cour ; que vouliez-vous que je fisse en voyant que l'empereur était d'un autre sentiment ? Pourquoi donc , répliqua Maxime , mettiez-vous la main sur les Evangiles ? Quant h moi, je vous déclare que rien au monde ne me fera faire ce que vous me demandez. Quels reproches n'aurais-je pas à essuyer de ma conscience et que pourrais-je répondre à Dieu, si je renonçais à la foi pour des considérations humaines ?» A ces mots tous se lèvent transportés de fureur ; ils tombent sur notre saint, lui donnent des soufflets, lui arrachent la barbe , le couvrent de crachats et d'ordm^es depuis la tête jusqu'aux pieds, et il fallut laver ses habits pour en faire disparaître l'odeur infecte qui empêchait d'approcher de lui. « On atort, dit Théodose d'en agir de la sorte à son égard, il suffisait de rapporter sa réponse à l'empereur. » On cessa donc les mauvais traitements et l'on s'en tint aux injures et aux reproches. Alors Troïle dit au saint abbé : « On ne vous demande que de signer le type : vous croirez dans votre cœur tout ce que vous voudrez. Ce n'est pas seulement dans le cœur, repartit Maxime, que Dieu a renferme notre devoir :

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nous somaies aussi obligés de confesser Jésus-Christ devant les hommes. Si l'on m'en croyait, dit Epiphane, on vous lierait à un poteau au milieu delà ville, afin que la populace allât vous souffleter et vous couvrir de crachats. Si les barbares nous laissent un peu respirer, dirent quelques autres, nous vous traiterons comme vous le méritez, vous, le pape et tous vos sectateurs. Ceux-ci dirent : Allons dîner, puis nous rendrons compte à l'empereur de tout ce qui s'est passé : cet homme est possédé du démon. » Ils se retirèrent ensuite.

Le lendemain matin on mit S. Maxime entre les mains d'une troupe de soldats qui avaient ordre de le conduire à Sélimbrie. De là il fut mené au camp. Comme on répandait le bruit qu'il niait que la Vierge Marie fût mère de Dieu, il dit anathème à ceux qui soutenaient cette erreur. Il faisait dans le camp des hîstructions que l'on écoutait avec beaucoup de respect, et tous priaient Dieu qu'il lui donnât la force dont il avait besoin pour achever heureusement sa course. Ses gardes, voyant combien il était honoré, le conduisirent h deux milles de là; ils le firent monter à cheval, et le conduisirent hPerbère, où ils le renferme rent dans une prison.

Quelque temps après Maxime et les deux Anastasc furent ramenés à Constantinople. On les fit comparaître devant un synode de monolhélites, qui les analhémalisa , avec le pape Martin , Sophrone et tous ceux qui leur étaient attachés. Telle fut la sentence quj fut prononcée contre eux parle synode et le sénat : « Ayant été condamnés canoniquement, vous mériteriez de subir la sévérité de la loi pour vos impiétés. Mais, quoiqu'il n'y ait point de puni-

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tiens proportionnées à vos crimes, nous ne voulons pas vous traiter suivant la rigueur de la loi; nous vous laisserons la vie, vous abandonnant à la justice du souverain Juge. Nous ordonnons au préfet, ici présent, de vous conduire au prétoire, où, après avoir été fouettés, on vous arrachera la langue, qui a été Tinstrument de vos blasphèmes, et l'on vous coupera la main droite avec laquelle vous avez écrit ces blasphèmes. Nous voulons que l'on vous promène ensuite dans les douze quartiers de la ville; puis, que vous soyez bannis et emprisonnés le reste de vos jours, pour expier vos péchés parles larmes. » Maxime et les deux Anastase, ayant souffert à Constantinople les peines portées par la sentence, furent bannis chez les Lazes, dans la Sarmatie européenne, verslePalus-Méotides. Ils arrivèrent dans le lieu de leur exil le 8 juin GG2. On les sépara les uns des autres. Le moine Anastase fut conduit à Sumas. Les tourments qu'il avait endurés, joints à la fatigue du voyage, l'avaient tellement affaibli qu'il mourut le 24 juillet de la même année. L'autre Anastase lui survécut peu de temps. Maxime ne pouvant monter à cheval ni supporter les voitures ordinaires fut conduit en litière au château appelé Schemari, près du pays des Alains. Il prédit le jour de sa mort, qui arriva sur la fin de la même année 662, ou au commencement de l'année suivante. Il était âgé de quatre-vingt-deux ans.

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