‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 64 sur 131 · ABBÉ DA^S LE POTHIEU · texte numérisé non relu

ABBÉ DA^S LE POTHIEU

(26 avril.)

Ce saint naquit au village de Centule , en Ponthieu. Ses parents, peu favorisés des biens de la fortune, mais fort recommandablcs par leur piété, rélevèrent dans la crainte du Seigneur. Il passa ses premières années dans les travaux de la vie champêtre, qu'il sut toujours sanctifier par les grands motifs que suggère le christianisme. La Providence, qui le destinait à être un modèle de toutes les vertus, lui fournit l'occasion suivante d'apprendre les moyens qui conduisent à la perfection.

Deux prêtresirlandais, nommés Cadoc et Frichor, passant par le Ponthieu furent maltraités par le peuple. Riquier les retira dans sa maison et leur rendit tous les services qui dépendirent de lui. Dieu le récompensa sur-le-champ de la charité

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qu'il avait exercée. Ses hôtes lui enseignèrent à pratiquer les plus belles maximes de la morale chrétienne, et il fut si touché de leurs discours qu'il résolut dès lors de ne plus vivre que pour le Seigneur. Les austérités de la pénitence ne lui offrirent plus que des délices. Il se réd isit à ne plus manger que du pain d'orge pétri avec de la cendre, et à ne plus boire que de l'eau, qu'il mêlait souvent de ses larmes. Il joignait de longues veilles au travail des mains et passait les jours et les nuits à prier ou à méditer. Ayant été ordonné prêtre, il se consacra tout entier à l'instruction des fidèles.

Quelque temps après il passa en Angleterre, afin de s'y perfectionner dans la science des saints. De retour dans sa patrie il y reprit ses fonctions ordinaires. Ses discours produisaient partout de merveilleux fruits. Le roi Dagobert P*^ eut envie de l'entendre prêcher. Il fut extrêmement touché d'un sermon qu'il fit sur les vanités du monde, et il obligea le prédicateur h recevoir des présents considérables.

Le saint employa ce qu'on lui avait donné à soulager les pauvres et h bâtir le monastère de Cenlule, dont les premiers fondements furent jetés en G5^. Quelque temps après il en bâtit un second, appelé aujourd'hui Forest-Montier, à trois lieues et demie d'Abbevillc. Le reste de sa vie il le passa avec un seul compagnon, dans la forêt de Cressy, uniquement occupé de la prière et de la contemplatioB. Il porta si loin l'amour des austérités qu'il semblait avoir oublié qu'il avait un corps. Il mourut vers l'an 645.

284 s- JE^>' DE BEVERLEY.

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