‹ Vies choisies des principaux saints (volume 2)Chapitre 67 sur 131 · NOTICE SUR ALCUIN · texte numérisé non relu

NOTICE SUR ALCUIN

rentnn nom particulier qu'ils ajoutèrent au leur : le roi prit celvii de David ; Alcuin, celui de FlaccuSy qui était le surnom d'Horace; Adélard de Corbie^ celui ù!' Augustin, etc.

Alcoiii avait toute la confiance de Charlemagne, qui l'appelait ordinairement son maître. Ce prince iîtparson avis plusieurs établissements littéraires. Il le consultait encore sur les affaires de l'état; et ce fut lui qu'il choisit en 790 pour aller en Angleterre terminer quelques différents qu'il avait avec le roi OIFa.

Le zèle d'Alcuin pour la doctrine catholique parut surtout dans le concile de Francfort en 79A, et dans celui d'Aix-la-Chapelle en 799. Il réfuta d'une manière victorieuse et confondit Félix d'Urgel, qui se trouva en personne au second de ces conciles. On sait que Félix et Elipand,tous les deux évêques d'Espagne, enseignaient que Jésus-Christ, comme homme, n'était point le fils naturel de Dieu, mais seulement son fils adoptif, ce qui détruisait en lui l'unité de personne.

Elipand ayant fait des reproches à xVlcuin sur ses richesses et le nombre de ses vas.^aux, celui-ci se justifia pleinement dans plusieurs lettres, et surtout dans celles qu'il écrivit au prêtre Eata et à l'archevêque de Lyon. « Elipand, disait-il au dernier, me reproche mes richesses, le nombre de mes domestiques et de mes vassaux; ignorerait-il que la possession des richesses ne devient vicieuse que par l'attachement du cœur ? Autre chose est de posséder le monde, autre chose d'être possédé par le monde. Quelquesuns possèdent des richesses, quoiqu'ils en soient parfaitement détachés de cœur; d'autres au contraire, qui en sont privés, les aiment et les désirent. »

Les vassaux dont il est ici question appartenaient aux différentes abbayes dont le roi avait confié l'administration à Alcuin, uniquement afin qu'il y établît

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la discipline monastique et qu'il y employât le superflu en aumônes, conformément à l'intention des fondateurs : c'est ce que nous apprenons de Loup de Ferrières et de l'auteur anonyme de la vie de S. Aldéric, archevêque de Sens. D'ailleurs Charlemagne avait établi Alcuin son grand -aumônier, et eu cette qualité il l'avait chargé du soin d'assister les malheureux. Il lui donna une maison destinée à recevoir les étrangers.

Alcuin ne restait à la cour que malgré lui. Le tumulte et la dissipation qui en sont inséparables ne s'accommodaientpointavecsonamourpour les sciences et la solitude. Il demanda à Charlemagne la permission de se retirer dans quelque monastère; ce qui ne lui fut accordé qu'après des instances souvent réitérées. 11 n'obtint cependant point la permission d'aller au monastère de Fulde ; le roi le trouvait trop éloigné de la cour. Il se relira donc dans celui de Saint-Martin de Tours, dont il avait été nommé abbé en 796. Il établit la réforme de S. Benoît d'Aniane dans les maisons qui dépendaient de lui.

Son grand âge et la faiblesse de sa santé furent des motifs qu'il allégua long-temps pour se faire décharger de l'administration de ces abbayes : il y joignit les larmes et les prières, et il eut à la fin la liberté de passer le reste de ses jours dans l'état de simple religieux. Il mourut à Tours le 9 mai SOZj, le jour de la Pentecôte, comme il l'avait désiré. Raban Maur le nomme dans son martyrologe. Henschénius donne aussi sa vie sous le 19 de mai, et fait mention de plusieurs martyrologes particuliers qui le mettent au nombre des saints. Il n'a cependant jamais été honoré d'un culte public.

Il y a quelquefois des défauts dans le style et dans le langage d'Alcuin; mais cela n'empêche pas que

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l'on irait toujours beaucoup estimé ses ouvrages. Ses traités de morale respirent une sincère piété, et ses écrits dogmatiques intéressent par la netteté et la solidité des raisonnements. Sa doctrine est très saine sur tous les points de la f ïi, et il saisit avec empressement toutes les occasions de réfuter les erreurs des hérétiques.

Les œuvres d'AIcuin furent publi/'cs par André Duchesne, à Paris en 1617, trois tomes in-folio. On attend la r.ouvelle édition qu'a promise un savant religieux de la congrégation de Saint- Van nés. Elle doit être beaucoup plus complète et plus exacte.

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