S. ZACHARIE
PAPE
(15 mars.)
Zacharie, Gioc de nation, succéda au pape Grégoire III en 74 1* C'était un homme d'une bonté et d'une douceur singulières; il ne se vengeait de ses ennemis que par ses bienfaits, et il saisissait toutes les occasions d'obliger ceux qui l'avaient persécuté avant son exaltation. On le vit exposer sa vie durant les troubles occasionnés par la révolte des ducs de Spolètc et de Bénévent contre Luitprand, roi des Lombards.
Luitprand, qui connaissait l'éminente sainteté de Zacharie, avait pour lui une grande vénération. A sa prière il renvoya sans rançon les prisonniers qu'il avait faits pendant la guerre, et rendit à l'Église romaine toutes les places qui lui avaient appartenu dans les territoires de Narni, d'Osimo, de Numana» d'Ancône et de la"\^aiic-Grande. Le saint ayant célébré les divins mystères h Terni en présence des Lombards, édifia ces peuples par sa ferveur extraordinaire, et s'attira de leur part les plus vifs senti-
5o8 s. ZACHARIE, PAPE.
ments de respect. Quelque temps après il fit un voyage à Pavie, où était le roiLuitprand. Son dessein était d'obtenir de ce prince la paix et la restitution de plusieurs places pour l'exarchat de Ravenne. Le roi des Lombards refusa d'abord ce qu'on lui demanda; mais il se rendit a la fin aux instances réitérées du saint pontile.
Zacharie donna en plusieurs occasions des preuves éclatantes de son zèle et de sa prudence. Il fit de sages règlements pour réformer les abus, pour maintenir la discipline et pour ètoufTer les semences de division qui troublaient la paix de plusieurs Lglibcs.
S. Boniface, apôlre d Allemagne, lui écrivit plusieurs lettres pour le consulter sur quelques difficultés. Il lui mandait dans une de ces lettres qu'un prêtre, nommé Yirgile, travaillait à mettre la division entre lui etOdilon, duc de Bavière, et qu'outre cela il enseignait plusieurs erreurs, dont les principales étaient qu'il y avait un autre monde, d'autres hommes sous la terre, un autre soleil, une autre lune. Zacharie répondit qu'il fallait le déposer s'il persistait à enseigner de semblables erreurs. Mais on i^urait tort de conclure de celte réponse, ainsi que l'ont fait des écrivains modernes, que le saint pontife condamnait le sentiment de ceux qui admettaient des antipodes; il avait en vue certains hérétiques qui soutenaient l'existence d'une race d'hommes qui ne descendaient point d'Adam, et qui n'avaient point été rachetés par Jésus-Christ. D'ailleurs il ne prononça point de jugement en cette occasion, puisqu'il ordonna à Yirgile de venir à Rome afin qu'on examinât sa doctrine. Il y a toute apparence que
s. ETIENNE LE JEUNE. SoQ
Virgile se justifia, puisqu'il fut élu peu de temps après évêque de Saltzbourg.
Le saint pape avait une tendre charité pour les malheureux. Ayant appris que des marchands vénitiens avaient acheté des esclaves à Rome pour les revendre aux Maures d'Afrique, il leur reprocha d'abord un trafic si injurieux à l'humanité et à la religion, et paya ensuite la somme qu'on lui demanda pour rendre la liberté à tous ces esclaves. Il orna la ville de Rome de plusieurs églises magnifiques, fit un grand nombre de fondations en faveur des pauvres et des pèlerins, et assigna un revenu annuel fort considérable pour fentretien des lampes de l'église de Saint-Pierre. Il mourut au mois de mars de Tannée 762. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe romain.