S. EDOUARD
ROI d' ANGLETERRE, MARTYR.
(18 mars.)
Edouard, fils d'Edgar, monarque de toute l'Angleterre, succéda à son père en 94^» n'étant encore âgé que de treize ans. Il se conduisiten toutpar les conseils de S. Dustan, qui avait fait la cérémonie de son sacre. Son règne fut celui de toutes les vertus ; il se rendit surtout recommandable par l'intégrité de ses mœurs, par sa piété, sa modestie, sa clémence et sa charité envers les pauvres. Ses sujets s'applaudissaient tous les jours de vivre sous la domination d'un si bon prince; mais sa mort prématurée devint bientôt pour eux une source de larmes.
Elfride, sa belle-mère, s'était opposée à son couronnement et avait remue mille ressorts pour faire élire le prince Ethelred, qu'elle avait eu d'Edgard et qui n'était âgé que de sept ans. Ses intrigues n'ayant pas réussi, elle conçut une haine implacable contre Edouard et résolut de le perdre. Le jeune roi, qui connaissait les sentiments de sa bellemère, ne laissait pas de lui donner en toute occasion les preuves les moins équivoques de son respectet de son affection. Il agissait à l'égard d'Ethelred comme il aurait fait à l'égard da plus tendre des frères; et sa conduite était d'autant plus admirable que la dissimulation n'y avait aucune part; elle avait pour fondement un cœur vrai et sincère. Elfride n'en fut point touchée ; l'esprit de vengeance et l'ambition
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lui firent fouler aux pieds les lois sacrées de la nature et de la religion.
Il y avait trois ans et demi qu'Edouard régnait, lorsqu'j chassant dans une forêt voisine de Wareham au comté deDorset, il alla faire une visite à sa beUemère; mais Elfride, au lieu de reconnaître une pareille marque d'attention, exécuta l'horriLle projet qu'elle avait formé depuis long-temps; elle ne vit pas plus tôt entre ses mains celui dont elle avait juré la perte, qu'elle le fit inhumainement poignarder par un de ses domestiques. Le ciel découvrit le corps du malheureux prince qu'on avait jeté dans un marais, et l'honora de plusieurs guérisons miraculeuses. On l'enterra dans l'église de Notre- Dame de Wareham, d'où il fut transféré trois ans après au monastère de Shaftsbury. Plusieurs églises demandèrent et obtinrent quelques portions de se> reliques. La mort de S. Edouard arriva le 18 mars, jour auquel il est nommé dans le martyrologe romain.
Cependant Elfride, déchirée de remords et frappée des miracles qui s'opéraient par l'intercession du saint, rentra sérieusement en elle-même et prit une ferme résolution d'expier son crime par une sincère pénitence. Elle quitta le monde et fonda les monastères de Wherwel et d'Ambresbury; elle fixa sa demeure dans le premier, et y passa saintement le reste de sa vie. Son fils Ethelred qu'elle avait voulu voir roi fut un prince lâche et malheureux. L'Angleterre, sous son règne, fut exposée à toutes sortes de calamités et surtout aux incursions des Danois.