PRÉCIS HISTORIQUE
au nombre de deux cents. S. Cyrille, en qualité de légat du pape, présida le concile, qui était le troisième œcuménique. Les erreurs de Xestorius furent anathématisées, et la sainte ^ ierge solennellement déclarée mère de Dieu. L'impie Nestorius fut déposé et exilé en Egypte; sa langue, qui avait proféré tant de blasphèmes contre Marie, tomba en pourriture, et il mourut misérablement.
L'hérésie de .\estorius donna occasion à une autre, qui la suivit de près. Eutychès, supérieur d'un monastère près de Constantinoplc, en combattant les nestoriens s'égara lui-même. Il enseigna qu'il n'y a dans Jésus-Christ qu'une seule nature; c'était une erreur tout opposée à celle de Ncstorius. S. Flavien, évoque de Constantinople, après avoir essayé en vain de ramener Eutychès par la douceur, le condamna et lui ôta le gouvernement de son monastère. Le novateur, au lieu de se rendre, essaya de l'emporter h. force ouverte. Mais de concert avec le pieux empereur Marcien, le pape S. Léon arrêta les progrès de l'erreur. Il convoqua h Chalcédoine un concile, qui fut le quatrième œcuménique. Les évêques s'y rassemblèrent au nombre de six cent trente. S. Léon, n'ayant pu y venir, envoya trois légats, qui y présidèrent en son nom. On lut la lettre de S. Léon, qui condamnait l'hérésie d'Eutychès. Cette lettre fut approuvée d'une voix unanime. « Nous crovons tous ainsi, s'écrièrent les évêques; c'est Pierre qui a parlé parla bouche de Léon: anathème à quiconque ne croit pas ainsi. » L'empereur assista en personne a la sixième session, et il déclara qu'à l'exemple de Constantin il n'avait voulu entrer dans cette sainte assemblée que pour ap-
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puyer les décisions du concile par son autorité impériale.
Dans les circonstances aussi difficiles que celles dont nous avons parlé Dieu, pour la défense de la vérité, suscita à son Eglise de zélés défenseurs ; les plus illustres sont, 1° S. Cyrille d'Alexandrie, dont le zèle éclata contre les nesloriens ; 2*^ S. Jérôme, célèbre par sa profonde érudition, par sa traduction de l'Ecriture, connue sous le nom de Fulgate, par la guerre ouverte qu'il fit aux hérétiques de son temps; 3" S. Augustin, l'un des plus beaux génies qui aient paru dans l'univers; il fut le modèle des évéques, le fléau de l'hérésie et la plus brillante lumière de l'Eglise ; 4° 1<^ pape S. Léon qui , armé d'une puissance invisible, mais supérieure a toutes les forces humaines, sauva Rome et l'Italie des fureurs d'Attila.
SAIAT EPIPIÏAISE,
ARCHEVÊQUE DE SALA.MI]\-E , EN CHYPRE , PÎiRE ET DOCTEUR DE l'ÉGLISE.
(12 mai.)
S. Epiphane naquit vers l'an 3 10, dans le territoire d'Eleuthérople , en Palestine. On a tout lieu de croire qu'il reçut de ses parents une éducation chrétienne. Il s'appliqua dès sa jeunesse h. l'étude de l'Ecriture sainte, et afin de mieux pénétrer le sens des oracles sacrés il apprit l'hébreu, l'égyptien, le syriaque, le grec et le latin.
Son amour pour la piété lui faisait rendre de fréquentes visites aux solitaires, a finde puiser dans
sj3o s. épipha>e.
leurs entretiens des instructions salutaires. L'exemple de leurs vertus le toucha si vivement qu'il résolut étant encore fort jeune d'embrasser la vie monastique. S'il est vrai que ce fut en Palestine qu'il exécuta cette résolution, il est au moins certain qu'il passa bientôt après en Egypte pour aller vivre dans les déserts de ce pays.
Il revint en Palestine vers l'an 333, et bâtit un jnonastèrc près du lieu de sa naissance. Quelques personnes trouvant qu'il portait trop loin les macérations de la pénitence, « Dieu, répondit-il, ne nous donnera le royaume du ciel qu'à condition que nous travaillerons , et tout ce que nous pouv<)ns faire n'a point de proportion avec la couronne de gloire qui nous est promise. » Aux auslérilés corporelles il joignait une application infatigable à la prière et à l'étude. Il lisait, dans l'inlention de s'insti lire de plus en plus, tous les bons livres qui se publiaient; il étendit aussi ses connaissances parle moyen des voyages qu'il fît en différentes contrées.
Dieu avait enfui permis que le grand S. Hilarion, caché dans le désert depuis vingt-deux ans, fût manifesté au monde. L'éclat de ses vertus et de ses miracles lui attirait beaucoup de disciples. S. Epiphane, quoique très versé dans les voies de la perfeclion, le prit pour son maître, et se conduisit par ses avis depuis Tan 555 jusqu'à l'an 5ôG. L'amitié de ces deux saints fut toujours fort étroite, et la distance des lieux ne put en diminu<?r la force et vivacité; Il paraît que ce fut S. Hiiarion qui détermina depuis l'Église de Salamine à demander S. Épiphane pour pasteur; et lorsque la mort eut enlevé le premier le second consacra sa plume à faire
çaoiîvahfete an nw>nde tmitçs les vertus qui avaient brillé en lui.
Durant la cruelle persécution que les ariens firent souffrir »UL\ catholif{«e« sojjs le règne de Constance S. Épiphane sortit souvent de sa cellule pour voler au secours do c^ux qui tenaient pour la vraie foi; i) se sépara mênî« de la çemnumion d'Eutychiu^, évécfue d'Éleuthérople, qui par des vues de politiqtie étuit entré dans le parti d«s hérétiques; il moatra aussi beaucoup de zèle à précautionner les orthodoxes contre les erreurs qu'il avait découvertes dans les éciils d'Orig^ène.
S. Epiphane était daes son monastère Toracle de la Palestine et des pays voisins. On venait le consulter de toutes parts, et on ne k quittait jamais sens avoir reçu les plus sages avis. Sa réputation avait pénétré jusque dans les conirées les plus éloignées, et on Télut vers l'an 367 évêque de Constantia ou de Salamine en Chypre. Cette dignité n'apporta aucun changement dans sa manière de vivre; il continua de porter son habirt monastique, et même de gouvern&r ses religieux, qu'il visitait do temps en temps.
Il n'était pas tellement attaché à ses observances qu'il ne s'en relâchât quelquefois par des vues de charité; ains.i ses abstinences étaient moins rigoureuses lorsquMl se trouvait dans le cas d'exercer Ihospitalité.
Sa tendi'csse pour les pauvres était sans bornes; il leuv fournissait en toute occasion des secaurs abondants. Plusieurs personnes de piété le faisaient le dispensateur de leurs aumônes. De ce nombre