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fut sainte Olympiade, qui lui fit des présents considérables en argent et en terres.
La vénération que lui attirait sa sainteté était universelle. Les hérétiques eux-mêmes ne pouvaient s'empêcher de le respecter; aussi ne fut-il point enveloppé dans la persécution que les ariens, soutenus par l'empereur Yalens, excitèrent contre les catholiques en Syi. Il fut presque le seul évêque orthodoxe que l'hérésie épargna dans cetle partie de l'empire.
Cinq ans après il entreprit un voyage à Antioche. Son but était de travailler à la conversion de l'évêque ^ italis, qui était tombé dans l'apollinarisme. Malheureusement son zèle ne produisit aucun effet. Lorsque Paulin, évêque de la même ville, alla à Rome en 582, il fy accompagna. Ils logèrent l'un et l'aulre dans la maison de sainte Paule. A la fin de l'hiver S.Epiphane s'embarqua pour retourner à Salamine. Il eut en 585 la consolation de recevoir sainte Paule, qui passa dix jours avec lui en allant en Palestine.
Etant à Jérusalem en 594, il prêcha contre forigénisme en présence du patriarche Jean , qu'il soupçonnait pencher vers cette hérésie; mais son discours fut très mal reçu par le patriarche et par tous ceux qui lui étaient attachés. Il quitta donc Jérusalem pour se retirer à Bethléem. Il persuada à S. Jérôme de se séparer de la communion de Jean jusqu'à ce qu'il eût donné des preuves de sa catholicité. Il éleva en même temps au sacerdoce Paulinien, frère de S. Jérôme. Le patriarche se plaignit hautement de cette ordination, et soutint
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qu'elle était un attentat contre ses droits. S. Épiphane tâcha de se justifier dans une lettre qu'il écrivit au prélat qui prétendait sa juridiction lésée. J'ai pu, lui disait-il, ordonner un moine qui, en qualité d'étranger, ne doit pas être censé de votre province. C'est la crainte de Dieu qui m'a fait agir de la sorte; je ne me suis proposé que l'utilité de l'Eglise. Il n'y a point de diversité dans le sacerdoce dès qu'il est question de la charité de Jésus- Christ. Nous n'avons point désapprouvé de semblables ordinations qui ont été faites dans notre province; pourquoi donc vous emportez-vous avec tant de chaleur contre une action dont les motifs ont été si purs? Quant àPaulinien, il suivit S. Epiphane à Salamine, et lui demeura soumis comme étant de son clergé.
On doit conclure de la conduite que S. Éplphane tint en cette occasion et à Constantlnople qu'il n'avait pas des idées aussi exactes qu'on les a aujourd'hui sur la juridiction d'un évêque hors de son diocèse ; ce qui venait de ce que l'Église, par ses canons, ne s'était point encore expliquée sur ce sujet d'une manière aussri expresse qu'elle l'a fait depuis. Autrement il n'aurait pas conféré les ordres dans un diocèse étranger; il n'aurait pas non plus prêché à Constantlnople qu'il n'en eût préalablement obtenu la permission de l'archevêque : mais il croyait pouvoir faire dans le diocèse des autres évêques ce qu'il ne trouvait pas mauvais qu'ils fissent dans le sien.
Ce fut en 4o i que S. Éplphane se rendit à Constantlnople. Il y accusa d'orlgénisme les solitaires appelés Grands-Frères, contre lesquels il avait été
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prévenu par les clameurs de Théophile. 11 refusa même de communiquer avec S. Chrysostomc, qvii leur avait accordé sa protection, et qui ne les avait admis h la communion qu'après s'être assuré de leur orthodoxie. Les Grands Frères allèrent voir S. Epiphaae daas la vue de lui expliquer leurs sentiments, a Mon père, lui dirent-ils, noi>s désirons savoir de vous si vous avez jamais vu nos disciples et nos écrits. Non, répondit l'évêque. Comment donc, reprit Ammonius, un des solitaires, nous avez-vous jugés hérétiques sans avoir des preuves de nos sentiments? C'est, repartit le saint, que je l'ai ouï dire. Aoui avons fait le contraire, répliqua Ammonius. Nous avons souvent rencontré vos di^c^plas et vu vos écrits, enive autres V Ançhorat', et comme plusieurs voulaient le hlàmer et l'accuser d'hérésie, nous en avons pris la défense... Vous ne deviez donc pas nous condamner sans nous entendre, ni traiter comme vous avez fait ceux qui ne disent de vous que du hien. » S. Epiphaae leur parla plus doucement et les renvoya. Il quitta luimême Constantinople, ets'<îiuharquapour retourner dans s<rti diocèse ; mois il ne put arriver jusqu'à Salamiue; il mourut en l'oute dans l'année I\riù, après irente-s',x ans d'épiscopal. Ses disciples hàlirent en Chypre une église sous son invocation, où ils placèrent sou image avec celles de plusieurs autres saints personnages. Dieu honora son tomheau par \m i^rand nomhre de miracles.
11 est vrai que ce saint est tomhé dans quelques méprises eu certaines occasions. Maison doit, dit Socratc, les attribuer à l'ardeur de son zèle et li la simplicité de son cœur. Il n'a point erré dans la foi.
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çt l'ombre seule du mal, surtout en ce genre, lui causait une vive frayeur. S. Augustin, S. Ephrem, S. J^an Damasçène, |Photius, etc., l'appellent mi docteur cailwllquef un homme admirable, un homme rein/di de l'esprit de Dieu,
On voit dans les écrits de S, Epiphane qu'il a négligé la politesse du style; mais son but était de §e mettre à la poi*lée des motns intelligents. Au re^e ce défaxit et les autres que l'on reprend dans ses écrits n'ont point empêché qu'on ne l'ait regardé comme un des principaux docteurs de l'Eglbe.
La meilleure éditic^n des œuvres de S. Epiphane 6^ celle que le P. Petau donna en gt^ec et en latin, avec des Botes, à Paris, en 1622, 2 vol. in-folio. On no doit pas s'en rapporter aveuglément à la traduction du savant jésuite. M. de 'Aubespine y a trouvé beaucoup de fautes. L'édition dw P. Petau repaïut, non à Cologne comme portent les imprimés, mais h Leipsick, en 1G82.
Le comuacntaire do S. Epiphane sur le livre des Cantiques a été découvert depuis peu parmi les manuscrits de la bibliothèque du Vatican. M. Foggini, préfet de cette bibliothèque, en a donné une bonne édition, avec une savante prélace. Elle partit à Rome en lyôo.
SALNTE PAILE,
VEUVE
(28 janvier.)
Sainte Paulc naquit à Fiome en 547. A uiic