SAINTE PAULE, VEUVE
sîbilité. « N'appréhendez-vous point, lui disait -il, que le Sauveur ne vous dise : Paule, vous vous fâchez de ce que votre fîile est devenue la mienne? Vos larmes sont une révolte contre ma providence. . . Ne m'enviez point ma gloire, vous crie Blésille ellemême du haut du ciel. Je suis ici avec la mère de Dieu et dans la compagnie des anges et des saints.» Paule perdit encore en 697 Pauline, sa seconde fille, qui avait épousé S. Pammachius. Pour Eustochic, qui était la troisième, elle resta vierge, et ne quitta point sa mère.
Cependant elle ne pouvait plus supporter la vie tumultueuse de Rome. Elle résolut enfin de suivre son attrait pour la solitude, et de quitter pour toujours sa pairie, ses amis, ses parents, ses enfants même, à l'éducation chrétienne desquels elle avait pourvu. Elle partit pour s'embarquer, étant suivie de sa famille, qui tâchait par ses pleurs de vaincre sa constance. Quand elle fut sur le vaisseau Toxius, son fils, encore enfant, fondait en larmes et la conjurait, en lui tendant les bras de dessus le rivage, de ne le point abandonner. Elle lève les yeux au ciel et ne regarde plus le rivage de peur de rencontrer des objets capables de lui déchirer le cœur.
Arrivée en Syrie, elle y visita les plus célèbres solitaires. Le gouverneur de Palestine lui avait fait préparer h Jérusalem un palais magnifiquement meublé ; mais au lieu d'y loger elle alla se renfermer dans une pauvre cellule. Elle voulut avec de vifs sentiments de piété visiter tous les lieux consacrés par l'accomplissement des mystères de notre sainte religion.
Ce fut h Bethléem que Paule se fixa avec sa fille