S. DAMASE, PAPE
Théodoret donne au même pape le titre de célèbre , et le met à la tête des saints docteurs qui ont illustré l'Eglise latine. Les évêques orientaux se faisaient gloire, en 45i, de suivre les saints exemples deDamase, de Basile, d'Alhanase et des aulres pères qui s'étaient distingués par leurs lumières. Suivant le concile général de Chalcédoine, Damase fut par sa piété Tornement et la gloire de Rome. Théodoret, déjh cité, dit qu'il s'est rendu illustre par sa sainte vie, qu'il était plein de zèle pour instruire, et qu'il ne négligea rien pour la défense delà doctrine apostolique.
Damase fit rebâtir ou du moins réparer l'église de Saint-Laurent , située près du théâtre de Pompée, et qu'il avait desservie après son père : elle porte encore aujourd'hui le titre de Saint-Laurent in Damaso. 11 l'embellit de peintures qui représentaient plusieurs traits de l'Histoire sainte, et qui subsistaient encore quatre cents ans après. Il l'enrichit de divers dons, comme patènes, calices, lampes, chandeliers, le tout d'argent et parfaitement travaillé. Il donna encore h cette église des fonds en terres et en maisons. Il fit dessécher les sources du Vatican, dont les eaux passaient sur les cadavres qui avaient été enterrés en ce lieu ; il décora les tombeaux d'un grand nombre de martyrs dans les cimetières, et les orna d'épitaphes en vers. Il nous reste encore un recueil de ces épitaphes : quelques-unes ne sont pas de Damase ; mais on remarque dans celles qui lui appartiennent beaucoup d'élévation et d'élégance , ce qui justifie ce que dit S. Jérôme du génie poétique de ce pape. On trouve aussi beaucoup d'esprit et de goût dans quelques-
s. OPTAT, ivÊQUE. 55
unes de ses lettres;, qui sont parvenues jusqu'à nous et qui ont été imprimées clans les collections des conciles.
Dans les éloges que les anciens ont donnés au pape Damase ils ont surtout relevé sa constance h maintenir la pureté de la foi, l'innocence de ses mœurs, sa profonde humilité, sa charité pour les pauvres , son zèle à décorer les lieux saints , surtout les toniLeaux des martyrs , son savoir extraordinaire. Il mourut h l'âge de près de quatre-vingts ans, le lo décembre 384, après avoir siégé dix-huit ans et deux mois. On lit dans un pontifical que cite Mérenda, et qui se garde dans la bibliothèque du Vatican, que, brûlant d'un désir ardent d'être réuni à Jésus-Christ, il fut saisi de la fièvre , et qu'après avoir reçu le corps et le sang du Seigneur il leva les mains et les yeux au ciel, et qu'il expira en priant avec beaucoup de ferveur.. On implore surtout en Italie son intercession contre la fièvre.