S. PORPHYRE
ÉvÊorE DE GAZE.
(26 février.)
Porphyre naquit àThessalonique, en ]\Iacédoine, d'une famille où la noblesse était jointe à de grands biens. Il fut élevé avec soin dans la piété et dans l'étude des belics-leltres. La connaissance parfaite de la httéralurc, jointe h celle de l'Écriture qu'il acquit depuis, lui servit merveilleusement à défendre la religion et à réfuter les païens et les hérétiques qui osèrent disputer avec lui. Le désir de se consacrer imiquem en t à Dieu dans la solitude lui fit quitter ses amis et sa patrie à l'âge de vingt-cinq ans.
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c'est à dire en 378. Il choisit pour le lieu de sa retraite le célèbre désert de Scété, en Egypte. Après y avoir passé cinq ans dans tous les exercices de la vie monastique il alla visiter les lieux saints de Jérusalem, puis s'enferma dans une caverne auprès du Jourdain. Sa santé se trouvant épuisée par diverses maladies, il fut obligé d'en sortir au bout de cinq ans et de se faire mener à Jérusalem. Là il visitait chaque jour les lieux saints à l'aide d'un bâton sur lequel il s'appuyait ; car il était si faible qu'il n'eût pu se soutenir autrement. Marc, originaire d'Asie, qui écrivit ensuite sa vie, arriva dans ce temps-là à Jérusalem. Il fut extrêmement édifié de la pieuse assiduité avec laquelle Porphyre allait à l'église de la Résurreclion et aux autres oratoires. L'ayant vu un jour monter avec beaucoup de peine les degrés de la chapelle bâtie par Constantin, il courut lui offrir son bras afin qu'il s'appuyât dessus ; mais le saint refusa en disant : « Laissez-moi, je vous prie. Comme je ne viens ici que dans l'espérance d'obtenir le pardon de mes péchés, il n'est pas juste qtie l'on m'aide. La peine que j'ai à monter ces degrés servira peut-être à me rendre Dieu propice. » Son extrême faiblesse ne l'empêcha jamais de satisfaire sa dévotion pour les lieux saints. Il participait aussi tous les jours à la table mystique, c'est à dire à l'eucharistie. En un mot il semblait à le voir qu'il ne souffrait rien, ou plutôt qu'il souffrait dans un corps étranger.
Une seule chose l'inquiétait, c'était qu'il n'avait point encore vendu son bien pour le distribuer aux pauvres. Marc fut chargé d'aller à Thessalonique pour faire cette vente; il revint à Jérusalem au bout
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de trois mois, rapportant au saint la valeur de quatre mille cinq cents pièces d'or sans parler de plusieurs autres effels. Porphyre, charmé de voir son disciple de retour, l'embrassa tendrement. Il se portait Lien alors , et il s'était fait en lui un tel changement que Marc pouvait à peine s'imaginer que ce fût la même personne. Il ne restait sur son corps aucune trace de de sa première faiblesse; son visage était plein, frais et vermeil. S'étant aperçu de l'étonnement de son disciple sur le rétablissement de sa santé, il lui dit en souriant: « Ne soyez point surpris de Tétat oii je me trouve; mais admirez plutôt l'infinie bonté de Jésus-Christ, qui peut aisément guérir ce que les hommes regardent comme incurable. » Et comme Marc lui demandait de quelle manière il avait recouvré la santé, il continua ainsi : « Ressentant la plus vive douleur, il y a quarante jours je me traînai sur le mont Calvaire. J'y fus pris d'une faiblesse pendant laquelle j'eus une espèce d'extase. Il me semblait voir notre Seigneur attaché à la croix, et le bon larron sur une autre croix à côté de lui; alors je me mis à dire h Jésus-Christ: Selgncar, souvenez-vous de mol dans votre royaume. Le Sauveur commanda au bon larron de venir à mon secours. Celui-ci vint h moi, me leva de terre, et me dit d'aller à Jésus-Christ. Quand je fus arrivé auprès de lui il descendit de la croix, et me dit : Prenez ce bols, et gardez-le. J'obéis. Je charge la croix sur mes épaules, et la porte quelques pas. Je revins h moi dans ce moment-lh, et depuis il ne me reste aucune marque de maladie. »
Ce discours remplit Marc d'admiration. Frapptd'ailleurs des beaux exemples de vertu qu'il avaii