‹ Vies choisies des principaux saints (volume 3)Chapitre 56 sur 73 · TOM£ III. 2Q · texte numérisé non relu

TOM£ III. 2Q

45o s. ArCUSTIK.

à toute TEglise. sur les miracles qui s'opérèrent dans cette île par les reliques île S. Etienne.

5^ Les deux livres des Miracles de S. Etienne,

Le tome VIII renferme les écrits polémiques du saint docte' ir.

1" Le Traité des Hérésies. Le saint y parle de quatre-vingt-huit hérésies qui s'étaient élevées depuis Jésu!--Christ jusqu'à son temps.

2" Le Traité contre tes Juifs, Cet ouvrage est quelquefois intitulé Discours sur l'Incarnation du Seif/neur. S. Augustin y prouve pur S. Paul la réprobation des Juifs et la vocation des gentils.

5° De l'Utilité de la Foi. Le saint composa cet ouvrage pour retirer Honorât, son ami, des erreurs du manichéisme.

li'' Le livre des deux Ames. S. Augustin y réfute cette erreur des manichéens, que chaque homme a deux âmes, l'une bonne et l'autre mauvaise.

5' h^sActes contre Fortunat le manichéen. L'erreur des manichéens sur l'origine du mal y est solidement réfutée.

6' Le livre contre Adimante. Addas ou Baddas était le même qu'Adimante, selon S. Augustin.

7° Le livre contre VEpître du Fondement. S. Augustin y rapporte les propres paroles de Manès, qu'il réfute, y montre qae les principes de cet hérésiarque sont destitués de toute preuve, et qu'ils répugnent au bon sens.

8 Les Disputes cvntre Fauste le m^anichéen.

9 - Les deux livres des Actes avec Félix ie manichéen. C'est une réfutation du système des manichéens sur la nature de Dieu et sur l'origine du mal.

10'' Le livre de la ISature du bien contre tes manichéens. Cet ouvrage a le même objet que le précédent.

ll-^ Le livre contre la Lettrede Secondin iema-

s. ATJGUSTIX. /^^l

nichéen. C'était celui de tous ses écrits contre les manichéens auquel S. Augustin donnait la préférance.

12° Les deux Wwre?, contre i' Adversaire de la Loi et des Prophètes. S. Augustin y réfute un anonyme, qui avait avancé dans un livre assez répandu que Dieu n'était point l'auteur de l'ancien Testament, et qu'il n'avait point créé le monde.

13° Le livre contre les Prisciiiianistes et tes OrU génistes.

14° Le livre contre te Discours des Ariens. %

15° La Conférence avecMaximin, évèque arîen,^ et les trois livres contre le même héréliqae.

16° Les quinze livres de la Trinité.

Le tome IX renferme les ouvrages polémiques contre les donatistes , dont voici l'ordre : 1° Le Psaume abécédaire contre tes Donatistes.

5° Les trois livres contre ta Lettre de Parménien. CeParménien, successeur de Donat sur le siège de Carthage, avait été réfuté par S. Optât. La lettre qu'il écrivit avait pour objet de réfuter un certaia Tichanius, de la même secte, qui formait des difficultés touchant l'universalité de l'Eglis^i prédite par les prophètes. S. Augustin le réfuta à son tour, et prouva contre lui que selon les prophètes 1 Eglise de Jésus-Christ est l'Eglise de toutes les nations, et qu'elle n'est pas souillée par la société de quelques méchants qui sont dans sa communion.

3° Les sept livres du Baptême contre tes Dona-tistes. S. Augustin y prouve que S. Cyprien s'est trompé, que le baptême est valide, et qu'on ne peut le réitérer, lorsqu'il a été administré selon la forme ordinaire par les hérétiques ou par les pécheurs qui sont dans le sein de l'Eglise.

4° Les trois livres contre Pétiiien. Pétiiien était

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un avocat que les donatisles avaient fait évêque de Cirllie en Numidie.

5o VEj:itre aux Catholiques contre tes Dona^ listes ou le Traité de l'Unité de V Eglise.

6*^ Les quatre livres contre le donatiste CresconiuSi grammairien de profession.

7° Le livre de V Unité du Baptême^ contre Pétilieu et Constance. L'erreur des donatistes sur la réitération dn baptême y est réfutée par l'autorité et la pratique dij l'Eglise universelle.

8° V Abrégé de la Conférence contre tes Donatistes.

9"* Le livre aux Donatistes après la Conférence de Cartilage.

10" Discours au peuple de l'Eglise de Césarée.

11° Discours de ce qui s'était passé avec Emérite, donatiste.

12° Les deux livres contre Gaudence , donatiste.

Dans îe tome X sont contenus, l*' les trois livres des Mérites et de la rémission des péchés, ou du Baptême des enfants.

2° Le livre de l'Esprit et de la Lettre. Le saint docteur y éclaircit les difficultés que Marcellin lui ava't faites à roicasion de son second livre des Mérites et de la Rémission des péchés.

3" Le livre de la Nature et de la Grâce. Il est adressé à Ja; ques et à Tirriase, qui avaient remis au saint docteur \in écrit de Péiage, où cet hérésiarque cachait ses erreurs sous des équivoques.

4° L." livre de la Perfection de la Justice.

5° Lf li\re des Actes de Pelage.

6" Les deux livres de la Grâce de Jésus-Christ et du péché < riginel.

7° Li s deux livres du Mariage et de la Concupiscence, au comte Yaière.

8° Le.s quatre livres de l'Ame et de son origine.

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Le saint docteur y réfute diverses erreurs concernant la propagation du péché originel; il y montre que la doctrine de la préexistence des âmes dans un autre état; avant leur union à des corps, ne peut être soutenue par un catholique, et que Tame est une substance spirituelle.

9- Les quatre livres à Boni face contre ies Péia^ gicns. Ces hérétiques avaient répandu deux lettres remplies de leurs erreurs, à Rome et dans d'autres endroits. Le pape Boniface , successeur de Zozime, les envoya à S. Augustin, qui les réfuta par l'ouvrage dont il est ici question.

10° Les six livres contre Julien. Ce Julien était évêque d'Eclaneen Italie.

11" Le livre de ta Grâce et du lihre Arbitre.

12° Le livre de ta Correction et de ia Grâce. Il y montre que la correction fraternelle et les exhortations à la vertu sont nécessaires parceque l'homme est libre, et en même temps que l'on ne peut faire de bonnes œuvres sans le secours de la grâce divine.

13" Les livres de la Prédestination des Saints et du don de ta Persévérance.

14" L'ouvrage imparfait contre Julien. S. Augustin y réfute un écrit de Julien, rempli d'invectives amères contre sa personne et sa doctrine. Il rapporte les objections de cet hérétique en propres termes et y répond solidement en peu de mots. La mort l'empêcha d'achever cet ouvrage , et il n'en donna que six livres.

Le tome XI contient la vie de S. Augustin, une table générale de ses ouvrages et une des matières renfermées dans chacun. Celte vie n'est guère qu'une traduction latine de celle que Tillemont avait faite en français, mais qui n'était point encore imprimée.

454 s. ALYPICS, ÉVEQUE.

S. ALYPILS,

ÉVÊQUE DE TAGASTE.

(15 août.)

Alypius, issu d'une bonne famille, était de Tagaste en Afrique. Il étudia la grammaire et la rhétorique d'abord dans sa patrie, puis à Cartbage sous S. Augustin, son compatriote; et s'il cessa de prendre SCS leçons ce ne fut qu'à cause de la mauvaise intelligence qui survint entre sou père et son maître. Il conserva cependant toujours beaucoup de respect et d'affection pour S. Augustin; et celui-ci aimait aussi tendrement son disciple parcequ'il remarquait en lui une inclination singulière à la vertu.

Lorsque Alypius était h Cartbage il oublia les principes de sagesse d'après lesquels il avait jusquelà réglé sa conduite; il se laissa aller à l'amour des divertissements du cirque, pour lesquels les habitants de cette ville étaient passionnés. S. Augustin fut vivement affligé de voir un jeune homme dont il avait conçu de si grandes espérances dans un danger évident de se perdre ; et il s'en affligeait d'autant plus que, ne l'ayant point au nombre de ses disciples, il n'était pas à portée de lui donner de sages avertissements. Il le vit cependant un jour entrer dans son école pour écouter ses leçons comme il l'avait déjà fait quelquefois à Tinsu de son père. Toulant alors faire entendre plus clairement un passage qu'il expliquait, il emprunta une comparaison des jeux du cirque et lança des railleries piquantes contre ceux qui se laissaient emporter à une telle

s. ALYPIUS, ÈVÊQUE. 4^5

manie. Il ne pensait pas à Alypius dans le moment; mais celui-ci crut qu'on l'avait eu en vue : comme il était fort bien né il ne se fâcha point contre S. Augustin, et Ten aima au contraire davantage. Se condamnant donc lui-même, il se retira du gouffre dans lequel il prenait plaisir h s'abîmer et n'alla plus au cirque. Ainsi Dieu, qui dirige le cours de toutes les choses qui arrivent, délivra du danger celui qu'il voulait un jour adopter parmi ses enfants et placer sur le chandelier de son Église.

Alypius obtint ensuite de son père la permission de retourner dans l'école de S. Augustin. Il embrassa depuis avec son maître les superstitions des manichéens. Il s'en était laissé imposer par l'amour prétendu que ces hérétiques affectaient pour la continence. Tels sont les charmes de cette vertu que son ombre seule se fait aimer et respecter.

Pendant qu' Alypius était à Carthage un voleur entreprit de couper avec une cognée des barreaux de plomb qui avançaient dans la rue. On accourut au bruit qu'il faisait. Craignant d'être arrêté, il laisse là sa cognée et prend la fuite. Alypius, qui passa par hasard et qui ne savait point la cause du tumulte, vit la cognée par terre et la ramassa. On so saisit aussitôt de sa personne; on le traita comme le véritable voleur, < t Ton se mit en devoir de le mener devant le juge. Tandis qu'on le conduisait en prison ou même au supplice, passa l'architecte qui avait soin des bâtiments publics. Cet homme connaissait Alypius, et s'était trouvé souvent avec lui chez un ' sénateur. Surpris de le voir entre les mains des officiers de la justice, il se fit informer par lui-même de la cause d\in événement si extraordinaire. Il

/{5G s. ALYPIUS, ÊVÊQUE.

dit alors aupeuple, qui était fort irrité, de venir avec lui, se flattant de prouver l'innocence de celui que Ton regardait comme coupable. Quand on fut arrivé à la maison du volewr on vit à la porte un jeune enfant, qui, sans prévoiries suites de sa simplicité, conta les choses telles qu'elles étaient. L'architecte lui ayant montré la cognée, il la reconnut et dit: elle est à nous. Il lui fît encore d'autres questions auxquelles il répondit avec la même naïveté. Ainsi la vérité parut dans tout son jour. Le peuple resta confondu et Al) pi us pleinement justifié. Dieu, selon la remarque de S. Augustin, permit cet événement afin qu'Alypius apprit avec quelle circonspection on doit juger les autres, de peur qu'une indiscrète curiosité ne fasse condamner un innocent sur des apparences.

Alypius, pour entrer dans les vues de ses parents, alla étudier le droit à Piome. Pendant son séjour en cette vi!le il devint passionné pour les combats des gladiateurs. Il s'était d'abord senti beaucoup d'horreur pour ces affreux spectacles, en sorte que ses compagnons et ses amis lui ayant proposé un jour de les suivre h Tamphithéâtre, il refusa de le faire. Mais ils revinrent à la charge et l'v traînèrent malgré lui. 11 leur dit à ce sujet : « Si vous avez assez de force pour traîner mon corps en ce lieu, en avezvous assez pour rendre mon espri et mes yeux attentifs à la cruauté de ces spectacles ? J'y assisterai donc sans y être et sans y rien voir. » Lorsqu'ils eurent tous pris leur place les jeux commencèrent. Alypius ferma les yeux afin que des objets si abominables ne souillassent point son ame. Plût à Dieu, dit S. Augustin, qu'ileùt encore bouché ses oreilles!

s. ALYPIUS, iVEQUE. 4^7

En effet, ayant entendu un grand cri , il se laissa vaincre par la curiosité, et ouvrit les yeux pourvoir ce que c'était, s'imaginant qu'il pourrait toujours les refermer. Mais il devint la victime de sa funeste curiosité. Un des combattants était blessé; et h la vue de cet objet il fut frappé dans l'ame d'une plaie plus grande que le gladiateur ne l'avait été dans le corps. Il n'eut pas plus tôt vu couler le sang de ce malheureux qu'au lieu de détourner ses regards il les fixa sur cet objet. Une telle barbarie pénétra jusque dans le fond de son ame; il goûta cette fureur avec avidité comme un breuvage délicieux, et se sentit enivré du plaisir de ces combats inhumains. Ce n'était plus ce même homme qui venait d'arriver, mais l'un de cette multitude dans laquelle il était mêlé. Enfin il devint spectateur, îi jeta des cris, il s'anima comme les autres. Il remporta de l'amphithéâtre une violente passion d'y retourner, et non seulement il y retourna avec ceux qui l'y avaient entraîné la première fois, mais il y entraînait lui-même les autres. Il redevint amateur des divertissements du cirque, moins criminels h la vérité que ceux de l'amphithéâtre, mais toujours vains, et souvent propres à exciter les passions. Dieu le tira néanmoins de cet abîme par un effet de sa miséricorde, et lui apprit à craindre sa propre faiblesse, h ne se confier que dans le secours du ciel. Mais ce ne fut que long-temps après. Cependant Alypius continuait toujours ses études; il était réglé dans ses mœurs, et se conduisait avec de grands sentiments de probité. Il fut fait assesseur de justice dans la cour du trésorier d'Italie. Il donna dans l'exercice de cette charge des preuves

438 s. ALTPIUS, ÉVEQUE.

éclatantes de son amour pour la justice et de son désintéressement. Il eut le courage de s'opposeraux prétentions injustes d'un sénateur puissant, auquel personne n'osait résister à cause de la grandeur de son crédit. On employa inutilement les présents et les menaces pour le gagner; il méprisa les uns et les autres. Son intégrité retint dans le devoir le juge dont il était assesseur, et qui se montrait disposé à favoriser l'injustice.

S. Augustin étant venu h Piome, Alypius s'unit a lui par l'amitié la plus intime, et le suivit h Milan. Ils se convertirent l'un et l'autre dans cette ville, et y furent baptisés par S. Ambroise, la veille de Pâques de l'année SSy. Quelque temps après ils retournèrent à Rome, où ils passèrent un an dans la retraite. Ils partirent ensuite pour l'Afrique. Arrivés à Tagaste, ils y formèrent une communauté de personnes pieuses, où ils vécurent dans la pratique de toutes sortes de bonnes œuvres. Une telle retraite leur parut nécessaire pour assurer leur conversion; par là ils se préparaient encore à la vie apostolique à laquelle Dieu les destinait. Trois ans se passèrent de la sorte à Tagaste. S. Augustin ayant été fait évêque d'Hippone, toute la communauté l'y suivit, et se fixa dans le monastère qu'il fit bâtir.

Alypius alla par dévotion visiter la Palestine. II y vit S. Jérôme, avec lequel il contracta une éti'oite amitié. A son retour en Afrique il fut fait évêque de Tagaste, vers l'an 093. Il aida beaucoup S. Augustin dans tout ce qu'il fit ou écrivit contre les donatistes et les pélagiens. Il assista à plusieurs conciles, entreprit divers voyages , et travailla avec un zèle infatigable pour la gloire de Dieu et de l'E-

s. PALLIN, ÉVÊQUE. 4^9

glise. On voit qu'il était âgé en 429 par une lettre que S. Augustin lui écrivit en cette année , et dans laquelle il l'appelle vieillard. On croit qu'il mourut peu de tca^ps après. Il est nommé dans le martyrologe romain.

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