‹ Vies choisies des principaux saints (volume 3)Chapitre 62 sur 73 · GERMAIN, ÉVÊQUE · texte numérisé non relu

GERMAIN, ÉVÊQUE

pour le culte du Seigneur. Il fonda plusieurs monastères, parmi lesquels on compte celui de Saint- Côme et Saint-Damien auprès d'Auxerre, connu sous le nom de Saint-Marien, de celui de son premier abbé. Le saint évêque se dépouilla de toutes ses possessions pour enrichir les indigents et la maison du Seigneur.

Vers Tan 4o5, Pelage, breton de naissance, avait commencé à dogmatiser à Rome; ses erreurs s'étaient principalement répandues dans la Grande-Bretagne. Parmi les partisans de l'hérésie pélagienne on remarquait un nommé Agricola, fds de Séverin, qui était devenu évêque. Le diacre Pallade, qui avait été envoyé sur les lieux par le pape Célestin, ne pouvant apporter au mal de remède efficace, pria le souverain pontife d'avoir pitié detantd'ames que le poison de l'erreur mettait en danger de périr. En même temps les catholiques de la Grande-Bretagne députèrent vers les évêques des Gaules pour leur demander des missionnaires capables de défendre la foi. Le pape nomma S. Germain d'Auxerre et S. Loup de Troyes, pour aller au secours des Bretons.

Les deux prélats partirent pour la Grande-Bretagne; ils passèrent par le village de Nanterre, situé près de Paris. S. Germain y vit sainte Geneviève, lui donna sa bénédiction et prédit le haut degi^é de sainteté auquel elle parviendrait. Ils continuèrent leur route et s'embarquèrent pour l'Angleterre. Lorsqu'ils y arrivèrent ils virent venir au devant d'eux une troupe innombrable de peuple. Le bruit de leur sainteté se fut bientôt répandu par tout le pays : ils confirmaient les catholiques dans la foi et conver-

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tissaient ceux qui étaient engagés dans l'hérésie. Les chefs des pélagiens rougirent h la fin de leur conduite et acceptèrent une conférence, qui se tint à Yérulam, où assista une grande multitude de peuple. Les hérétiques parlèrent les premiers et eurent la liberté de discourir long-temps. Lorsqu'ils eurent fini, les deux saints évêques répondirent avec tant de force et appuyèrent si Lien leurs raisonnements sur l'autorité de l'Écriture que leurs adversaires furent bientôt réduits au silence. Les fidèles poussèrent alors un cri d'acclamation pour témoigner leur joie de ce que la vérité triomphait de l'erreur. Un miracle, opéré par S. Germain sur xme petite fille âgée de dix ans et privée de la vue, fit qu'à compter de ce jour la doctrine des deux saints évêques ne trouva plus d'obstacles.

Les Saxons et les Pietés, ayant fait une invasion dans la Grande-Bretagne, ravageaient déjà le pays. Les Bretons rassemblèrent une armée à la hâte et invitèrent les deux prélats de se rendre dans leur camp. Les serviteurs de Dieu se rendirent aux sollicitations des Bretons. Ils travaillèrent à la conversion des idolâtres; plusieurs se convertirent et reçurent le baptême le jour de Pâques dans une espèce d'église qu'on forma dans le camp; toute l'armée célébra ensuite la fêle avec beaucoup de dévotion. Quelque temps après S. Germain eut recours à un stratagème pour délivrer les Bretons du danger qui les menaçait. Il se mit lui-même à la tête des chrétiens, et leur dit que quand ils verraient l'ennemi, ils répétassent tous à la fois le cri qu'ils lui entendraient pousser. Les Saxons et les Pietés n'eurent pas plus tôt paru, que le saint cria trois fois, AUcUda. Les

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Barbares épouvantés s'enfuirent en désordre, jetant leurs armes et laissant leurs bagages.

S. Germain, de retour à Auxerre, vit avec peine que son peuple était surchargé d'impôts; il en obtint la diminution du préfet. 11 s'appliqua ensuite à la réforme des mœurs dans son diocèse; et pour ne pas négliger sa propre sanctification, il se retirait de temps en temps dans son monastère de Saint- Come, afin de s'y renouveler dans l'esprit de sa vocation. Cependant les partisans de Pelage recommencèrent à semer leurs erreurs dans la Grande- Bretagne. S. Germain y fut rappelé en 44^» il ^i^t accompagné de Sévère, évéque de Trêves. Leur mission eut le plus heureux succès; les hérétiques se convertirent, et les pélagiens ne trouvant plus de retraite dans l'iie la quittèrent pour toujours.

Notre saint, prévoyant qu'on ne pourrait bannir l'ignorance ni maintenir la réformation qu'en facililant surtout au clergé les moyens de s'instruire, établit des écoles publiques dans la Grande-Bretagne, qui devinrent bientôt célèbres par le nombre, le savoir et la sainteté de ceux qui les fréquentaient.

Germain retournait dans son diocèse lorsqu'il reçut une députation des habitants de l'Armorique, qui imploraient sa protection. Ces peuples s'étaient attirés par une révolte le courroux d'Aétius, général romain. Celui-ci avait confié le soin de les châtier àEocaric. Le saint, après bien des démarches, obtint de l'empereur Yalentinien 111, qui résidait à Ravenne, la grâce des rebelles. Mais ils ne restèrent point soumis. Une seconde révolte empêcha l'effet de la protection de celui qui s'était fait leur médiateur.

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Pendant le séjour que notre saint fit h Ravenne ii opéra plusieurs miracles. Un jour qu'après matines S. Germain s'entretenait avec plusieurs évêques sur des matières de piété, il leur dit : « Mes frères, je vous recommande mon passage. Il m'a semblé cette nuit voir notre Seigneur qui me donnait la provision pour un voyage, disant que c'était pour aller dans ma patrie recevoir le repos éternel. » Peu de jours après il tomba malade. Toute la ville en fut alarmée. L'impératrice l'alla voir, et ce ne fut pas sans peine qu'elle lui promit de fure reporter son corps à Auxerre comme il le demandait. 11 mourut à Ravenne le oi juillet 448, après trente années et vingt-cinq jours d'épiscopat.

S. FLAYIEN,

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