S. EUCHER
ÛYEQl'E DE LYON.
(16 novembre.)
Personne depuis S. Irénée n'a plus fait d'honneur à l'Eglise de Lyon que S. Eucher. Sa famille était fort illustre selon le monde. Le père et le beau-père deYtiléric, son proche parent, occupaient les premières dignités de l'empire. Mais Eucher dut sa principale grandeur au mépris qu'il fit des richesses et des honneurs que lui assuraient sa naissance et ses rares talents. La beauté et la pénétration de son génie , l'étendue et la variété de ses connaissances, la force et la majesté de son éloquence lui attirèrent l'admiration de tous les orateurs de son temps
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r[ rcstimcde tout ce qu'il y avait de grands hommes dans rcnipire. Il eut de Galla son épouse deux fils, Salonîus et Yoran, qu'il envoya encore fort jeunes au monastère de Lérins pour qu'ils y fussent élevés sous les yeux de S. Honorât et sous la conduite du célèbre Salvicn, prêtre de Marseille. Ils furent depuis élevés à l'épiscopat.
Eucher dès son enfance avait montré une piété extraordinaire, qui n'avait fait qu'augmenter avec l'âge. Dégoûté enfin des vanités du monde et effrayé des dangers qu'il y courait pour son salut , il résolut de l'abandonner. Il se retira vers fan 422 dans le monastère de Lérins , du consentement de sa femme, qui de son côté se consacra dans la retraite au sériée de Dieu. Cassien, alors ahbé de Saint-Victor de Marseille , adressa quelques-unes de ses conférences à Eucher et h. Honorât, qu'il appelle les modèles admirables de cette maison de saints.
Eucher , qui désirait mener une vie encore plus solitaire, quitta Lérins pour se retirer dans f île de Léro qui n'en est pas éloignée, et qui porte aujourd'hui le nom de Saint-Honorat. Ce fut là qu'il écrivit son livre de la Fie solitaire, où il fait le plus bel éloge de l'état des solitaires en général, et en particulier du désert de Lérins, qui était alors habité par un grand nombre de saints. Il écrivit aussi dans le même lieu, vers fan 427, son traité du Mépris du monde, qu'il adi^îssa à Yalérien, son parent. C'est un des ouvrages les plus estimés de l'antiquité ecclésiastique, soit pour la forme, soit pour fimportance des vérités qu'il contient. Il y est prouvé que le monde ne donne h ses partisans que de fausses joies ; que ses honneurs, ses applaudissements, ses
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sociétés ne sont qu'une vaine pompe, qu'un véritable esclavage , et que personne ne pourrait s'y attacher si on ne se laissait point aveugler par les passions. Le saint représente d'une manière si frappante l'illusion, l'instabilité, le vide, le néant des biens terrestres, que le lecteur s'imagine voir passer le monde devant ses yeux comme un fantôme, comme un éclair, qui se sont à peine montrés qu'ils disparaissent pour toujours, « J'ai vu, dit-il, des hommes élevés au plus haut faîte des honneurs et des richesses. . . La fortune , prodigue en leur faveur, avait accumulé tous les biens sur leurs têtes, sans leur donner n:iême le temps de les désirer; leur prospérité, parvenue à son comble, ne laissait plus d'activité à leurs passions. Mais ils ont disparu dans un moment; leurs vastes possessions ont été dispersées, et eux-mêmes ne sont plus. »
Yalérien , auquel l'exhortation sur le mépris du inonde est adressée, vivait au milieu des grandeurs ; il ne quitta point son premier genre de vie, s'il est le même que Priscus Yalérien , auquel S. Sidoine Apollinaire adressa son panégyrique de l'empereur Avit vers l'an A56. C'est le sentiment de quelques auteurs ; d'autres pensent qu'il s'agit de S. Yalérien, qui se fit moine à Lérins, qui devint évéque de Cémèle avant que ce siège eût été uni à celui de iXice, qui assista aux conciles d'Orange, d'Arles et de Pliez, et qui mourut vers l'an 46o-
S. Paulin de Xoîe, S. Honorât , S. Hilaire d'Arles , Claudicn Mamert, S. Sidoine Apollinaire et tous les o-rands hommes du même siècle recherchèrent l'amitié de S. Eucher. Ils s'accordent tous à faire de magnifiques éloges de sa vertu. Le saint évêque
I SAINTE PULCHÉRIE. 5l5
de Lyon se montra zélé défenseur de la doctrine de S. Augustin contre les semi-pélagicns.
SAINTE PULGHEPJE,