‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 100 sur 104 · S. HILARION, ABBÉ · texte numérisé non relu

S. HILARION, ABBÉ

bathe, à cinq milles de Gaze. Ses parents, qui étaient idolâtres, l'envoyèrent, étant encore fort jeune, à Alexandrie, pour y étudier la grammaire. La rapidité de ses progrès annonça l'excellence de sou esprit; ce qui, joint h la bonté de son caractère, le fit aimer de tous ceux qui vivaient avec lui. Ayant eu le bonheur de connaître la religion chrétienne, il reçut le baptême, et renonça a tous les divertissements profanes. Peu de temps après, ayant entendu parler de S. Antoine, dont le nom était célèbre en Egypte, il conçut aussitôt le dessein de l'aller visiter dans le désert.

Hilarion , touché des exemples de S. Antoine, changea d'habit, et imita son genre de vie; mais il s'ennuya bientôt du concours de personnes qui venaient trouver S. Antoine pour être guéries de leurs maladies. Désirant vivre dans une entière solitude, il prit quelques moines avec lui, et retourna clans son pays, vers l'an 307. Comme son père et sa mère étaient morts , il donna une partie de ses biens aux pauvres , et l'autre h ses frères. Il se relira ensuite dans un désert qui était à sept milles de Majumc. Comme on lui représenta que ce lieu était infecté de voleurs, il répondit qu'il ne craignait que la mort éternelle. Tout le monde admira sa ferveur et sa manière de vivre. Un jour , des brigands , cachés dans son désert, Ini demandèrent ce qu'il ferait s'il était attaqué des voleurs. « Un homme pauvre et nu, répondit-il, ne les craint point. — Mais, reprirent-ils, ils pourraient vous ôter la vie. — C'est pour cette raison, répliqua le saint, qu'ils ne m'épouvantent point , parceque je tâche toujours d'être prêt à mourir. » On

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était autant surpris qu'édifié de voir une telle ferveur et un tel courage clans un jeune homme de quinze ans.

Malgré sa santé faible et délicate il n'avait d'autre vêlement qu'un sac, une tunique de peau que lui avait donnée S. Antoine, et un manteau fort court. Dès qu'il eut une fois embrassé la pénitence, il s'interdit l'usage du pain; et pendant six ans il n'eut chaque jour pour toute nourriture que quinze figues, qu'il ne mangeait qu'au coucher du soleil. Lorsqu'il éprouvait quelque tentation de la chair, il cuirait dans une sainte colère contre lui-même, et disait à son corps : « Je t'empêcherai bien de regimber; je te nourrirai de paille au lieu de grain; je te chargerai et te fatiguerai tellement que tu ne chercheras plus qu'à manger, sans songcr.au plaisir. » Il se retranchait alors une partie de sa nourriture ordinaire; quelquefois même il était trois ou quatre jours sans manger. Pour rendre sa pénitence encore plus austère il travaillait rudement, en priant et en chantant les louanges de Dieu. Il creusait et labourait la terre, ou faisait des corbeilles. Lorsqu'il était épuisé de fatigues il prenait son petit repas, et disait h son corps: « Si tu ne veux pas travailler, lu ne mangeras point; si tu manges présentement ce n'est que pour te mettre en état de travailler de nouveau. »

Il savait par cœur une grande partie de 1 Ecriture sainte, et il en récitait quelques passages avec ses prières ordinaires. Il priait avec beaucoup d'attention et de respect; et pendant les quatre premières années de sa rotraite il n'eut à opposer aux intempéries de l'air qu'une petite hutte faite de

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joncs et de roseaux entrelacés ensemble. Il se construisit depuis une cellule, qu'on voyait encore du temps de S. Jérôme; mais elle avait plutôt l'air d'un tombeau que la demeure d'un homme vivant. A l'âge de vingt ans il se condamna à ne manger par jour qu'une poignée d'herbes dans de l'eau froide; et dans la suite il ne mangea que six onces de pain d'orge, auxquelles il ajoutait quelques légumes sans assaisonnement. A quatrevingts ans il se réduisit à quatre onces de nourriture, encore ne mangeait-il jamais qu'au coucher du soleil. Il redoublait ses austérités h mesure qu'il avançait en âge, afin de se mieux préparer à la mort. Hilarion fut souvent exposé â de violentes tentations; mais il les surmonta toutes avec le secours de la grâce: les armes qu'il y opposa étaient la prière, la vigilance, de sévères mortifications, un travail pénible et continuel. Le démon avait beau prendre toutes sortes de formes pour le troubler ou l'effrayer , tous ses efforts furent inutiles.

Il y avait vingt ans que notre saint était dans son désert; le nombre de miracles qu'il faisait attira un grand concours de peuple , et plusieurs demandaient à vivre sous sa conduite. Jusque-là, on n'avait point connu la vie monastique en Syrie ni en Palestine : ainsi S. Hilarion en fut l'instituteur dans ces contrées comme S. Antoine l'avait été en Egypte. Il se forma alors un grand nombre de monastères dans toute la Palestine. S. Hilarion en faisait la visite à certains jours , avant les vendanges. Ce fut dans une de ces visites, qu'ayant vu les Sarrazins assemblés a Eleuse en Idumée, pour adorer Avenus , il demanda leur conversion à Dieu avec

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