‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 58 sur 104 · SUR PRUDENCE · texte numérisé non relu

SUR PRUDENCE

vers l'an 405. En passant par Imola il baisa le tombeau de S. Cassier, et l'arrosa de ses larmes avec une vive componction de ses péchés. Arrivé à Rome, il visita les tombeaux des martyrs, et y pria pour obtenir la guérison des maladies spirituelles de son ame. Il y passa la fête de S. Pierre et S. Paul ; après quoi il retourna en Espagne où il mena depuis une vie retirée. Il employait ses moments de loisir à composer des poésies sacrées, se faisant une loi de ne traiter aucun sujet profane.

On l'a toujours regardé comme le plus savant des poètes chrétiens. Sidoine Apollinaire compare ses compositions lyriques aux odes d'Horace, qui est conjointement avec Phèdre celui de tous les poètes, même de tous les auteurs classiques qui a le [dus de douceur, de délicatesse, d'élégance et de goût. Il n'y a peut-être rien de supérieur aux stances des hymnes de la fête des Innocents qui sont tirées de Prudence. Piien de plus beau que les similitudes et les autres figures qui s'y trouvent : Salvele flores, etc. Quoi de plus ingénieux et plus énergique que ces expressions Patina et coronis luditis, etc. Les hymnes, TSox et tenebrœ, Lux ecce surgit aurea, etc., sont presque entièrement prises de celle du matin composée p;ir Prudence.

Outre l'érudition qui brille dans ses livres contre Symmaque, on y découvre un génie qui sait rendre ses idées avec force, avec noblesse, avec élégance. Il faut cependant convenir qu'il n'est pas toujours semblable à lui-même, qu'il tombe quelquefois, et que sa versification n'est pas toujours correcte. Comme la langue latine avait alors dégénéré beaucoup de sa pureté, les phrases de Prudence n'ont pas toujours la tournure du siècle d'Auguste; il se permet même des fautes de quantité dans ses vers.

On remarque dans ses poèmes de vifs sentiments

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de religion. Suivant Erasme il mérite par la sain» teté et par l'érudition sacrée qui éclatent dans ses écrits d'avoir une place parmi les plu; grands docteurs de l'Eglise.

Des auteurs ecclésiastiques et quelques hagiographes lui ont donné le titre de saint; mais on De lit point son nom dans les martyrologes.

Les meilleures éditions des œuvres de Prudence sont celles de Veilzius, de Nie Heinsius, de Cella* rius, d'EIzevir et du père Chamillardj adusum Detphini.

S. IRENEE. 24»

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