‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 59 sur 104 · ÉVEQUE DE SYRMIUM, MARTYR · texte numérisé non relu

ÉVEQUE DE SYRMIUM, MARTYR

(24 mars.)

S. Irénée, évêque de Syrmium, capitale d'une partie de la Pannonie, fut arrêté durant la persécution de Dioclétien. On le conduisit devant Probus, gouverneur de la province, qui lui dit en le voyant : Les lois divines obligent tous les hommes a sacrifier aux dieux. — Le feu de l'enfer sera le partage de quiconque sacrifiera aux dieux. — L'édit des empereurs très cléments ordonne qu'on sacrifie aux dieux ou qu'en subisse la peine décernée contre les réfractaires. — Et la loi de mon Dieu veut que je subisse toutes sortes de tourments plutôt que de sacrifier aux dieux. — Ou sacrifiez, ou je vous ferai tourmenter. — Vous ne sauriez me faire un plus grand plaisir puisque par là vous me rendrez participant des souffrances de mon Sauveur. » Alors le proconsul le fit étendre sur le chevalet, et pendant la torture il lui disait : « Eh bien ! Irénée , que dites-vous présentement? Enfin sacrifierezvous ? » Irénée répondit : « Je sacrifie h mon Dieu, en confessant son saint nom , et c'est ainsi que je lui ai toujours sacrifié. »

Cependant toute la famille du saint martyr était plongée dans la plus vive douleur; on voyait autour de lui sa mère , sa femme et ses enfants ; car ce saint homme était marié lorsqu'il fut élevé à l'épiscopat; mais il garda la continence après son ordination, conformément aux canons de l'Eglise. Ses

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enfants lui embrassaient les pieds en criant : « 0 le plus chéri des pères ! ayez pitié de vous et de nous.» Sa femme toute en pleurs se jetait â son cou et le serrait tendrement. «Conservez-vous, disait-elle, et pour moi et pour les gages innocents de notre amour. » Sa mère d'une voix entrecoupée de sanglots poussait des cris lugubres , que ses domestiques, ses voisins et ses amis accompagnaient des leurs, de manière qu'autour du chevalet où le saint était tourmenté on n'entendait que plaintes, que gémissements, que lamentations. A tous ces violents assauts Irénée opposait ces paroles du Sauveur : Si quelqu'un me renonce devant les hommes je le renoncerai en présence de mon Père, qui est dans le ciel. Il ne fit pas d'autre réponse à des sollicitations si pressantes ; élevant son ame au dessus des sentiments de la nature, il ne considérait que le spectateur invisible de ses combats, et n'envisageait que la couronne de gloire qui l'attendait , et qui semblait lui dire : Venez , hâtez-vous de me posséder. « Quoi ! reprit le gouverneur , se riez-vous insensible h tant de marques d'affection et de tendresse? Yerrez-vous tant de larmes répandues pour vous sans en être touché? Il n'est point indigne d'un grand courage de se laisser attendrir. Sacrifiez et ne vous perdez pas a la fleur de votre âge. — C'est pour ne pas me perdre, répondit Iréuéc, que je refuse de sacrifier. » Il fut envoyé en prison, où il souffrit diverses tortures.

Quelques jours après le saint fut reconduit devant le proconsul, qui le pressa encore de sacrifier ; il lui demanda ensuite s'il étaitnurié, s'il avait des enfants. Irénée réponditnégalivement à ces ques-

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