‹ Vies choisies des principaux saints (volume 4)Chapitre 92 sur 104 · S. JUVENTIN ET S. MAXIMIN , MARTYRS · texte numérisé non relu

S. JUVENTIN ET S. MAXIMIN , MARTYRS

reprit courage et promit d'obéir en tout à son oncle. Le saint la ramena avec lui dans son désert, et la renferma dans la cellule qu'elle avait d'abord habitée : elle y passa les quinze dernières années de sa vie dans la pratique de toutes les vertus. Nuit et jour elle pleurait la perte de son innocence et punissait son corps par les plus rigoureuses macérations. Dieu agréa sa pénitence, et la favorisa même du don des miracles trois ans après sa conversion. Enfin elle termina sa vie par la mort des justes, S. Ephrem, qui la vit avant qu'on l'enterrât , dit que son visage parut tout rayonnant de gloire, et qu'on nedouta point qu'un chœurd'angesn'eûtporté son ame dans la bienheureuse éternité.

S. Abraham survécut cinq ans à sa nièce. La nouvelle de sa dernière maladie s'étant répandue, on vint de toutes parts pour recevoir sa bénédiction. Après sa mort les chrétiens tâchèrent de se procurer quelque partie de ses habits, dont le seul attouchement guérit plusieurs malades. Ce sont les termes de S. Ephrem, qui fut témoin oculaire de ce qu'il rapporte. Le nom de sainte Marie se trouve dans les calendriers grecs ; pour celui de S. Abraham, il se lit dans les calendriers grecs, latins et cophtes.

S. JUVENTIN ET S. MAXIMIN,

MARTYRS

( 25 janvier. )

Ces deux martyrs étaient officiers dans la compagnie des gardes de l'empereur Julien l'Apostat. Il leur arriva, étant un jour a table, de parler assez

S. JCVENTIN ET S. MAXIMI5. 565

hautement des violences qu'on exerçait contre les chrétiens. Leurs discours donnaient à entendre qu'ils préféreraient la mort h la douleur de voir la profanation des choses saintes. Julien, informé de ce qu'ils avaient dit, les envoya chercher. Quand ils furent venus il voulut les obliger à se rétracter et à sacrifier aux idoles. Les deux saints ayant refusé l'un et l'autre, il confisqua leurs biens, les condamna à être battus cruellement, puis les envoya en prison, où ils furent décapités quelques jours après. Ceci arriva à Antioche le "2 5 janvier 565.

Les chrétiens, sans être effrayés par le danger auquel ils exposaient leurs vies, dérobèrent les corps des martyrs pour les enterrer : ils leur élevèrent un tombeau magnifique après la mort de Julien, qui fut tué en Perse le 26 juin suivant. S. Chrysostome parle ainsi de ces deux martyrs dans le panégyrique qu'il prononça le jour de leur fête : « Ils sont comme des colonnes qui soutiennent l'Eglise, comme des tours qui la défendent, comme des rochers qui repoussent les vagues qui s'élèvent contre elle; allons les visiter souvent, allons toucher leur châsse et baiser leurs reliques, persuadés qu'il nous en reviendra quelque bénédiction. Comme des soldats qui montrent au roi les blessures qu'ils ont reçues dans les combats lui parlent avec confiance, de même ces saints, montrant humblement les souffrances qu'ils ont endurées pour Jésus-Christ, obtiennent du roi des deux tout ce qu'ils demandent.

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