‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 13 sur 83 · LA CO.NYERSION DE S. PAUL · texte numérisé non relu

LA CO.NYERSION DE S. PAUL

(25 janvier.)

Le grand apôtre était Juif, de la tribu deBenjaniin; il fut circoncis le huitième jour d'après sa nais-

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sance, et reçut le nom de Saul. Son père était tle la secte des pharisiens, et bourgeois de Tharse, capitale delà Cilicie. Les habitants de cette ville ayant toujours montré beaucoup d'afFection pour la maison des Césars, Cassius les dépouilla de leurs privilèges et de leurs terres; mais Auguste les dédommagea de celte perte par plusieurs bienfaits, et il leur accorda le droit de bourgeoisie romaine. S. Paul, né à Tharse, était donc citoyen romain, qualité qui emportait avec elle une distinction honorable, et qui procurait l'avantage de jouir des immunités accordées par les lois de Tempire. Ses parents l'envoyèrent de bonne heure h Jérusalem, où Gamaiiel , homme recommandablc par son savoir et sa naissance , et qui paraît avoir été membre du sanhédrin, l'éleva dans la manière la pins exacte d'observer la loi de Moïse; aussi fut-il, dès sa jeunesse, très zélé àfobserver dans tous ses points; il en prend h témoin ses ennemis mêmes. Il s'attacha particulièrement h la secte des pharisiens , la plus sévère de toutes, mais aussi la plus orgueilleuse et la plus opposée h cet esprit d'humilité que l'Evangile recommande. Ce fut peut-être pendant ce temps- Ih qu'il apprit à faire des tentes, métier qu'il exerçait même en prêchant l'Evangile. Du moins il était d'usage chez les Juifs de faire apprendre un métier aux enfants tandis qu'ils étudiaient les saintes lettres, et cela pour deux raisons : la première, afin qu'ils se préservassent des dangers tic l'oisiveté; la seconde, afin que leur corps fut, ainsi que leur esprit, occupé h quelque chose de sérieux.

S. Paul se distinguait au dessus de ceux de son âge par son zèle pour la loi et les traditions judaï-

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ques : ce fut ce zèle peu éclairé qui le rendit un blasphémateur, un persécuteur et un des plus ardents ennemis de Jésus-Christ. Il consentit et fut présent h la mort de S. Etienne : il gardait les manteaux de ceux qui le lapidaient, le lapidant luimême par les mains de tous les autres , selon la remarque de S. Augustin. Le même Père atlribue la conversion de S. Paul, qui suivit bientôt après, aux prières que fit le saint diacre pour ses ennemis. « L'Eglise, dit-il, n'aurait jamais eu de Paul si Etienne n'avait prié. »

Les pi'êtres et les magistrats des Juifs excitèrent ensuite une violente persécution contre l'église de Jérusalem , et Saul était celui qui montrait le plus d'acharnement à perdre les disciples de Jésus-Christ, Envertu du pouvoir qu'il avait reçu du grand-prêtre, il arrachait les chrétiens de leurs maisons, les chargeait de chaînes, et les traînait en prison; il les faisait battre de verges , et employait toutes sortes de tourments pour les contraindre h blasphémer le nom de Jésus-Christ. Les chefs de la synagogue ayant toujours représenté noire Sauveur comme ennemi de la loi de Moïse, il n'était pas surprenant qu'un pharisien zélé crût qu'il n'y avait rien qu'il ne dût faire contre le nom de Jésus de Nazareth. Enfin les violences auxquelles Saul se porta allèrent si loin que son nom seul répandait la terreur parmi les fidèles. Los persécuteurs ne se contentèrent pas de sévir contre la personne des chrétiens : ils les dépouillèrent de leurs biens et de ce qu'ils possédaient en commun, et les réduisirent à ime telle misère qu'ils n'avaient plus pour subsister que les pieuses libéralités des églises les plus éloignées. La

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fureur de Saul n'était point encore satisfaite; il ne respirait au contraire guc menaces et que carnage contre les disciples du Seigneur. Il alla donc trouver le grand-prêtre et le sanhédrin ou conseil des anciens, pour obtenir des lettres qui l'autorisassent à se saisir de tous les Juifs de Damas qui confessaient Jésus-Christ , et à les emmener à Jérusalem , où on les punirait avec une sévérité capable d'arrêter ceux qui seraient tentés de les imiter.

Mais, vains projets des hommes! Dieu, touché par les prières de S. Etienne et des autres fidèles persécutés, voulut manifester dans Saul sa patience et sa miséricorde ; il l'arrêta dans la plus grande impétuosité de son aveugle fureur , afin d'en faire un vase d'élection, et de le transformer en un apôtre qui devait avancer l'œuvTe de l'Evangile plus que n'avait jamais fait S. Etienne lui-même. Comme il approchait de Damas vers le midi, une grande lumière venue du ciel , plus brillante que le soleil , l'environna lui et ceux qui l'accompagnaient : ils virent tous cette lumière , et tombèrent par terre saisis de frayeur. Alors Saul entendit une voix qui lui disait distinctement , sans toutefois que les autres qui l'entendaient aussi pussent la comprendre : Saul, Saul , poarcjuoi me pei^sccutez-vous? Saul répondit : Qui êles-vous? Et le Seigneur lui dit : Je suis Jésus de Nazareth que vous persécutez. Il vous est dur de regimber contre L'aiguillon, c'est à dire « de résister h quelqu'un plus puissant que vous. En persécutant mon Eglise, vous la rendez plus florissante, et vous ne faites de mal qu'à vousmême. » Ce doux reproche du Sauveur, accom -

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pagné de l'onction intérieure de sa grâce , amollit la dureté de cœur de Saul, éteignit sa fureur, guérit son orgueil, et le changea en lui homme tout nouveau. Il s'écria tout tremblant : Seigneur, que voulez-vous que je fasse? C'est comme s'il eut dit ; Seigneur, comment ferai-je pour réparer le passé ? Quel est le moyen de procurer votre gloire ? Je m'offre h vous avec joie pour exécuter votre sainle volonté, et pour souffrir, si vous l'exigez , les afllictions, les opprobres, les persécutions , les tourments et toutes sortes de morts. Tel est le langage d'un pécheur véritablement converti : il ne s'en tient point aux paroles , ni à des désirs vagues et stériles ; il triomphe généreusement du monde et de ses charmes, du démon et de ses artifices; il vide son cœur de toutes les affections terrestres , peur faire f\ Dieu le sacrifice entier de lui-même : mais n'oublions jamais qu'une véritable conversion est le plus grand œuvre de la grâce.

Jésus-Christ ordonna h Saul de se lever, et d'aller dans la vilie, où un de ses serviteurs lui apprendrait ce qu'il avait h faire. Ce ne fut pas sans raison que Jésus- Christ ne l'instruisit point immédiatement par lui-même. Il l'envoya, dit S. Augustin, aux ministres qu'il avait établis dans son Eglise, et qu'il avait chargés de montrer la voie du salut. Le Sauveur, en renvoyant à ses ministres l'instruction d'im apôtre appelé d'une manière si extraordinaire , nous apprend par là qu'il faut chercher sa volonté dans l'enseignement des pasteurs qu'il a revêtus de son autorité pour être nos guides spirituels. C'était Ih l'unique moyen de détruire cette présomption et

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