LA CONTEBSIOÎV DE S. PAUL
cette orgueilleuse confiance en nos propres lumières , qui sont deux sources fatales d'erreurs et d'illusions.
Saul s' étant levé ne Toyait rien , quoiqu'il eût les yeux ouverts. Cet areuglement corporel, ménagé par la Providence, était une figure de l'aveuglement spirituel où il avait vécu ; il lui apprenait encore que désormais il devait être mort au monde, et ne plus occuper son esprit que de la contemplation des choses célestes.
Il fallut lui donner la moin pour le conduire h Damas; il semblait que Jésus-Christ le menait en triomphe. Il logea dans la maison d'un Juif nommé Judas; il y demeura trois jours sans voir, sans boire, sans manger, et ignorant encore ce que Dieu exigeait de lui. On ne peut douter qu'il n'ait alors repassé dans l'amertume de son ame touîes les violences qu'un faux zèle lui avait inspirées contre l'Eglise, lorsque l'on pense qu'ilne prit aucune nourriture pendant ces trois jours, et qu'après plusieurs années d'apostolat il gémissait encore en se rappelant qu'il avait été un blasphémateur et un perse-cuteur. Il est certain que S. Paul ne fut pas converti par degrés comme les pécheurs ordinaires, et qu'un miracle de la grâce changea son cœur en un moment; mais il fallait un temps d'épreuves pour crucifier le vieil homme , pour en détruire tous les sentiments et pour préparer la voi^ à l'accomplissement des desseins miséricordieux que Jésus-Christ avait sur sa conquête.
Il y avait ù Damas un disciple nommé Ananie, à la sainteté et h la vertu duquel les Juifs rendaient le plus glorieux témoignage. Le Seigneur lui appa-