LA CONVERSION DE S. PAUL
rut dans une vision, et lui dit d'aller trouver Saul dans la maison de Judas, où il était en prières. Le nom de Saul fit trembler Ananie; car il savait tout le mal qu'il avait fait aux fidèles de Jérusalem , et pourquoi il venait h Damas. Le Seigneur lui réitéra le même ordre, et lui dit pour calmer sa frayeur : Allez, parceque cet homvie est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom devant les gentils, devant les 7'ois et devant les enfants d'Israël; car je lui montrerai combien il faudra qud souffre pour mon nom^ Nous voyons par Ih que les tribulations sont le partage des vrais serviteurs de Jésus-Christ. En même temps Saul voyait en vision un homme qui entrait et qui lui imposait les mains, afin qu'il recouvrât la vue. Ananie obéit, va trouver Saul , lui impose les mains, et lui dit : Saul, mon frère, le Seigneur Jésus , qui vous est apparu dans le chemin par où rous veniez, m'a envoyé afin que vous recouvriez la vue et que vous soyez rempli du Saint-Esprit. Aussitôt il tomba de ses yeux comme des écailles^ et il recouvra la vue. Ananie ajouta : Le Dieu de nos pères vous a prédestiné pour connaître sa volonté, pour voir le Juste et pour entendre les paroles de sa bouche ; car vous lui rendrez témoignage devant tous les hommes de ce que rous avez vu et entendu. Qu attendez-vous donc? Levez-vous et recevez le baptême, et lavez vos péchés en invoquant le nom du Seigneur. Saul se leva aussitôt pour recevoir le baptême, et ayant ensuite mangé il reprit ses forces. Il resta quelques jours avec les disciples de Damas, et se mit aussitôt à prêcher Jésus dans les synagogues, assurant qu'il était le Fils de Dieu. Tous ceux qui l'écoutaicnt étaient dans l'étonnement et disaient : N'est-ce pas celui qui
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persécutait dans Jérusalem ceux qui invoquaient le nom de Jésus, et qui est venu ici pour les emmener pri~ sonniei's? Ce fut ainsi qu'un blasphémateur et un persécuteur fut changé en apôtre, et devint un des principaux instruments dont Dieu se servit pour la conversion du monde.
S. Paul ne se rappelait jamais sa conversion sans entrer dans les sentiments de la plus vive reconnaissance envers la divine miséricorde. L'Eglise, en instituant la fête de ce jour, a eu dessein de remercierDieu d'avoiropéré un tel prodige, de donner un exemple de leflicacitc delà grâce de Jésus-Christ et de proposer aux pénitents le modèle d'une vraie conversion.
S. JACQUES LE MAJELR,
APÔTRE
(25 juillet.)
S. Jacques, fils de Zébédée et de Salomé, était frère de S. Jean l'évangéliste et proche parent de Jésus-Christ. On le surnomme le Majeur pour le distinguer de l'apôtre du même nom qui fut évêque de Jérusalem. Ce dernier est surnommé le Mineur , ou parcequ'il fut appelé à l'apostolat après S. Jacques le Majeur, ou parcequ'il était de petite taiUe, ou enfin h cause de sa jeunesse. Il paraît que S. Jacques vint au monde environ douze ans avant Jésus- Christ, et qu'il était beaucoup plus âgé que S. Jean son frère ; Salomé, sa mère, se nommait aussi Marie, et était sœur de la sainte "Vierge. Les interprètes sont partagés sur ce qu'on doit entendre ici par le mot de sœur ; les uns le prennent à la let-
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tre, tandis que les autres ne lui donnent point d'autre significalion qu'à celui do cousine-germaine, ce qui s'accorde avec le génie de la langue hébraïque. Ces derniers ajoutent que la sainte Vierge était fille unique.
S. Jacques eut la Galilée pour patrie : il était pêcheur de profession, ainsi que son père et son frère. On croit qu'ils s'étaient tous trois établis à Bcthsaïde, où S. Pierre demeurait aussi dans ce temps-lh.
Jésus, traversant le lac deGénésareth, vit Pierre et André occupés ii la pêche; il les appela, il leur dit de le suivre, en leur promettant de les faire pêcheurs d'hommes. S'étant approché du rivage, il vit Jacques et Jean qui nettoyaient leurs fdets dans une barque, avec Zébédée leur père; il les appela aussi. Les deux frères quittèrent aussitôt leurs filets, leur barque et leur père, et le suivirent. Il est probable que dès avant celte vocation ils savaient que Jésus était le Christ; ils pouvaient l'avoir appris ou par les entretiens qu'ils avaient eus avec S. Pierre, qui habitait dans la même ville , ou par d'autres moyens que nous ne connaissons pas. Quoi qu'il en soit, ils n'eurent pas plus tôt cntenda la voix du Seigneur, ni connu sa volonté, qu'à l'instant ils abandonnèrent tout pour lui obéir. Ils ne s'amusèrent point à délibérer ; ils n'alléguèrent aucunes raisons pour différer; ils ne pensèrent ni aux difficultés, ni aux conséquences que pourrait avoir leur conduite : leur sacrilîce fut entier et parfait. Semblables à Abraham, ils préférèrent l'accomplissement de la volonté divine à l'avantage de rester au milieu de leur famille; ils quittèrent tout ce qu'Us
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avaient pour devenir les disciples de Jésus- Il paraît que Zébédée approuva la démarche de ses enfants, et l'on juge par ce qui est dit de Salomc dans l'Évangile qu'elle se dévoua elle-même au service du Seigneur. Les âmes ferventes doivent être dans les mêmes dispositions de sacrifice que nos deux apôtres, et conséquemment bannir de leur cœur toute affection désordonnée, s'affranchir entièrement de l'esclavage des passions et être prêts h renoncer h tout pour la plus grande gloire de Dieu : aussi, de quels trésors de grâce l'Esprit saint ne comble-t-il pas de telles âmes ! C'est ce qu'éprouvèrent les apôtres dont nous parlons.
Quoique Jacques et Jean se fussent mis h la suite de Jésus, et qu'ils ne perdissent rien de ses divines instructions, ils le quittaient encore de temps en temps, afin d'aller pêcher pour fournir à leur subsistance; mais ils ne se séparèrent plus de lui lorsqu'il eut si visiblement manifesté sa puissance dans cette pêche miraculeuse, où Pierre et André les appelèrent h eux pour qu'ils leur aidassent h tirer leurs filets qu'ils avaient jetés par l'ordre du Sauveur, et qui se trouvaient remplis d'une quantité prodigieuse de poissons.
L'an 3i de fère vulgaire, S. Jacques et S. Jean assistèrent h la guérison de la belle-mère de S. Pierre et à la résurrection de la fille de Jaïre : iis furent agrégés l'un et l'autre au collège des apôtres, que Jésus forma la même année. Le Sauveur leur donna le surnom de Boancrgès , ou d'enfants du tonnerre, sans doute à cause de l'activité de leur zèle. Ln jour qu'ils voulaient qu'il fît descendre le feu du ciel sur une ville des Samaritains où l'oti