‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 18 sur 83 · S. JACQUES LE MINEUR · texte numérisé non relu

S. JACQUES LE MINEUR

APÔTRS.

(!'''■ mai.)

S. Jacques, que l'on appelle le Mineur (i) pour le distinguer de S. Jacques , fds de Zébédée , est aussi connu sous le litre de Juste. Ce dernier surnom lui fut donné , au rapport d'Hégésippe et de Clément d'Alexandrie , h cause de son éminente sainteté. Il était fds d'Alphée et de Marie , sœur de la sainte Yierge.

On ne peut guère douter qu'il ne fût avec Jésus lorsqu'au commencement de son ministère il alla ci Capharnaiim avec ses frères. L'année suivante il fut appelé cl l'apostolat avec Jude, son frère. Le Sauveur étant ressuscité le favorisa d'une apparition particulière. Il lui communiqua aussi, selon S. Clément d'Alexandrie, «ainsi qu'à S. Jean et h S. Pierre, le don de science , qu'ils communiquèrent h leur tour aux autres apôtres.

Nous apprenons de S. Jérôme et de S. Epiphaue que le Seigneur , au moment de son ascension, recommanda h S. Jacques l'église de Jérusalem, et qu'en conséquence les apôtres l'établirent évêquc de celte ville , lorsqu'ils se dispersèrent pour aller prêcher l'Evangile.

(1) Le surnom te Mineur -çursM avoir élô donné à cet apôtre ou parcequ'il fut appelé à l'apostolat après S. Jacques (eMajeur, ou parcequ'il était de petite taille, ou enfin h cause de sa jeunesse. On pense communément qu'il était né quelques années avant Jésus-Christ.

s. JACQUES LE MINEUR. JH

S. Epipliane rapporte qu'il portait sur sa tête une marque distinctive de la dignité épiscopale. Polycrate, cité par Eusèbe , rapporte la même chose de S. Jean , et quelques^ autres le disent aussi de S. Marc (i). Il est probable que cela se fit h l'imitation du grand prêtre des Juils.

Le saint cvêque de Jérusalem força les Juifs h. le respecter , malgré la fureur avec laquelle ils persécutaient les chrétiens. Yoicile portrait qu'Eusèhe et S. Jérôme font de sa sainteté , d'après Hégésippe. « Il vécut toujours dans la virginité. Il était Nazaréen, c'est à dire consacré au Seigneur, et en cette qualité il ne but jamais de vin, ni de toute liqueur capable d'enivrer, et ne coupa jamais ses cheveux. Il s'interdit l'usage du bain et des parfums, et ne mangeait rien qui eut eu vie, excepté l'agneau pascal, qui était de précepte. Il ne portait point de sandales , et n'avait d'autre vêtement qu'un manteau et une tunique de lin. Il se prosternait si souvent pour prier que ses genoux et son front étaient devenus aussi durs que la peau d'im chameau. » S. Epiphane ajoute qu'il priait encore quelquefois les bras étendus vers le ciel , et que ce fut ainsi qu'il obtint de la pluie durant une grande sécheresse.

Une sainteté aussi éminenlc lui mérita de la part des Juifs le surnom de Juste ; aussi avait-il le pri-

(1) C'est la seule marque extérieure que l'histoire ecclésiastique nous apprenne avoir été portée par les évoques dans les premiers siècles ; encore ne paraît-elle pas avoir été fort usitée. La raison en est que les ministres de l'Evangile, étant recherchés par les païens avec une sorte de fureur, se donnaient de garde de se distinguer au dehors du reste des chrétiens.

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