‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 34 sur 83 · S. BARTHÉLEMI · texte numérisé non relu

S. BARTHÉLEMI

lâcheté et de notre insensibilité, nous qui ne faisons rien pour étendre le royaume de Dieu parmi les autres, ni pour la sanctification de nos propres âmes. Ce n'est point faute de secours surnaturels que nous n'exerçons point la charité envers le prochain, que nous ne donnons presque aucun temps h la prière et au recueillement , que nous n'avons point la force de pratiquer le jeûne et de faire pénitence. Voyons les choses dans la réalité , et nous conviendrons que nous nous aveuglons nous-mêmes, que les obslaclcs que nous rencontrons viennent de notre tiédeur et de notre indifférence, et qu'il nous suffirait pour les surmonter de nous armer de courage et de vivre dans la ferveur. Los apôtres, qui faisaient et souffraient tant de choses pour Dieu, se regardaient encore comme des serviteurs inutiles; ils comptaient pour rien leurs travaux; ils ne pensaient qu'h ce qu'ils devaient à Dieu et à l'intervalle qu'il y avait entre leurs devoirs et leurs actions. Le véritable amour va au-delh de ce qui paraît possible, et croit encore ne rien faire.

S. Barlhélemi,.élant venu dans la grande Arménie pour y prêcher la foi à un peuple opiniâtrement attaché aux superstitions de l'idolâlric y reçut la couronne du martyre, selon S. Grégoire de Tours. Les historiens grecs modernes disent qu'il fut condamné h être crucifié par le gouverneur d'Albanopolis. D'autres prétendent qu'il fut écorché vif, ce qui n'exclut pas le crucifiement. La réunion de ce double supplice était en usage non seulement en Egypte, mais encore chez les Perses , et les Arméniens pouvaient avoir emprunté de ces derniers peuples, leurs voisins, un tel genre de barbarie.

s. JEAN DEVANT LA PORTE LATINE. 2l3

Théodore Lecteur rapporte que l'empereur Anastase, ayant fait bâtir en 5o8 la ville de Duras , en Mésopotamie, l'enrichit des reliques de S. Barthélemi. S. Grégoire de Tours assure qu'on les porta dans l'île de Lipari près de la Sicile avant la fin du sixième siècle. On lit dans Anastase, le bibliothécaire, qu'en 809 elles furent transférées de Lipari à Bénévéut, et elles le furent de Bénévent h Rome en 980, selon le cardinal Baronius. Depuis ce temps-là elles sont restées dans un monument de porphyre placé sous le grand autel de la célèbre église qui porte à Rome le nom du saint, et qui est dans l'île du Tibre. L n évoque de Bénévent envoya un bras du saint apôtre h S. Edouard le Confesseur, qui en fît présent à la cathédrale de Cantorbéry.

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