‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 36 sur 83 · S. JEAN DEVANT LA PORTE LATINE · texte numérisé non relu

S. JEAN DEVANT LA PORTE LATINE

pendit l'activité du feu et lui conserva la vie, comme il l'avait conservée aux trois enfants qui furent jetés dans la fournaise de Babylone. L'huile bouillante se changea pour lui en un bain rafraîchissant, et il en sortit plus fort et plus vigoureux qu'il n'y était entré.

L'empereur fut très frappé ainsi que la plupart des païens de cet événement; mais il l'attribua au pouvoir de la magie. Ce que l'on publiait des prétendus prodiges opérés par le fameux Apollonius de Tyane, qu'il avait fait venir h Rome, ne contribua pas peu h le confirmer dans cette opinion. La délivrance miraculeuse de l'apôtre ne fit donc sur lui aucune impression, ou plutôt elle ne servit qu'à augmenter son endurcissement dans le crime. 11 se contenta toutefois de bannir le saint dans l'île de Pathmos. Ce mauvais prince (i) ayant été assassiné l'année suivante, Nerva, rempli de bonnes qualités et d'un caractère naturellement pacifique, fut élevé à l'empire. S. Jean eut la liberté de sortir du lieu de son exil et de retourner à Ephèse.

Ce fut auprès de la porte appelée Latine par les Romains qu'il remporta ce glorieux triomphe. Pour conserver la mémoire du miracle on consacra une église dans cet endroit sous les premiers empereurs chrétiens. On dit qu'il y avait un temple de Diane dont on changea la destination poin^ le faire servir au culte du vrai Dieu. Cetle église fut rebâtie en 772 par le pape Adrien I".

(1) Domitien régna depuis l'an 81 jusqu'à l'an 96. Nous apprenons de Suétone et d'Eusèbe qu'il porta l'impiété jusqu'à se i'aire donner le titre de Seigneur et de Dieu. C'était lui qui, renfermé dans son cabinet, employait une partie de son temps

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