‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 48 sur 83 · S. LUC · texte numérisé non relu

S. LUC

iVANGÈLISTii.

(18 octobre.)

Ce glorieux évangéliste a eu pour panégyriste l'apôtre des gentils, ou plutôt l'Esprit saint, qui dirigeait sa plume. Ses propres écrits, qui font partie des livres inspirés, fournissent la preuve la plus évidente de sa sainteté et de ses vertus émincntes.

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que nous pouvons bien admirer, mais qu'il ne nous est pas possible de louer dignement.

S. Luc était d'Antioche, métropole de Syrie, ville célèbre par son agréable situation , par la richesse de son commerce, par son étendue ainsi que par le nombre et la politesse de ses habitants , par son amour pour l'étude des lettres et de la sagesse. Elle avait des écoles renommées dans toute l'Asie, et qui produisirent des maîtres fort habiles dans tous les arts et toutes les sciences. S. Luc y fit dans sa jeunesse d'excellentes études, et on dit qu'il perfectionna encore les connaissances qu'il avait acquises par divers voyages dans la Grèce et dans l'Egypte. Son goût le porta particulièrement vers la médecine. Ceux qui tirent de Ih des conséquences en fa* Teur de son extraction et de sa fortune ne font pas attention que la médecine était souvent exercée par des esclaves que l'on faisait élever dans cette science, comme l'a montré Grotius. Ce savant ajoute que S.Luc fut peut-être attaché h quelque famille noble en qualité de médecin, et qu'après son affranchissement il resta toujours dans sa première profession. Mais il paraît que ce ne fut qu'après sa conversion au christianisme, et même sur la fin de sa vie, que la charité lui fit exercer un art qui n'était point incompatible avec les fonctions du ministère apostolique. S. Jérôme assure qu'il y excellait; et S. Paul, en disant : Luc, médecin,, notre très cher frère, semble indiquer qu'il ne cessa point de s'y appliquer.

S. Luc n'était pas seulement habile dans la médecine; on ajoute qu'il excellait encore dans la peinture. Si l'on s'en rapporte au ménologé de l'em

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pcreur Basile, compilé en 980, à Nicéphore et à (l'aulres Grecs modernes que cite Gretzer dans une dissertation sur ce sujet, il laissa plusieurs portraits de Jésus-Christ et de la sainte Yierge. Mais ces auteurs ont bien peu de critique , quoiqu'on trouve cependant des choses curieuses dans leurs écrits. Quant au point dont il s'agit, ce qu'ils rapportent est appuyé de l'auiorlLé de Théodore Lecteur, qui rivait en 5 18. On lit dans cet écrivain qu'on envoya de Jérusalem à l'impératrice Pulchéricun portrait de la sainte Mcrgc peint par S. Luc , et que cette princesse le mit dans une église qu'elle avait fait bâtir à Conslantinoplc. On a trouvé h Rome dans un souterrain près de l'église de Sainlc-Maric, dite In via lata, une ancienne inscription où il est dit d'un portrait de la sainte "^ iergc que c'est an des sept peints par S. Luc. Il y a encore trois ou quatre autres portraits semblables dont le principal a été placé par le pape Paul V dans la chapelle Borghèse, dans l'église de Sainte-rvlarie-Majeure.

S. Luc embrassa le christianisme ; mais on ignore s'il suivoit auparavant les superstitions de l'idolâtrie ou les observances de la loi mosaïque. On ne peut douter qu'il n'y eut alors un grand nombre de Juifs à Antioche, surtout de ceux qu'on appelait Hellénistes, et qui li.^aicnt lÉcrilure dans la traduction des Septante. S. Jérôme observe d'après les écrits de S. Luc qu'il savait mieux le grec que l'hébreu; qu'il ne se contente pas de faire usage de la version des Septante, comme les autres auteurs du nouveau Testament qui ont écrit dans la même langue, et qu'il s'abstient de traduire certains mots qu'il ne 'pouvait bien rendre en grec. Les uns pré-

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temlient qu'il fut converti par S. Paul à Antioche ,mais les autres le nient, en se fondant sur ce que l'apôtre ne l'appelle nulle part so7i fils, nom qu'il donne ordinairement à ceux qu il avait engendrés h Jésus-Christ. « -|- D'après le ton et le coloris du style de S. Luc, dit Hug, quoiqu'on y remarque à un plus haut degré l'influsnce d'une éducation grecque, on ne peut contester qu'il aitélc Juifou Syrien. Quand on considère la connaissance du judaïsme dont il fait preuve dans ses deux ouvrages, ouest forcé d'avouer que ce n'est pas seulement à moitié et superficiellement qu'il a apprécié les mœurs de ce peuple, si obscures pour un étranger, et qu'il a compris les cérémonies de son culte. Nulle part le commentateur ne se trouve arrêté, nulle part il n'a lieu de regretter que l'auteur n'ait pas mieux approfondi le judaïsme, ses rits et ses cérémonies. Qu'on n'en exige pas la preuve par des exemples ; le nombre en serait trop grand, et nous serions forcés défaire remarquer trop de détails, qui sont néanmoins les meilleures preuves des connaissances exactes des faits. Tant il y a que nous pouvons induire de son style et de ses connaissances que par le premier il était de Syrie ou de Palestine, et par les autres Juif ou prosélyte bien instruit. Quant au premier point, l'histoire nous fournit des renseignements plus positifs, d'après lesquels S. Luc est né h. Antioche en Syrie. Pour ce qui regardes» religion, il résulte de l'épître aux Coïossiens qu'il professa le judaïsme par choix et non h. cause de sa naissance. S. Paul ajoute h la fin des salutations des amis qui étaient alors avec lui, et commence par ceux qui étaient Juifs d'origine ( IV, i o- 1 2 ) . Après

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avoir terminé la liste de ceux Èz ■Kipiro^tiç, il parle des autres, et parmi eux de S. Luc (IV, i4), qu'il faut par conséquent plulôi regarder comme prosélyte. » S. Épipliane le fait disciple du Sauveur, ce qui ne pourrait être arrive que peu de temps avant sa passion, puisque le saint dit dans la préface de son évangile qu'il écrit d'après le témoignage de ceux qui dès le commencement virent de leurs yeux les choses qu'il rapporte et furent les ministres de la parole sainte. Quelques auteurs cependant ont conclu de ce passage que le saint évangéliste ne se lit chrétien à Anlioche qu'après l'ascension de Jésus Christ ; et Terlullien assure formellement qu'il ne futpoint du nombre de ceux qui s'attachèrent au Sauveur pendant qu'il était encore sur la terre.

Mais à peine eut-il été éclairé par la lumière de l'Esprit saint qu'il travailla de toutes ses forces b mettre en pratique les maximes de l'Évangile. II porta toujours sur son corps la morlificalion de la croix en Ihonneur de son divin Maître. Il était déjà un parfait modèle de toutes les vertus lorsque S. Paullc choisit pour être son coopérateur et le compagnon de ses travaux. Il commence à parler de lui-même en première personne dans les Actes, au temps où l'apôtre s'embarqua pour passer de Troade en Macédoine, Tan 5 1 de Jésus-Christ, peu de temps après le départ de S. Barnabe; et S. Irénée date de la même époque les voyages que S. Luc fit avec S. Paul. Ces deux grands saints ne se séparèrent plus que par intervalles et lorsque le l)eso n des églises le demandait. Toute l'ambition de S. Luc était de partager les travaux, les fatigues.

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les souffrances et les dangers de l'apôtre. Il fit avec lui quelque séjour h Philippes, en Macédoine. Ils parcoururent ensemble les villes de la Grèce, où la moisson devenait chaque jour plus abondante. S. Paul nomme plusieurs fois S. Luc comme le compagnon de ses travaux, comme son coopérateur.

Les interprètes pensent que Lucius, que S. Paul appelle son parent, est le même que S. Luc ; et ils se fondent sur ce que le même apôtre donne aussi une terminaison latine au nom de Silas, en l'appelant Sylvanus. Plusieurs auleui^s prétendent d'après Origène, Eusèbc et S. Jérôme, que quand S. Paul parle de son évangile dans l'épître aux Romains il entend celui de S. Luc; mais ce passage peut ne signifier autre chose que TEvangile en général, qui était prêché par S. Paul. L'épître aux Romains fut écrite en 57, quatre ans avant le premier voyage de l'apôtre à Rome.

Le démon, qui cherche toujours à obscurcir la vérité par le mensonge, dont il est le père, suscita quelques-uns de ses minisires pour répandre des histoires fabuleuses concernant Jésus-Christ. Ce fut pour en empêcher l'effet que S. Luc écrivit son évangile. On a dit qu'il s'était aussi proposé de suppléer aux omissions des évangiles de S. Matthieu et de S. Marc, qui avaient déjà paru; mais nous n'avons point de preuves certaines qu'il ait eu ce dessein ; il ne paraît pas même qu'il eût lu les deux évangélistes qui l'avaient précédé, comme l'ont observé de savants critiques. L'ouvrage de S. Luc est souvent attribué à S. Paul. Le maître sans doute aida son disciple, et approuva depuis son évangile ;

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mais S. Lac assure lui-même qu'il avait eu d'autres secours, et qu'il avait écrit d'après les témoins oculaires des actions de Jésus-Christ. Ces témoins, qui d'ailleurs avaient eu part aux faits rapportés, donnent à son récit le plus haut degré d'autorité. Il fut encore dirigé par le Saint-Esprit, qui lui révéla tout ce qu'il a rapporté concernant nos mystères, et qui l'assista d'une inspiration spéciale jusque dans les plus petits événements historiques. Les anciens en prétendant que S. Paul avait concouru à l'évangile de S. Luc se sont apparemment fondés sur la conformité des expressions dont ils se sont servi l'un et l'autre en rapportant l'institution de l'eucharistie, et l'apparition de Jésus-Christ à S. Pierre.

Selon S. Jérôme et S. Grégoire de Nazianze, S. Luc écrivit son évangile dans le temps que S. Paul prêchait dans l'Achaïe, et il alla deux fois dans ces contrées avec l'apôtre, en 53 et 58. Il doit avoir écrit son évangile en 55, s'il est vrai que S. Paul en parle dans son épître aux Romains, comme l'assurent les anciens. Il l'aurait écrit à Rome, si l'on s'en rapportait aux titres de quelques manuscrits grecs, et pendant le premier emprisonnement de l'apôlre; mais ces titres sont modernes, et paraissent confondre le livre dont il s'agit avec les Actes des apôtres.

S. Luc insiste particulièrement dans son évangile sur ce qui a rapport au sacerdoce de Jésus- Christ ; et c'estpour cela que les anciens, en appliquant aux quatre évangélistcs les représentations sj-mboliques mentionnées dans Ezéchiel, assignent à notre saint le bœuf comme un emblème des sa-

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crifîces. Ce n'est cpie dans cet évangile que l'on trouve le récit de plusieurs circonstances relatives à rincarnalion, comme l'Annonciation de ce mystère h la sainte Vierge, sa visite à sainte Elisabeth, la parabole de l'Enl'ant prodigue et plusieurs autres particularités importantes. Le style en est clair, élégant, varié. Les pensées et la diction ont une sublimité qui étonne. On y admire en même temps cette simplicité qui fait le caractère dislinctif des écrivains sacrés. Les actions et la doctrine du Saii- Teur y sont présentées de la manière la plus touchante ; chaque mot renferme des mystères cachés, offre des richesses inépuisables, et devient le prmcipe de toutes les vertus poiu' ceux qui lisent ces oracles sacrés avec l'humilité et les autres dispositions convenables. La dignité avec laquelle sont présentés les mystères les plus sublimes, qui sont au dessus de toute expression et de notre manière de concevoir les choses créées, celte dignité, où l'on ne remarque aucune parole pompeuse, a quelque chose de divin. L'énergie avec laquelle l'évangéliste parle de la patience, de la douceur, de la charité d'un Dieu fait homme pour nous, de ses leçons, de sa vie; son sang-froid dans le récit des souffrances et de la mort du Sauveur ; son attention ji éviter toute exclamation, et h s'abstenir de ces épithètes dures qu'il est si ordinaire de donner aux ennemis de celui que l'on aime; tout cela a je ne sais quoi de grand, de noble, de touchant, de persuasif, quel'on chercherait en vain dans les plus beaux ornements du langage. Cette simplicité fait que les grandes actions parlent pour ainsi dire d'elles-mêmes, et l'éloquence humaine ne ferait qu'en diminuer l'éclat.

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Il est vrai que les écrivains sacrés sont les instruments ou les organes du Saint-Esprit ; mais leur style seul fait voir que leur ame n'était point assujettie à l'empire des passions, et qu'ils possédaient dans le plus haut degré toutes ces vertus célestes dont leurs écrits inspirent l'amour aux lecteurs attentifs et jaloux de s'instrnire.

Vers l'an 5G de Jésus-Christ, S. Luc et S. Tite furent envoyés h Corinlhe par S. Paul. Le premier est représenté par l'apôtre comme un homme dont le nom est célèbre dans toutes les églises. Il le suivit h Rome en 61 , lorsqu'il y fut envoyé prisonnier de Jérusalem. S. Paul resta deux ans dans cette ville; mais il eut enfin la permission de vivre dans une maison qu'il avait louée; et les gardes auxquels on l'avait confié ne l'empêchaient point de prêcher l'Évangile à ceux qui venaient le trouver chaque jour. Il paraît par divers monuments anciens de l'église de Sainte-Marie de Piome, dite in via lata, et qui est un ancien titre de cardinal-diacre, qu'elle est bâtie h l'endroit où S. Paul logeait, et où S. Luc écrivit les Actes des apôtres. C'est pour cela que Sixte-Quint fit mettre la statue de S. Paul, avec une nouvelle inscription, sur la fameuse colonne d'Antolîin, qui est dans le voisinage.

S. Luc ne quitta point S. Paul pendant son emprisonnement, et il eut la consolation de lui voir rendre la liberté en 63. Ce fut dans cette même année qu'il acheva les Actes des apôtres, histoire qu'il avait entreprise h Piome par l'inspiration du Saint-Esprit. C'est comme la suite de son évangile; il se propose de réfuter les fausses relations que Ton publiait sur la vie et les travaux apostoliques

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des fondateurs du christianisme, et de laisser une histoire authentique des merveilles dont Dieu s'élait servi pour former son liglise, et qui sont une preuve invincible de la résurrection du Sauveur et de la divinité de son Evangile. Dans les douze premiers chapitres il rapporte ce qu'avaient fait les principaux apôtres pour l'établissement de notre sainte religion, depuis l'ascension du Sauveur. Dans le reste de son ouvrage il se borne presque entièrement aux actions et aux miracles de S. Paul, dont il avait été témoin ocuhùre et auxquels ils avait eu beaucoup de part. Théophile, à qui il dédia son évangile et les Actes des apôtres, et auquel il donne le titre de très exe client, Acydài être, autant qu'on en peut juger par le style de ce temps-là, un homme de la première distinction et un magistrat public, probablement delà ville d'Antioche; peut-être aussi avait-il 'été converti par S. Luc. L'évangile de ce saint et ses Actes des apôtres furent encore écrits pour l'instruction des diverses Églises et de tous les siècles futurs. On remarque de la différence dans le style des auteurs inspirés. L'élégance et la politesse caractérisent celui d'Isaïe; il y a une certaine rudesse dans celui d'Amos, qui était berger. Le style de S. Luc est exact, pur, élégant ; ce qui prouve qu'il avait reçu une excellente éducation, et qu'il avait étudié la littérature h Anliochc; on y trouve cependant quelques hébraïsmes et quelques syriacismes. Il est en général facile, naturel, agréable et tout à fait approprié au genre historique. Le saint évangéliste ne quitta point son maitrc après son élargissement. L'apôtre, durant son dernier emprisonnement, écrivait de Rome que tous

y ^8 S. LUC, ÉVANGiLISTE.

les autres l'avaient quille, et que S. Luc était seul avec lui. Après le martyre de S. Paul S. Epiphanc dit que S. Luc prêcha dans l'Italie, la Gaule, la Dalmalie et la Macédoine. On n'est pas d'accord sur ce qu'on doit entendre par Gaule : les uns pensent qu'il s'agit de la Gaule cisalpine, et les aulreB de la Galatie. Selon Fortunat et Métapbraste, S. Luc passa en Égyple, et prêcha dans la Thébaïde. i\iccphore dit qu'il mourut à Thèhes, dans la Béotie, et que de son temps on montrait le tombeau de ce saint près du lieu de sa mort. Mais cet auteur paraît confondre le saint évangéliste avec S. Luc Stiriote, ermite de Béotic. On lit dans S. Hippolyte que notre saint fut crucifié à Éléc, dans le Pélopoiièse. Il fut altaché à un olivier, si l'on s'enrapportc aux Grecs modernes. L'ancien martyrologe africain du cinquième siècle lui donne les titres d'évangéliste et de martyr; S. Grégoire de Nazianzc, S. Paulin et S. Gaudcnce de Bresce assurent aussi qu'il alla dans le ciel par la voie du martyre. Mais Bède, Adon, Usuard et Baronius disent seulement dans leurs martyrologes qu'il souffrit beaucoup pour la foi, et qu'il mourut fort âgé dans la Bithynie. Il est très probable qu'il passa dans cette contrée pour y annoncer l'Evangile. Il n'y resta cependant pas toujours. Il revint dans l'Achaïe, qui comprenait alors le Péloponèse, et il y finit sa course. Le sentiment des Grecs modernes est que S. Luc vécu quatrevingt-quatre ans, et ce sentiment est fondé sur ce que S. Jérôme dit de ce saint; mais le dernier éditeur des œuvres de ce père l'a réfuté, en montrant que le passage en question ne se trouve dans aucun ancien manuscrit.

&A1NTE MABUE-MADELEINE. 279

En 557 l'empereur Constance fit transférer les reliques de S. Luc de Patras en Achaïe h Constantinoplc. On les y déposa dans l'église des Apôtres, avec celles de S. André et de S. Timothée, Il se fit alors quelques distributions des premières. S. Gaudence de Bresce en procura à son église; S. Paulin en mit dans celle de Saint-Félix h Noie, et dans une autre église qu'il avait fait bâtir à Fondi.

L'église des Apôtres à Constantinople avait été bâtie par ConstanUn-le-Grand. Ce prince fut enterré dans le porche de cette église, et l'on renferma son corps dans un cercueil d'or. On représenta les douze apôtres autour de son tombeau. Lorsque l'empereur Justinien fit réparer l'église les ouvriers trouvèrent trois coffres de bois, avec des inscriptions qui portaient que c'étaient les corps de S. Luc, de S. André et de S. Timothée. Baronius prétend que le chef de S. Luc fut porté h Rome par S. Grégoire, et déposé dans l'église du monastère de Sainl-André. On garde une partie de ses reliques dans le monastère du mont Athos, en Grèce. Le père deMonfauconafait graver, d'après un manuscrit de l'évangile selon S. Luc, l'ancien portrait de ce saint avec tous les instruments dont on se servait autrefois pour écrire.

SAINTE MAPJE-MADELEINE.

(22 juillet.)

Marie- Madeleine, si célèbre dans l'Eglise par son tendre et constant attachement pour Jésus- Christ, étaitGaliléenne de naissance. Le surnom de

28o SAINTE MARIE-MADELEINE.

Madeleine paraît lui avoir élé donné de Magdala ou plulôt Magdalum, château situé près du lac de Cîénésarelh, autrement appelé mer de Galilée. Lorsque Jésus-Christ commença à prêcher l'Evangile el'e était possédée de sept démons. Les miracles du ^auveur l'engagèrent h recourir h lui pour obtenir la guérison de son mal. Jésus la guérit et chassa de son corps les sept démons qui la tourmentaient.

Madeleine par reconnaissance s'attacha pouf toujours h la personne du Sauveur; elle le suivait partout où il allait, afin découter les instructions qui sortaient de sa bouche sacrée et de saisir toutes les occasions de le servir et de partager avec lui ses biens temporels. Elle l'accompagna durant sa passion , et elle le suivit jusqu'au lieu de son supplice.

Il y a un grand mystère renfermé dans ces paroles de i'évangéliste : Auprès de la croix de Jésus i talent Marie sa mère, Marie de Cléophas, sœur de samère, et Marie-Madeleine. Heureuse association! heureux état que d'être auprès de Jésus sur la croix, s'écrie le cardinal de BéruUe ! Voilà un nouvel ordre tout spirituel et tout intérieur , invisible aux hommes, mais visible aux anges; un ordre d'ames crucifiées avec Jésus et par Jésus, auquel la croix du Sauveur donne naissance ; un ordre de la croix et du ciel tout ensemble; un ordre d'amour par le martyre des cœurs, qui en mourant au monde ne vit que pour Dieu. Nous jouirons du même bonheur si , comme Madeleine, nous nous unissons en esprit h Jésus crucifié , si nous conqiatissons h ses souffrances, si nous portons

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