S. PHILIPPE
APÔTRE
(1" mai.)
S. Philippe était de Betlisaïdc en Galilée. Le Sauveur l'appela et lui dit de le suivre, le îeudejiiaiu delà vocation de S. Pierre et de S. André, (i) Jj'état du mariage dans lequel il était engagé ne l'avait point empêché^, selon la remarque de S. Chrysostome, de méditer assidûment la loi et les prophètes. Par cette méditation il s'était préparé à reconnaître le Messie dans la ])ersonne de Jésus- Christ ; aussi ne halança-t-il point après celte pré- £ieuse découverte d'abandonner tout pour s'attacher à lui. Il devint un de ses plus zélés disciples, et il fut le compagnon inséparable de son ministère et de ses travaux.
Philijjpe n'eut pas plus tôt connu le Messie qu'il s'empressa départager le bonheur dont il jouissait avec Nathanael son ami. Nous avons trouvé, lui ditil, celui dont il est parlé dans la loi de Moïsect dans les écrits des prophètes. Jésus de Nazareth, fils de Joseph.
(1) Clcmcrit d'Alexandrie rapporte comme un fait avéré que S. Pliilippe était celui qui, ayant été appelé à la suite de Jésus- Christ, demanda la permission de retourner auparavant </rtns m maison pour ensevelir son pire, et auquel le Sauveur répondit : Suivez-moi, et laissa aux morts le soin d'ensevelir leurs 77wrts. Jésus-Cluist par celte réponse ne prétendait pas condamner ceux qui rendent aux morts les derniers devoirs, il voulait seulement laiic entendre à son nouveau disciple qu'étant appelé aux fonctions sublimes d'un ministère tout spirituel elles devaient avoir la prélérence sur les œuvres corporelles de miséricorde.
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Ces paroles ne firent pas d'abord beaucoup d'impression sur Nathanael : il ne croyait pas que le Messie attendu pût sortir de Nazareth; mais Philippe lui dit de le suivre, de venir voir par lui-même ce qu'il ea était. Il était persuadé qu'il n'aurait pas plus tôt vu Jésus qu'il le reconnaîtrait sur-le-champ pour le Fils de Dieu. Nalhanael fit ce que son ami exigeait de lui. Jésus le voyant approcher, dit : FoUà un vrai Israélite, dans lequel il n'y a ni déguisement ni artifice, Nathanael, surpris de ce que Jésus l'appelait par son nom, lui demanda comment il pouvait le connaître. Jésus répondit : Je vous ai vu avant que. Philippe vous appelât, lorsque vous étiez sous le figuier, Nalhanael, ainsi que l'expliquent les pères, se rappelant alors qu'il avait été dans un lieu si relire qu'au-* cun n'avait pu le voir, confessa que Jésus était le Fils de Dieu, le roi d'Israël, ou, ce qui revient au même, le Messie prédit par Moïse et par les prophètes.
Trois jours après cet événement Philippe se trouva aux noces de Cana, où Jésus avait été invité avec ses disciples. L'année suivante il fut mis au nombre des apôtres du Sauveur, lorsqu'il forma le sacré collège.
On voitpar plusieurs passages de l'Évangile qu'il était particulièrement chéri de son divin Maître. Ainsi, par exemple, nous lisons que Jésus-Christ, étant sur le point de multiplier les pains pour nourrir les cinq mille hommes qui favaient suivi dans le désert , s'adressa à Philippe , comme pour le consulter snr le moyen de pourvoir aux besoins de celte mviltitude, et pour lui fournir l'occasion de donner une preuve de sa foi. No us lisons encore que,
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peu de temps avant la passion du Sauveur, quelques gentils curieux de le voir prièrent Philippe de leur procurer cette satisfaction, ce qu'il leur accorda, de concert avec S. André.
Jésus-Christ ayant promis à ses disciples, dans le discours qu'il leur fit après la dernière cène, de leur donner de son Père céleste une connaissance plus claire et plus parfaite que celle qu'ils en avaient eue jusque-là, Philippe s'écria dans un transport d'impatience : Seigneur^ montrez-nous Totre Père, et cela nous suffit. Jésus prit de Ih occasion d'inculquer de nouveau la croyance de sa divi- 3QÎté, et de montrer qu'il était une même chose avec son Père. Il y a si long-temps^ dit-il, que je suis avec vous, que je vous instruis par mes paroles et par mes actions, et vous ne me connaissez pas! Si vous me regardiez des yeux de la foi vous connaîtriez qui je suis, et me voyant vous verriez mon yère, puisque y'c suis dans mon Père et (pie mon Père Kst en moi.
Les apôtres, destinés îi conquérir l'univers à Jésus-Christ, se dispersèrent après la descente du Saint-Esprit dans les différentes parties du monde ajQn de remplir plus parfaitement leur vocation, et de répandre avec plus de promptitude la lumière )de l'LiVangile. S. Philippe alla prêcher dans les deux 3Phrygies, comme nous l'apprenons de Théodoret et d'Eusèhe, dont le récit est fondé sur les monu- Dments les plus authentiques. On ne peut douter qu'il ne soit parvenu à un âge fort avancé, puisque S. Polycarpe, qui ne se convertit que dans l'année So de Jésus-Christ, eut quelque temps le bonheur de converser avec lui. Un passage de Polycarpe
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cité par Eusèbc semble prouver qu'il fut enterré h Hiéraple en Phrygie. Cette ville se croyait redevable de sa conservation aux miracles continuels qui s'opéraient par la vertu des reliques du saint apôtre. Les Orientaux l'honorent le 1 4 de novembre, mais l'Église latine célèbre sa fête ainsi que celle de S. Jacques le i" mai.
Nous apprenons de Théodoret que S. Jean l'Evangélistc et S. Philippe apparurent en 694 à l'empereur Théodose, le matin du jour qu'il devait livrer bataille au tyran Eugène, et qu'ils lui promirent la victoire qu'il remporta sur son ennemi.
On dit que le corps de notre saint est à Rome dans l'église qui fut dédiée en 56o sous l'invocation de S. Philippe et de S. Jacques. En 1204 on porta de Constantinople à Florence un bras de S. Philippe. Les Bollandislcs ont donné l'histoire authentique de cette translation.
Apprenons de S. Philippe à aimer Dieu ; comme lui, désirons de voir le Père céleste. Il ne demandait que cette bienheureuse vision, parcequ'il ne désirait qu'elle. Sommes-nous dans la même disposition? Dieu est-il le seul objet de tous les mouvements de noire cœur ? Ne soupirons-nous qu'après lui ? Si notre conscience ne nous rend point ce consolant témoignage, prions le saint apôtre de nous obtenir un parfait détachement de toutes les choses créées afin que par nos désirs nous devenions déjà les citoyens du ciel.
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