S. SIMON, SURNOMMÉ LE ZÉLÉ
APÔTRE
(28 octobre.)
On donne h S. Simon les surnoms de Cananéen, de Canaanite et de Zclè, pour le distinguer de S. Pierre et de S. Siméon, qui succ(^da sur le siège de Jérusalem h S. Jacques le Mineur^, son frère. Quelques auteurs ont conclu du premier de ces surnoms que le saint apôtre était né h Cana en Galilée ; et certains Grecs modernes ajoutent qu'il était l'époux des noces où le Seigneur changea l'eau en vin. On ne peut au moins douter qu'il ne lut Galiléen. Théodoret dit qu'il était delà tribu de Zabulon ou de Nephtali. Quant au surnom de Cananéen, il a la même signification en syro-clialdaïque que le mot zclotcs en grec. S. Luc Ta traduit, et les autres évangélistes ont retenu le mot original. Canath, suivant la remarque de S. Jérôme, signifie zèle en syro-chaldaïque ou hébreu moderne.
Si l'on en croit Nicépbore-Calixle, ce surnom ne fut donné à S. Simon qu'après qu'il eut été appelé à l'apostolat, et cela à cause de son zèle et de son attachement pour son divin Maître. D'ailleurs, selon le même auteur, il s'était toujours montré fidèle observateur delà loi, et fort opposé h ceux qui s'en écartaient. Mais cette circonstance ne se trouve dans aucun des évangélistes. Hammond et Grotius pensent qu'on donna le surnom de Zélé au saint apôtre même avant qu'il se fût attaché h Jésus-Christ, j
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parccqu'il était de la secte de ceux qu'on appelait zèLès parmi les Juifs, du zèle particulier avec lequel ils faisaient profession de suivre la loi dans toute sa pureté. Ces zélés jouèrent un rôle fameux dans la guerre des Juifs contre les Romains. Ce fut principalement à leur instigation que le peuple secoua le joug de la soumission. Pendant le siège de Jérusalem ils massacrèrent leurs propres compatriotes, remplirent le temple de carnage, et accélérèrent la ruine de leur patrie. Mais rien ne prouve qu'il y ait eu des zélés, dans le sens que nous venons d'expliquer, du temps de Jésus-Christ : car on ne doit pas les confondre avec ceux qui soutenaient qu'on ne devait point payer le tribut aux Romains. Enfin, s'il y avait alors des Juifs qui prissent le nom de zélés, ils ne ressemblaient point h ceux dont parle Josèphe dans son histoire de la guerre contre les Romains.
S. Simon après sa conversion fut fort zélé pour la gloire de son Maître. Il montra une sainte indignation contre ceux qui déshonoraient par leur conduite la foi qu'ils professaient. Tout ce que l'Évangile dit de lui c'est que le Sauveur l'admit au nombre de ses apôtres. Il reçut avec eux les dons du Saint-Esprit, et fut toujours très fidèle à sa vocation.
On lit dans quelques Grecs modernes qu'après avoir prêché dans la Mauritanie et dans d'autres contrées de l'Afrique il s'embarqua pour la Bretagne, qu'il y répandit la lumière de l'Évangile, et qu'il y fut crucifié par les infidèles. Mais ce voyage dans la Bretagne n'est appuyé sur aucune preuve , et les auteurs qui le rapportent tombent dans
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des contradictions qui détruisent leur autorité. Si le saint apôtre prêcha en Egypte et dans la Mauritanie, il retourna en Orient, car les martyrologes de S. Jérôme, de Bèdc, d'Adon et d'Usuard, mettent son martyre en Perse, dans une ville appelée Suanir, qui était probablement dans le pays de Suani, peuple allié pour lors aux Parthes et aux Perses. Au reste ceci peut se concilier avec un passage des Actes de S. André, qui porte qu'il y avait au Bosphore Cimmérien un tombeau dans mie grotte, avec une inscription qui annonçait que S. Simon le Zélé avait été enterré en ce lieu. Les martyrologes attribuent la mort du saint apôtre h la fureur des prêtres idolâtres. Ceux qui parlcrft du genre de sa mort disent qu'il fut crucifié. On prétend que l'église de Saint-Pierre du Vatican h Rome et la cathédrale de Toulouse possèdent la plus grande partie des reliques de S. Simon et de S. Jude.