‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 62 sur 83 · SIMÉON · texte numérisé non relu

SIMÉON

&ceur de la sainte Vierge. Les plus habiles interprètes pensent qu'il est le même que ce Simon, frère de S. Jacques le Mineur, de S. Jude et de Joseph, dont il est parlé dans l'Evangile. Il naquit huit ou neuf ans avant le Sauveur, et l'on ne peut dourter qu'il ne se soit mis de bonne heure h sa suite avec son père, sa mère et ses trois frères. Il ne paraît pas moins certain qu'il reçut le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte avec la sainte Vierge et les apôtres, et qu'il était du nombre de ceux qui sont désignés sous le titre général de frères du Seigneur. Lorsque les Juifs eurent massacré, cnGa, S. Jacques le Mineur, premier évêque de Jérusalem, S. Siméon eut le courage de leur reprocher eette horrible cruauté. Il n'ignorait pas le danger auquel il s'exposait , mais il était animé de cet esprit do force qui rend supérieur h tout sentiment de crainte. Quelque temps après, les apôtres et les disciples s'étant assemblés à Jérusalem pour donner un successeur à S. Jacques, ils élurent Siméon tout d'une voix. On croit qu'il avait auparavant aidé sonfrère dans le gouvernement de son Eglise.

Les Romains, lassés des révoltes continuelles des Juifs, résolurent enfin de détruire Jérusalem; ils se mirent donc en marche pour exécuter leur dessein : mais Dieu, qui voulait sauver ses serviteurs , les avertit miraculeusement de sortir d'une ville sur laquelle il allait déployer ses vengeances de la manière la plus formidable. Les chrétiens, dociles h la voix du ciel , partirent avec leur évêque et «e retirèrent dans la petite ville de Pella , située audelà du Jourdain. Ceci arriva l'an G6 de Jésmdhrist, et avant que Vespasien eût formé lésine

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de Jérusalem. Les fidèles repassèrent le Jourdain après la ruine de celte malheureuse ville et vinrent habiter au milieu de ses débris. On y vit bientôt refleurir l'Eglise. Dieu s'en déclara visiblement le protecteur, et il la glorifia par tant de prodiges qu'un grand nombre de Juifs embrassèrent le christianisme. Les choses restèrent en cet état jusqu'aux dernières années d'Adrien , quifit entièrement raser Jérusalem.

La joie qu'avait S. Siméon de voir tous les jours multiplier les disciples de Jésus-Christ fut troublée par la naissance de deux hérésies; celle des nazaréens et celle des cbionites. Les nazaréens se rapprochaient en plusieurs points des Juifs et des chi^étiens, quoique dans le fond ils détestassent les uns et les autres. Ils regardaient a la vérité Jésus-Christ comme le plus grand des prophètes , mais ils niaient en même temps qu'il fût Dieu. Ils observaient les jours du sabbat et du dimanche , et faisaient un alliage monstrueux des cérémonies de l'ancienne et de la nouvelle loi. A toutes ces erreurs les ébioniles en joignaient d'autres qui leur étaient par.ticulières: ils enseignaient par exemple que le divorce était licite et qu'on pouvait se livrer sans scrupule à des crimes infâmes. L'auteur de celte dei^nière secte dogmatisa d' abord dans le village de Cocabe, au-delà du Jourdain; il passa depuis en Asie et vint jusqu'à Rome. Les hérétiques, jusqu'alors timides, n'osèrent répandre leurs erreurs en public durant l'épiscopat de S. Siméon, qui vécut plus long-temps qu'aucun des disciples du Seigneur ; mais Dieu ne l'eut pas plus tôt retiré de ce monde qu'on vit sortir de l'enfer une multitude effroyable de doctrines im-

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pîes, qui attaquèrent ouvertement la pureté de la foi. La Providence avait permis que notre saint échappât aux recherches que Vespasien et Domilien firent faire de tous ceux qui étaient de la race de David; mais Trajan ayant ordonné les mêmes recherches , les hérétiques et les Juifs le dénoncèrent au gouverneur Altlcus , et comme chrétien , et comme descendant de David. Durant plusieurs jours il souffrit les plus cruels tourments avec une patience qui étonna ses persécuteurs. Enfin il fut condamné au supplice de la croix , et termina sa vie par le même genre de mort que son divin Maître. Son martyre arriva en 106. Il était âgé de cent vingt ans, et il en avait passé environ quarante-quatre dans l'épiscopat.

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