‹ Vies choisies des principaux saintsChapitre 77 sur 83 · S. IRÉNÉE · texte numérisé non relu

S. IRÉNÉE

ivÊQUE DE LYON, MARTYR.

(28 juin.)

S. Irénéc uaquit vers l'an 120 de Jésus-Christ. 11 était Grec, et, selon toutes les apparences, de l'Asie mineure. Ses parents, qui étaient chrétiens, le mirent sous la conduite de S. Polycarpe, évéquc de Smyrne. Ce fut dans une si sainte école qu'il puisa cette science de la religion qui le rendit depuis un des plus heanx ornements de l'Fglise et la terreur des hérétiques. S. Polycarpe lui Ibrma tout îi la fois l'esprit et le cœur par ses leçons et ses exemples, et de son côté le disciple tira toutl'avantage possible du bonheur qu'il avait de vivre sous un tel maître. Il était pénétré de vénération pour ses éminentcs vertus ; il observait chacune de ses actions, et il avait soin de remarquer tout ce qu'il voyait en lui, afin de se mettre h portée de mieux suivre ses traces et de se revêtir pour ainsi dire de son esprit. Il écoutait ses discours avec une ardeur incroyable, et il les grava si profondément dans son cœur que jamais il ne les oublia, pas même dans sa vieillesse, comme il le déclai'c dans sa lettre à Florin. S. Jérôme dit que S. Irénée fut aussi disciple de S. Papias, qui avait vu les apôtres.

Les hérésies des trois premiers siècles ne furent qu'un mélange grossier de fables, de pliilosophie et de christianisme. S. Irénée, pour réfuter celle de son temps, s'appliqua sérieusement h l'étude de la mythologie et des différents systèmes philosophi-

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ques qui avalent cours parmi les païens. Cette étude * le rendit capable d'exposer chaque erreur dans tout son jour et d'en découvrir la source. C'est pour cela que Tertullien dit en parlant de lui que personne n'avait fait plus de recherches pour s'instruire de toutes sortes de doctrines. S. Jérôme on appelle souvent h son autorité. Eusèbe loue son exactitude, S. Epiphane dit qu'il est nn homme très docte, très éloquent et doué de tous les dons du Saint-Esprit. Théodoret le regarde comme la lumière des Gaules occidentales.

La conimunicalion que le commerce établissait entre les ports de laNarbonnaisc ou de Provence et ceux de l'Asie mineure facilita beaucoup la propagation de l'Evangile dans les Gaules. La lumière de la foi éclaira de bonne heure la Provence; puis s'étendant peu à peu elle parvint bientôt jusqu'à Vienne et à Lyon. Cette dernière ville, avantageusement située sur .le Pihône, n'était pas moins fameuse alors par son commerce qu'elle l'est aujourd'hui. Si l'envie d'amasser des richesses cnsiaçeait plusieurs personnes à courir les iMsques d'une navigation périlleuse, le désir dé gagner des âmes k Jésus-Christ faisait affronter à d'autres les mêmes dangers. Du nombre de ceux-ci furent la plupart de ces Grecs et de ces Orientaux qui reçurent la couronne du martyre à Tienne et à Lyon. S. Irénée, au rapport de S. Grégoire de Tours, fut envoyé dans les Gaules par S. Polycarpe , et l'on croit qu'il était accompagné de quelquesprêtres. Ses éminenles vertus le firent élever au sacerdoce par S. Paulin, premier évêque de^Lyon. En 177 lEglise dont il élait membre le députa vers le pape Eleuthère pour

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