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toujours à s’accommoder de la vie dès que l’on sait oublier les mauvaises heures, apprécier dans leur plénitude les avantages du moment, se persuader que l’on ne peut tout avoir ici-bas et qu'il appartient à Dieu de partager également entre les … hommes la somme des pläsirs et des » peines. |
Judith se trouvait heureuse de cette exis- | tence, dans laquelle l'affection de ses fils - compensait tous les sacrifices : mais - cette existence, Dieu, sans doute, la jugeait trop douce. Un jour, Abraham rentra de l'école avec un gros mal de tête, — un mal tel que, cette tête, il ne la soutenait plus; - Jes veux fixes, le regard vague, il ne parvenait pas à remuer le cou. Comme Judith le | couchait, il se mit à crier. Ce ne fut qu’un ‘ Cri — un cri affreux, affreux! — tout le - jour et toute la nuit. Abraham avait . la méningite. Suivit une semaine d’angoisse et de désespoir, durant laquelle 1 n'est rien que Judith n'offrit au Ciel
pour qu’il lui gardât Son : Abraham, Soi
parlerait pour lui, elle pouvait encore l'en-
mots, de telle sorte que personne, de pi
PQIES DE FEMM
la lumière de sa vie... Dieu Je Jui lai sa effet. Pourtant, que lui laissait-il au. uste Un corps à demi inerte... Abraham uét et recommença à manger et à dormir, il avait cessé de raisonner et de pa Abraham, le premier de sa classe, l'or des grands-parents, le futur rabbin, Abr ham était retourné à la toute petite e fance. Judith n'eut pas une plainte : son Abraham était sauvé, elle raisonneraït
tourer de sa tendresse et être aimée de lui, elle pouvait encore le rendre heureu — car si l'intelligence était morte chez fils, Dieu avait préservé en lui le cœur, cœur d’or, un cœur dont les yeux « l’innocent » disaient l'émouvante Treco!
naissance. Et «son innocent », Judi pressait sur son sein et il avait sa prédile tion, car il avait un besoin particulier de sa vigilance maternelle. Peu à peu, elle 1 renseigna à marcher, à s'habiller, à m ger, à gesticuler, à prononcer | quelqu
abord, ne s’avisait de son infirmité et qu
Ft
lui-même ne la soupçonnait pas. Au vrai, il paraissait toujours heureux, — beaucoup plus heureux que Giotto, lequel, s’il était sain d'esprit, était toujours inquiet, tou-
jours mécontent de tout et de tous. Ah! Ia
- tâche exigeait du temps et de la patience :
. eh bien! du temps et de la patience, Judith en avait!
Les jours s’écoulaient et Giotto et Benvenuto grandissaient, robustes, sages, res-
pectueux du père (ce à quoi Judith tenait fort), vouant à la mère une affection telle
qu'aucune mère n’eût pu la souhaiter plus vive, assez laborieux enfin pour justifier et au delà les espérances des grands-parents.
% Les résultats que les deux garçonnets obte-
naient en classe remplissaient de bonheur
4 humble foyer. La, dans un angle de Îa … pièce où ils travaillaient, un beau coffret,
qui était l’œuvre de Jacques, enfermait
… tous les glorieux témoignages rapportés de . lécole: le dernier certificat délivré à - Abraham avant qu’il ne tombât malade, les
vi ES DE
| dipiôines de Giotto et de Benvenh et éga lement les livrets qui enregistraient eur progrès. Ces livrets, quelle joie pou Judith! Chaque mois, elle allait elle-m les rendre au directeur... … & Pour se ren = gner », disait-elle : en réalité, pour s'en tendre répéter — tant il est agréable de s'entendre répéter les bonnes choses!
que ses fils étaient « des écoliers modèles Elle faisait toilette pour se présenter ch le directeur, et le. directeur, qui n’ét point dupe du naïf artifice, à l'éloge e fils joignait ses compliments à. “ adresse d la mère qui les élevait si bien. … :
Au OUR de ces visites, il semblait
ham, qui, lui aussi, faisait ce qu’il pouvait, 4 le pauvre! Puis, elle plaçait sous la serk. viette de chacun fl exemplaire qui lui reve- - naît et guettait l'instant où — avec Îles à æoh!», les «ah!» — commençaient les tendres remerciements de son petit monde.
3 Judith était réellement une mère heu- . reuse. Grand-père Abraham et grand’mère - Déborah le reconnaissaient, oubliant dans - leur fierté jusqu'aux torts de Jacques.
- Jacques n'était pas le modèle du galant - homme, soit : néanmoins, pour avoir des - fils comme ceux-là, il valait bien, ils en “ convenaient, de se résigner à une existence aussi tourmentée que celle de Judith.
"Qu'elle travaillait, hé! oui, ils avaient » fini par le savoir : toutefois, aujourd’hui, ls avaient compris que point n’était besoin « de lui en parler ni de déblatérer contre Jacques, et ils s’en abstenaient, se bornant l’assister dans la mesure de leurs moyens.
- Mais ils étaient vieux maintenant. II n’y
He
162 Ne. VIES DE FEMMES
avait que quelques années ce ADea Ron avait eu sa méningite lorsque, l’un et.
l’autre, ils moururent païisiblement, à une « semaine d'intervalle, dans la maison à 1 large terrasse, dans la maison qui avai abrité tout leur bonheur.
Jacques, peu d’années après, tomba malade à son tour. Comment? C'est un.
point qui ne fut jamais exactement éclairgi. Un inconnu l’avait déposé à l'hôpital.
Avisée, sa femme l’avait fait transporter à.
domicile : « Non, son mari, le père de ses fils, ne mourrait pas à Fusyis comme u étranger ». | |
Elle n’avait jamais contracté de dette pour les enfants, il fallut en contracter.
pour Jacques. Tous les soins furent d’ail-.
leurs inutiles et Judith resta seule à assu mer la charge de la famille. quand ses deux derniers entraient à peine à l’écol professionnelle. et 11 y avait Abraham...
Jacques, de son vivant, ne S'était pas beaucoup soucié des siens; cependant, i n'était pas sans mettre, par moments quelque chose dans le. ménage ; dans un ménage aussi serré, ce quelqu
Mas
… chose avait son prix. De même ce qu'y avaient d’abord mis papa Abraham et - maman Déborah. Tandis que, désormais, … Judith était seule, absolument seule à penser à tout.
Il est vrai que le rabbin l’aidait en lui assurant le montant des droits scolaires et en partie celui de son loyer et que la vieille dame du premier, outre qu’elle la gratifiait de certains vêtements déjà portés par ses . petits-fils, lui procurait régulièrement de nouvelle besogne : mais trois garçons à . élever, cela coûte si cher!
Judith dut vendre un à un «les bi] joux » »
qui dataient de son mariage et sacrifier le » peu d’argenterie dont Jacques lui avait fait … cadeau. Pour nourrir ses enfants, elle dut « souvent engager jusqu'à ses draps — et, - les draps ne suffisant pas toujours, il . arriva plus d'un soir qu'elle n'eut rien à . Jeur donner pour rassasier leur faim. Dans … ce cas, elle les réunissait autour d'elle, - entreprenait de leur raconter des merveilles sur tout ce que la vie leur réservait et - finissait par les persuader d'adresser à … Dieu un fervent appel que les petits, pour
anxieux qu'ils fussent, murinuY aient 40 confiance, entraînés par la foi de leur maman. Cet appel, ä demeurait très rare- « ment sans effet — et souvent la prière était à peine achevée que quelqu'un heurtait à.
l’huis. C'était le domestique de quelque.
opulente famille juive à laquelle Judith avait fourni les chemises pour «le daminian » (1) et qui lui envoyait les reliefs du repas. Au milieu des préparatifs et des. tracas de la journée, ses clients n'avaient pas songé que l’argent que Judith attendait.
d’eux était destiné à payer le boulanger ou le propriétaire. La fête à peine terminée, ils s'empressaient de réparer l’oubli en lui. envoyant galettes, salaisons, viandes fu- mées — et voilà des provisions pour une semaine entière. Et s’il ne s'agissait pas.
expressément 1ci de l'intervention de Dieu lui accordant le secours imploré, c'était bien sa foi et sa précieuse sérénité qui au
se:
(1) Chez les Juifs, «le daminian > est l'initiation religieuse du garçon atteignant ses treize ans; celui-ci. reçoit un trousseau pour la circonstance, et la fête familiale se célèbre à peu près comme celle qu’entraîne un mariage.
sein des pires difficultés, lui assuraient la sympathie de tous.
AU surplus, Judith avait raison : Dieu la protégeait, car, quelque lourds que fussent les embarras et les inquiétudes qui s’accumulaient sur sa tête depuis si . longtemps, ses bras n'étaient jamais fatigués. Son travail lui permettait donc de continuer à «pousser» ses enfants et c'était là son suprême orgueil. Le rêve de papa Abraham avait été que ses petitsfiis obtinssent un diplôme et, pour elle aussi, c'eût été un immense chagrin qu'ils dussent y renoncer. Ils étudiaient avec une si belle ardeur! En eux, le cœur était si bon ! Ils se montraient si reconnaissants!
…Benvenuto n’avait-il pas appris à coudre à la machine pour aider sa mère?
Parfaitement! — et, dès qu’il avait une minute de loisir, :l cousait, lui aussi, et ses coutures étaient si droites qu'une chemisière en aurait été jalouse. Sur quoi, Judith s'extasiait et bénissait le Ciel de lui avoir donné de tels enfants, pour lesquels il n’était vraiment rien qu'elle pût tonsidérer comme un sacrifice.
Il ent toujours Pers avo À:
ses mains les mains de la maman, dans ses yeux les yeux de la maman.
ne Benvenuto eut son diplôme de compte le et trouva un emploi avantageux. H gagnait . deux cents lires mensuellement et, en € * ‘temps-là, deux cents lites constituaient une somme appréciable. Judith. n avait “HE jamais imaginé aucun de ses fils ns, mi autant ne Elle ne cessait cependant pas de tra
Da
d’elle le babil de ses pe Hélas! Dieu en avait disposé autr
La 6 Van 4 < Phre v,7 g'ober A L + ALES - 4 ss l * PARCS 7] à à T & »
ment. Un jour, Benvenuto rentra de son bureau en toussant.
— Qu’'as-tu? |
— Rien, maman. Je tousse un peu.
Ca passera...
— Hé! cette toux ne me plaît pas:
allons voir le médecin.
— Inutile, maman... Ca passera.
Mais non, la consultation n'était pas inutile : la toux persistait et le médecin, constatant que Benvenuto avait quelqué chose « au sommet », jugea que le jeune homme était malade, très malade.
— Qu'est-ce que «le sommet »?
— C'est la région du haut du poumon.
Quand on ne respire pas largement, l’air n’y pénètre qu'avec peine. Dans un bureau, où l’on n’éprouve pas le besoin de respirer largement, «les sommets » s’aèrent difficilement et alors ils sont vite atteints.
et, dès qu'ils sont atteints, le bureau, 1l faut le quitter et partir aussitôt pour la
montagne, pour la mer. respirer à pleins poumons l'air pur.
-«La montagne? La mer?» Oh! les
pauvres économies réalisées sou à sou!..
santé. La te est le ben " ee pré cieux... Benvenuto, pars, pars tout de suite. 3 N’épargnons rien pour que ces sommets .
aient ce qui leur manque. Le médecin at juste : dans un bureau, les sommets ne res. î pirent pas. | :
one Ce n'était pas su es Qui aurait travaillé pour Giotto et :
pour Abraham? Giotto devait poursuivre … ses études. et Abraham, comment “ ae N ser?.…. ; de — Seul? Partir seul? Non. maman. ra J'attendrai plutôt la mort ici, auprès de toi.
— Non, Benvenuto, non! Tu partitas et tu guériras, Et puis, nous resterons à ensemble, toujours, toujours. jusqu'à ce :
que je meure d’abord, moi qui suis ta .
mère... Pars, pars. es Et Benvenuto alla à L. mer, nr à {à montagne. et les économies réalisées «pour le moment où il se. marierait »
fondirent comme neige au soleil et celles de la maman et celles de Giotto aussi... et.
«les sommets > ne guérissaient pas... Ils
. s’obstinent tellement, ces sommets, dès que le catarrhe commence à les ravager.… Pourtant, plus encore que de son mal, Ben-
mourir au nid, sous l’aile maternelle.
Ah! l'affreux, le terrible déchirement!
À combien de reprises Judith n'offrit-elle pas à Dieu sa vie contre la vie de Benvenuto, comme autrefois elle l'avait offerte pour sauver Abraham! Mais Dieu ne - pouvait pas exaucer sa prière. Jusque dans - son ciel les Benvenuto sont trop rares et » Dieu ne pouvait pas se priver de celui de Benvenuto était de mal en pis. Il ne se résignait pas à ce que sa maman le quitfât un instant. Il ne se résignait pas à ce … qu’elle le quittât, ne fût-ce que le temps de * lui préparer ses médicaments.
… «Maman, suppliait-il, ne t’éloigne pas!
. Hn'y a pas de glace, il n’y a pas d'oxygène - pour me rafraichir comme ta main, maman !… Pas de potion pour me soula- : ger comme ta voix, maman! Tant que + tu es près de moi, maman, tant que je - vois ton visage tranquille, je ne crains pas
JUDEFH . : 60
À venuto souffrait de l’isolement et il voulut
RS PT EN 9 DE AREA Late NT, A) er:
Re EE NOR ES £ ae RER RE LE TES
6 WT RER AE LE t
igo VIES DE FEMMES.
que la mort m'’arrache a 101 “Dé que < tu t'écartes, un poids m’étouffe.. le poids de tout ce que l'existence aurait pu être.
pour moi, le poids de tout ce que j'aurais.
pu faire pour toi! Maman, ne t'éloigne pas, ne t’éloigne pas! »
Alors, Judith ne bougea plus … chevet de son enfant, gardant auprès de lui ce visage dont la sereine confiance le récon-.
fortait si bien. Au début, elle avait continué de coudre, assise à côté de lui, ne.
s’employant d’ailleurs qu’à des ouvrages de grosse espèce et qui, sans absorber son.
attention, lui rapportaient encore quelque.
argent. Cependant, cela même devint, pénible à Benvenuto à mesure que son état s'aggrava : « Il eût toujours voulu avoir. dans ses mains les mains de la maman, dans ses yeux les yeux de la maman ».
Benvenuto s’étonnait à mi-voix, comme en se parlant à lui-même, qu'elle ne le sen-. tit pas, maïs la mère le sentit et ses main n'abandonnèrent plus celles de Benvenuto.
Abraham — dont le cœur était resté intact — Abraham apprit à allumer le feu, à.
manipuler les cataplasmes, à préparer les
" LE à
potages, pour laisser la mère toujours près
de Benvenuto.
Et Giotto, sans en rien dire, avait fermé ses livres et s'était procuré un emploi pour subvenir aux besoins de son frère. « Ne
vous souciez pas de la dépense, avait-il
recommandé. Le nécessaire, je le fourni-
D rai.
Aucune dépense ne fut en effet épargnée, aucune des ordonnances du médecin ne fut négligée.. mais Benvenuto mourut: il mourut tout près de sa maman, les mains
. de celle-ci dans ses mains à lui qui semblait vouloir les enserrer à jamais, dans l'oreille
la voix de la maman... cette voix qui le
» berçait dans une douce rêverie à la minute - même qu'il expirait.
Comme le corps quittait la maison, les
voisines, éscomptant le savoureux spec- … tacle d’une douleur désordonnée, d’une
Elles s’empressaient de lui apporter
… «leurs condoléances », lesquelles n'étaient au juste qu’une suite d'imprécations contre Dieu qui donnait la vie pour la retirer
bientôt, de lamentations sur les fatales e et k inutiles souffrances des mères, de passion- | à nés appels à l’action dissolvante et bien- x faisante du temps, de furieuses incitations à se révolter contre Dieu qui lui enlevait son fils au moment où celui-ci pere à l'aider.
Et les voisines — qui, connaissant Judith de longue date, savaient son amour « et son inépuisable dévouement pour ses enfants — les voisines demeurèrent stu-
“ea
pides en la trouvant absolument 4
dans le ball ken en. D ordre, au milieu des meubles dont l'irréprochable | propreté témoignait du soin qui continuait de présider à leur entretien : elles ne comprenaient pas, ces femmes, elles ne comprenaient pas une douleur simple libre de remords, supérieure aux lamenta tions et à toutes les simagrées.
Ainsi, «ces condoléances» n agréaient guère à Judith, qui n’en percevait pas le sens. « Maudire Dieu? Maudire Dieu à.
qui elle devait l'immense consolatio d’avoir eu un fils tel que Benvenuto? Die
le lui avait enlevé : elle ne le remerciait pas moins dans la plénitude de son âme
de le lui avoir d’abord donné... Benvenuto
commençait à peine de gagner son pain?
Hé! elle ne s'était pas appliquée à assurer à ses fils le moyen de s’instruire pour qu'ils gagnassent de l’argent, mais pour qu'ils fussent heureux... et ils avaient étudié avec tant d’entrain! Qu'avait-elle dès lors à regretter”. Le temps? Entre le temps et
- son chagrin, quel rapport? Elle ne souhai-
(x NS Le
tait nullement que le temps atténuât son chagrin : son chagrin venait de son souvenir. et le souvenir, c'était tout son fils en personne, tout son fils ressuscitant en elle...» Non, bien qu'elle ne s’arrachàt point les cheveux, elle ne voulait pas l’oublier, son Benvenuto. Elle ne loubliat pas
- un instant. Elle conversait avec lui, le
- consultant sans cesse.
C’est avec Benvenuto que, dés qu'il avait eu ses treize ans, elle tenait conseil
“ chaque jour. Pour elle, quelle fête que le
te “# \
« Daminian » de Benvento! Si elle avait du tôt apprendre à se conduire par ellemême, Judith n'avait jamais agi très vo-
re de sa seule initiative. Jusq f le cas où elle s’en pouvait passer, “if | plaisait si fort de consulter autrui!
Bien plus avec Benvenuto | Benvenuto s'intéressait de près à tout ce qui l’oca pait, à ses nouveaux clients, voire à le façon des chemises qu on venait de lui commander. : re Oh! il lui arrivait ne 2 de cos ter Giotto et lui non plus ne se dérobait pas et il était, lui aussi, de bon conseil, Mais avec Giotto, la maman se sentait un tantinet gênée, Giotto était si sérieux et considérait le monde avec des yeux tellement autres! Giotto ne ressemblait ni à elle ni à Benvenuto. Benvenuto étud it assidûment et au bureau il remplissait a tâche en conscience : pourtant, sa jour: R terminée, il ne se refusait pas les modestes diversions à sa portée. IL s'était insc parmi les membres d’une petite société dont il hantaït les réunions pour renc 1trer des camarades, déclamer, dan: É r occasion, et dans sq il En
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de voir autour d’elle de joyeuses figures,
“de coudoyer les amis de Benvenuto,
d’ouïr ici l'éloge de son fils. Parfois aussi, Benvenuto allait au spectacle -— au théâtre populaire, s'entend — et y conduisait la maman, qui s’y amusait tant qu’on parlait de la soirée pendant des mois.
Avec Giotto, rien de ce genre. Ses cours.
et la maison, la maïson et ses cours : il ne sortait pas de là. Libre, il travaillait pour son compte ou il dessinait ou il attaquait sa flûte. Des amis personnels, il n’en avait pas et, se complaisant dans sa solitude, il
ne se souciait pas de fréquenter ceux de
Benvenuto. Quant au théâtre, 1l n’y mettait jamais les pieds : le théâtre populaire
ne l’intéressait pas et l’accès de l'Opéra
était interdit à sa bourse.
Oui, la maman se sentait un peu gênée avec Giotto, dont elle craignait vaguement les conseils. Entre elle et lui, la dissemblance était trop marquée. Excellents en principe, les conseils de Giotto ne correspondaient pas assez étroitement à sa nature à elle. Tandis que Benvenuto était comme un double d’elle-même, plein de
| douceur et de confiance jusque
maladie. Benvenuto n'était plus ES mai elle n’ignorait pas quel eût été son avi dans telle ou telle circonstance et elle s’ référait à lui et non pas aux autres. Pu à l'interroger sans cesse, à réserver S.
place à table, à évoquer son souvenir ave un chacun, elle le maïntenait vivant prè d’elle, en elle et dans l'entourage. +
Benvenuto ne voulait pas voir pleurer sa maman, et Judith — quis était toujour gardée des larmes à son chevet, alors qu’ assistant à son agonie elle souffrait beau coup plus qu ‘aujourd’ hui à le savoir € tr les mains de Dieu — re ne “ el pas. Le. Au demeurant, il était de son devoi de penser à Giotto et de le distraire : 5 jeunesse a besoin de mouvement et.
gaieté et Giotto paraissait continû 1 mélancolique. Giotto qui était si bon Quelle attention ne méritait-il pas! Giott qui avait un moment interrompu se:
études (oui, la maman avait été informée qu'il avait interrompu ses por Le e.
sent, à elle de travailler pour que Giotto pôt rouvrir ses livres — et elle se réattela à la tâche avec ardeur.