VIES D
installation et à tout coup c'était pour trouver telle He telle particularité qui lui avait échappé la veille : alors d'appeler la maman pour avoir son AVIS... L'avis.
de la maman? La maman admirait, ete
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siée… et embarrassée. ER ass
. Sur le beau et le laid, Judith ee de
sens, étaient beaux les salons, rouge et or, de Pitti ou, par exemple, «les ss liberty » des devantures de la rue Cavour; :
quant à ce sombre bahut... ma foi, en au :
cun cas elle ne l'eût choisi, ni. celtes lugubre armoire dépourvue de: glace. Ces.
meubles, ils l'impressionnaient, ils Pinti.
midaient comme s'ils avaient appartenu Le
un étranger. Ils étaient du goût de Giotto.….
qu’ils fussent beaux. Ah! de Ia bibli
ment. La bibliothèque et les lampes, elle étaient l’œuvre de Giotto… et donc } d'hésitation : elles étaient belles...
ce Sorpre bahut et cette Sat à armoire...
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“JUDITH PR PE Er
int. à Giotto. Il avait tant d'esprit, . Giotto! | Restaient les Abe dont on usait » précédemment. Giotto avait songé à s’en L | dessaisir. Toutefois, Judith, s’y étant op- . posée, les avait entassés dans les deux . chambrettes qu’elle s'était réservées.
«C’est si bon d'espérer que l’on mourra > dans le lit où l’on a vu naître ses enfants, dans le lit où l’on a pleuré et où l’on a eu » aussi sa part de bonheur.» Pour ne pas à quitter Giotto, Judith se serait accommo- 4 D dée d’une soupente, voire d’un campement * à ciel ouvert. Cependant, puisqu'elle pouvait, sans se séparer de Giotto, puisqu'elle 4 uv mourir au milieu de ses meubles, » pourquoi se serait-elle privée de cette * satisfaction?
n Tout, dans l'existence de Judith, tour- - nait dès à présent au mieux. Intelligente, » calme, apte à comprendre et le fils et la ma- man, la fiancée de Giotto était exactement la femme qu’elle souhaitait pour lui. D’elle, | pas une visite qu’elle n’apportât à sa future . belle-mère quelque modeste cadeau — du + chocolat, un tablier. En s’attardant au-
près de Judith, elle s 'intéressait à sa clientèle et elle l’aidait à enfiler l'aiguille de sa. machine et elle intervenait dans la confec | tion des boutonnières difficiles à des yen fatigués. Bref, elle se montrait pleine d tact et d’attentions et Judith était encha tée de Sarah. Si les menues gracieusetés de ; ce genre agréent d’ailleurs à toutes es4 femmes, combien Judith, elle, n’en était.
elle pas touchée ! Ces gentillesses toujours inattendues, elle y discernait immanqua- | blement une faveur de Dieu. Les N’eût-il dépendu que d'elle, le mariage
aurait eu lieu sur-le-champ. Mais Giotto.
craignait terriblement la gêne et, natur pondérée, ne «s’emballait» pas à.
manière de la maman. Il ne se marierait qu’en ayant une petite somme devant lu Judith contribua évidemment, dans la mesure de ses moyens, à grossir le dépôt à la Caisse d'épargne, et le jour solennel
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la cérémonie à la synagogue, réception chez l'épousée. Bonbons, gâteaux et rafrafchissements à discrétion. Plus de soixant
po JUDITH 210 “personnes s’empressèrent à complimenter «Giotto et Sarah. Plus de soixante personnes, tous leurs collègues et même leur «chef de bureau, — lequel, galant jusqu’au bout des ongles, leur avait offert une pen- - dule au mécanisme fonctionnant dans le
. ventre d'une superbe Italie de bronze.
- Le coupie partit pour Gênes, Rome, «Naples... absolument comme dans les “voyages de noces dont parlent les romanciers. En route, ils descendirent dans les ' grands hôtels dont on lit « la réclame » sur les quais des gares et, de toutes les villes et de tous les hôtels, ils adressèrent à la “maman une carte postale illustrée. Et, de- -vant ces images, Judith — qui n'avait jamais voyagé ni désiré voyager — Judith demeurait bouche bée, comme si les ci- …tés et les palaces n'avaient été bâtis que pour contempler le bonheur de ses en- fants.
À leur retour, Judith, elle aussi, redt her elle. Réception intime, celle-là. Réception ne réunissant que les proches parents et les amis de choix, et à la fin de laquelle la maman remit aux jeunes époux
«une chanson», — une he qu elle avait fait reproduire cn lettres d’or sur ut papier transparent et que l’on auraît pris pour du parchemin. Dans cette chanson-Iè Judith suppliait le Seigneur de mainteni entre les époux lamour et la concor (c'est-à-dire de leur continuer la grâce plus insigne qu’il puisse octroyer au hommes) et elle suppliait sa bru de do ner une part d'affection à Abraham, — Abraham, «la première fumière de s vie », à Abraham, qui avait si profond ment besoin que l’on s’occupât de ll qu'on Île dirigeât et qu'un cœur Rose son Cœur. 4 Et Judith terminait sa chanson en disa
à Dieu qu'Il pouvait la rappeler à Lui la rendre à Benvenuto, à présent q Giotto et Abraham avaient auprès d’eu:
un solide appui : mais Dieu, voulant lu permettre de jouir du bonheur de s enfants, la laissa sur terre — et elle w encore. Elle vit entre Giotto et Sarah, dans l’aimable foyer dont l'élégance l'intimide un peu. Elle vit et chaque jour elle évoque les grandes joies qu’elle a eues dans son
Traduit de. l'Halien par Gaston CHolsy.
4 | . GILDA Dr (Turin. 1870-1900)
L'ingénue Gilda, la soumise Gilda, incapable de critiquer. osait tenir tête à sa mère, pour protéger ses sœurs.
È - Elles étaient cinq sœurs, rangées en bataille comme les tuyaux d’un orgue. Le père était banquier; la mère, fille aînée d’ un riche négociant. Celui-ci, trompé dans son espoir d’un héritier mâle, avait décrété que sa fortune serait divisée par parts “0 non entre les trois filles que le sort Jui avait données, mais entre leurs enfants ; du sexe masculin.
4 La mauvaise chance avait poursuivi
224 ne |VIES DE FEMMES.
Enrichetta, sa préférée : : elle 12 que des filles. : ee
Les cinq filles de Donna Enrichett:
étaient venues au monde au grand dépit de leur mère et de leur grand-père, et. bien . que Gilda, l’aînée, eût déjà quinze ans, ni la mère, ni l’aïeul ne s'étaient encor consolés qu’elle fût une fille. a nur
Cinq fillés! Cinq dots à donner et aucur héritage à espérer. Quels que fussent les gains de son mari, Donna Enrichetta éta fort préoccupée, et, à chaque nouvelle naissance, elle imposait à la. famille de nouvelles restrictions. Quand Gilda étai née, la maison Mantova possédait une voiture et des chevaux, des domestiques en livrée, un chef de cuisine et un magnifique appartement dans un palais à elle, . al milieu d’un des quartiers les plus éléga ant de la ville. Le chef avait été congédié de.
naissance des deux D
Pr
| son à chiffre qui venait invariablement deux | fois par semaine chercher la mère et les | filles pour les conduire au Corso ou les | mener faire des visites.
; «Le Corso», les « visites» étaient le - supplice des cinq fillettes, non qu'elles - dédaignassent ces distractions alors en vogue, mais à cause de la manière dont - elles devaient y paraître. Donna Enrichetta . professait des théories toutes à elle sur - l'économie et le gaspillage, sur le décorum - ct le luxe, sur lé beau et le laid: théories Ë qui ne : s'accordaient pas avec celles de la