‹ Vies de femmesChapitre 3 sur 22 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Mon espoir, c’est d'ameño- avec. ces .

vies un plus grand nombre de femmes — les meilleures — qui vivent ignorées dans les différentes parties du monde à raconter leur existence. D

L'histoire vraie de femmes normales écrite avec conscience pourrait avoir, je.

crois, une importance considérable pour .

résoudre la plupart des PEOREAES féminins. | 1]

D'un côté, ces histoires montreraient au public comment on peut résoudre pratiquement beaucoup des problèmes de la.

vie. De l’autre côté, le public y pren- ; drait un certain intérêt et les romanciers.

pourraient se résoudre à exalter des héroïnes moins provoquantes et moins fausses... et le cercle vicieux serait brisé.

Je ne me fais pas d'illusions. Je sais bien que la chose n’est pas facile, mais l'enjeu est assez beau pour qu'il vaille la peine de tenter la partie. C’est ce qui m’ À. déc. : dée à écrire ces trois vies. Ro

a GINA LOMBROSO: 0. .

Hioretre 1025. ..

TX je. one À * el, Fe AT PS :

CLARA ET VIC (Londres-Turin, 1875-1910)

Clara, nature inquiète et aventureuse, appuyait les projets de son père, et Vic qui aimait ce qu’elle avait et se défiaitt de ce qu'elle

n'avait pas se laissait entraîner par Clara.

… Clara avait quatorze ans, et Vic treize, “quand leur père, Giovanni Piccozza, prit

L à. ait dans Picadilly, pour retourner à son DA he A .

… pays natal de Rivara et y redevenir un ni: omme des champs.

lype curieux d’ancien paysan enrichi, le

é scrupuleuse, mais bourru, avare,

parti de céder le beau magasin qu’il

“signor Piccozza était un homme d’une pro-

rude et dont le despotisme — avec 0 es les qualités et tous les défauts du personnage — pesait lourdement sur la maison.

[1 devait sa fortune à la petite dot de sa.

première femme, Bianca Pearson, avec.

laquelle il avait ouvert à Londres ce magasin qui était encore prospère. Il n'avait pas aimé Bianca Pearson, trop différente de lui par sa naissance et par son caractère [1 lui avait fait une existence malheureuse, sans cependant jamais oublier ce, qu'il lui.

devait. | De ses gains, il avait toujours tait deux parts égales, une pour lui et une pour.

elle et les enfants qu'il avait eus d'elle, comme intérêt du capital qu'elle lui avait confié.

Après la mort de Bianca Fe 112 avait épousé une fille de son pays, Rosa, dont il avait eu Clara et Vic. Il a connu dès son enfance la famille de Rosa, 4 qui était la seconde fille d’un. maître d'école de Rivara, mort en laissant une nichée d'enfants sans ressources; elle .

n'avait pas un sou de dot, mais c'était pour cette raison que le signor Piccozza

MS Be SRE NM EN d'apt Se PRE De et PAT MAP AD FU

. l'avait choisie; il voulait sortir de la subor- « dination où il avait vécu avec sa première … femme, et, malgré sa passion de campa- … cnard pour l'argent, il tenait à ne plus “ avoir affaire à une femme ayant une dot.

é. Rosa, paisible et douce créature, s'était adaptée à une destinée qu’elle prévoyait … dure, pour ne pas être à charge plus long- … temps à sa sœur aînée, Joséphine, et pour “ venir en aide à un frère qui voulait entrer dans le commerce. Le signor Piccozza avait » aidé ce dernier comme il l'avait promis, - mais bien que Rosa eût été pour lui une . compagne utile, intelligente et économe, il . continuait à la traiter avec dédain, dédain - que justifiait, selon lui, le fait qu’elle était «sans dot» et où l’intime sentiment de « sa supériorité trouvait ample satisfaction. 4 Dans ce dédain, il avait jusqu’à un cerà tain point englobé Clara et Vic. Filles de ‘ Rosa, elles n'étaient qu’au second plan

dans son cœur, bien loin de Carlo et de | Pietro, les fils de sa première femme. Ceux- : ci, qui avaient hérité, étaient depuis des È années déjà établis en Australie, où ils ns étaient enrichis, et il continuait à parta-

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en 1 aide à “leur belle-mère et: dir

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par un château délabré S'a!

en avait appris la mise en ve achetée. es + pere faite, # ce

gré pauvre : de revenir à son oct : Ies traits d'un riche propriétaire.

manière. «S’ établir à Rivara, avec deux \ filles à caser ou à qui donner un métier, cela voulait dire les sacrifier. Une fois à Rivara, où il n'y avait ni téléphone, ni chambre de commerce, ni journaux, ni musique, n1 ecclésiastiques (le signor Piccozza était très pieux), le signor Piccozza - ñe manquerait pas de s’ennuyer. » Tout en La faisant taire sur un ton violent, le signor

— Piccozza reconnaissait en lui-même la ; JUS- tesse des paroles de sa femme, d’autant

* plus qu’elles correspondaient à ses propres

doutes, car il tenait à son magasin, où les

affaires lui donnaient beaucoup de satis-

faction; il tenait au chemin de fer, au télé

Phone auxquels il s'était rapidement habi-

tué. Il tenait au club où il retrouvait ses

amis et des hommes d'église avec qui il

discutait avec chaleur sur des sujets sacrés,

et puis, tout en faisant une différence en … faveur des garçons, il pensait aussi à ses filles, car il n’était pas dépourvu d’affection pour elles. Il aimait surtout Vic, | c'est-à-dire Victoria, ainsi appelée parce qu ‘elle était née le jour de lanniversaire | “#4 la reine, le jour aussi où, précisément,

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