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il avait combiné la meilleure ataite æ “si | vie. Enfin, malgré les colères qu'elle li.
inspirait, il n’était pas indifférent à fa belle Clara, qui osait lui tenir tête, mais que Jui enviaient et qu'admiraient ses amis. ‘ Si les. jeunes filles avaient pris le parti.
e leur mère, peut-être aurait-il fini par.
rester à Londres. Mais Clara, nature inquiète et aventureuse, appuyaïit de toutes. ses forces les projets de son père, et Vic qui,. par tempérament, aimait ce qu'elle avait nu et se défiait de ce qu’elle n'avait pas, se.
laissait entraîner par Clara. Et puis, l'idée de partir pour l'Italie ne pouvait manquer.
de sourire à deux jeunes filles qu avaient fait quelques études. Un voyage à l'étran-.
ger, en Italie surtout, donne un certain. prestige auprès des amis, prestige auquel Clara était loin d’être indifférente. L'idée enfin de s'établir dans cette fameuse Riva- à ra, dont, toutes petites, elles avaient entendu parler, achevait de séduire les deux.
enfants. Dans l'esprit de Chra, Rivara .
devait être une station climatérique comme.
Vichy ou Salsomags giore, où elle brillerait 4 ainsi qu'une étoile de prose grandeur.
| cé à un ami qui en on Dos prix.
Le moitié de la somme 1e envoyée aux
signor re ne sa famille se nee . vers le domaine enchanté.
# Celui-ci était perdu dans les Don pie . boisées du Canavesano, sur les confins du Val d'Aoste, à quelques kilomètres de … Rivara, ultima Thule de la vallée qu'un … chemin de fer rattache au monde moderne.
4 Dès l’arrivée, Vic fut dans l’enchante- Le ment. C'était son premier contact avec la à nature. Au milieu de ces bois, de ces prés, . de ces collines sauvages, si différents de la - cai. pagne peignée des environs de Londres, elle sentit s’éveiller en elle le vieux sang campagnard. Il lui semblait avoir découvert, sans avoir eu la peine de l’imaginer, le pays de ses rêves. Elle était ravie des aysans, ravie des heures qu’elle passait avec eux, toujours dehors à courir dans les . bois avec les filles du pays, à chercher des - champignons ou des fraises, à garder les … moutons. Elle revenait le soir, exubérante
était profond. Soit que ses souvenirs d'en=
Je père et pour Clara, le
fance l’eussent trahi, soit que le. chà- è teau eût vieilli avec les années, le signor Piccozza, malgré toute sa bonne volon:té, l’avait trouvé inhabitable, et, bien qu'’avare, il s'était résigné à dépenser pour le remettre en état une bonne part de Jar.
gent destiné à améliorer la propriété. Ces.
dépenses, la déception dont il ne voulait | pas convenir, la solitude, le regret. des - anciennes occupations et | impossibilité d trouver quelque satisfaction dans les : nouvelles, l’avaient rendu plus susceptible et plus irritable que jamais. re
Il ne rompait le silence que pour faire des scènes terribles, surtout sil s 'agissai: d argent, Rosa devait se mettre bien ce
sait. De doi d'adtts aurait-elle a Si les lointains beaux-fils ne Jeur av. ier
| ? envoyé nuelques subsides, la mère et les » filles auraient dû aller pieds nus. La pauvre Rosa était la victime résignée de son * mari bourru. Mais celle qui souffrait le plus, c'était Clara. Elle venait d’avoir - quinze ans. Grande, agile, robuste, avec de magnifiques cheveux d’un blond roux qui | tombaient sur ses épaules, à la mode » anglaise, on l’avait partout admirée et
| après avoir goûté ne joies raffinées du dre 4 mier épanouissement de la beauté, s’habi- - tuer à vivre au milieu des bœufs et des vaches? Il n’y avait aucune famille bour- geoise à Rivara. Le médecin et le pharma- | ien habitaient au village, à deux kilomètres de distance. On ne trouvait qu'une malheureuse maîtresse d'école, à demi | paysanne, et un curé rubicond qui s’occu- … pait davantage de ses vignes que de ses F paroissiens. | ee Clara Se plan se . toute
ss.
avec sa mère, elle commençait as plaindre : « Que ne l’envoyait-on. dans: u ville pour y terminer ses études? C'étai une affaire d'un an ou deux, puis. elle ne serait plus à la charge de ses parents, elk trouverait une situation; elle gagnerait S:
vie. » .
Au bout d’un an de plaintes Butiless elle déclara un beau jour que, si on ne.
voulait pas lui permettre d’aller terminer.
ses études, elle partirait tout de même e se tirerait d'affaire toute seule; elle se.
ferait institutrice, benne d'enfants, femm de chambre, maïs elle quitterait Rivara.
Epouvantée de ces décisions qu’elle sen:
tait irrévocables, Rosa eut une idée. J'ai.
dit qu’elle était le second enfant d'une .
nombreuse famille aux besoins de laquell avait pourvu l’aînée, Joséphine. Avec le années et l'éloignement, les relation:
étaient devenues plus rares entre les deu sœurs. Elles ne s'étaient pas revues, elle ne s’écrivaient même plus. Rosa. savai cependant que Joséphine était institutrice à Turin, dans une riche famille de da noblesse : peut- -être pourrait-elle- venir | |
GLARA ET VIC, 25 - aide à Clara. Elle lui écrivit donc.
Clara, bien entendu, savait très bien l’anglais ; elle parlait le français (à Rivara qui est sur les confins du val d'Aoste, on parie
… français), elle jouait assez bien du piano.
Joséphine pourrait-elle lui trouver à Turin une place au pair, de façon qu'elle pût finir ses études?
Joséphine répondit par retour du courrier. Elle était toujours la même Joséphine — heureuse comme d’un cadeau à recevoir, si elle pouvait être utile à quelqu'un. Elle était ravie à l’idée d’avoir la fille de Rosa auprès d'elle. Entrer au pair dans une famille et achever ses études était impossible, mais si Clara venait à Turin, les contessine de Montebello, dont Joséphine faisait l'éloge pendant toute une page, lui offriraient l'hospitalité à son arrivée; puis
|a tante s’arrangerait pour trouver une
“pension où la nièce se fixerait. Elle avait déjà en vue un couvent dont la supérieure
“ était une de ses amies. Elle connaissait
aussi le directeur des Ecoles normales : elle 2 chercherait à y faire entrer Clara. Plus tard, quand elle aurait un brevet, Clara
de ot. en mesure. de me C qu ‘elle voudrait. de
drait à ét elle y “habiterait ch . comtes de Montebello. Le séjour d ans
pensé . tôt ? - Au see avec le “de ana ut
Le voulait se me | libre à elle. Quant à lui, bien ent A ne donnerait pas un sou, pas un seu
ICEARA ET VIC à to
2. Vic et sa mère pleuraient en silence, tan-. . dis qu'elles entendaient tomber les paroles … du père qu'elles savaient irrévoca-
| bles.
k « Etait-il juste que e tante oh eût Ja responsabilité de tout ? Fallait-il qu’elle ; eût cette charge, tandis qu’ils possédaient, LL , des bois au soleil, des champs et des . maisons P » Ainsi pensaient dans leur et À froi Vic et sa mère ; fnais Clara ne se sentait nullement démontée. Sa mère n'avait - rien à craindre. Elle ne demanderait pas de l'argent à son père. Elle ne retournerait … pas à Rivara, et elle ne serait pas trop à | charge à sa tante. Les contessine lui of- fraient l'hospitalité. Elle s’efforcerait de
4 Bu être utile. Une bouche de plus dans
1 une grande maison, ce n’était pas grand
. chose.
…—. Pour payer son voyage et lui or le
- peu d'argent nécessaire aux premières
4 D cnées la mère eut recours au petit ma-
… got de ses beaux-fils, et Vic sacrifia ses
… poules, l'unique ressource personnelle dont
… elle disposait. Que de calculs avaient fait
cependant Vic et sa mère, au sujet de
Elle était toujours 7e même ta
Joséphine.
… elle était Ia protégé d’une vante. Dès lors qu'elle ne vo ae D rentrer à Rivara, baisser la tête. LS
“sèm hésitante et interdite devant ele, Clara s'était imaginé qu'elle allait trouver dans la seconde mère des contes- » sine de Montebello, une lady pleine de - dignité et d’allure, drapée dans un coûteux vêtement de velours: elle avait imaginé - qu’elle l’apercevrait assise avec ses filles adoptives dans une magnifique calèche de maître, avec un valet de pied à la portière qui ferait signe à Clara de monter. Elle ne pouvait reconnaître sa protectrice dans ‘humble personne menue et effacée, qui, perdue dans une cape noire, l’attendait modestement à pied. j
« Aujourd'hui justement les contessine vaient une invitation et elles n’ont pas pu ne prêter la voiture », dit la tante en monant avec les valises dans un fiacre qu’elle êta aussitôt, quand elle eut la certitude que Clara était la nièce attendue. « Tu verras, elles sont très aimables. » Clara ronça les sourcils, mais ne prononça pas e parole.
Elles arrivèrent au palais, qui se dressait
VIES DE FEMMES | ne
dans un des meilleurs ne de la ville. :
Cependant elles ne s’arrétèrent pas sur Va place en face de l'entrée principale, mais 3 dans une petite rue latérale sur laquelle :
s’ouvrait la porte de service. Nul domestique en livrée ne se précipita pour aider les deux dames à descendre, quand la voiture s'arrêta. La tante paya le, cocher, prit sa clef pour ouvrir la porte, et elle :
s’apprêtait à monter elle-même les valises de sa nièce, quand Clara, interdite, s'en aperçut et les lui prit des mains. A Elles gravirent l'étroit escalier de service 1 et arrivèrent, sans avoir rencontré Lo sonne, à la chambre de « Mademoiselle ».
C'était le titre officiel que l’on donnait. à la tante chez les Montebello. La pièce était. vaste, bien meublée, mais sombre et triste.
Aucun bruit n'y montait de la ville et les fenêtres donnaient sur le jardin.
Au bout de quelques minutes la cloche du déjeuner se fit entendre. A — Je ne peux pas rester avec toi, dt he.
tante, parce que les contessine ne veulent pas prendre leur repas toutes seules. On te.
servira ici. En attendant, tu pas Lie
PRES 3 HSE SEPT EL Rert PU
CLARA ET VIC eee tes affaires dans la commode. J'ai vidé - pour toi les premiers tiroirs.. Tu cherches - Je lit ? Je te le dresserai ce soir à l’aide du divan.
4 La tante sortit, et Ctares Her seule, 4 consternée, prête à fondre en larmes. Elle avait donc quitté la pénible solitude de - Rivara pour venir vivre, cachée comme la 4 fille d’une servante, dans la chambre de sa e tante? C'était là l'hospitalité que les - comtes de Montebello offraient à 1a nièce 4 de Mademoiselle ? Autant ne rien offrir - du tout.
; Un domestique entra, silencieux, après + avoir frappé en vain ; il apportait le dé- - jeuner sur un plateau. Clara le renvoya
avec dédain, en expliquant qu'elle avait déjà pris quelque chose au buffet de la gare. Et elle aurait voulu ajouter : « Je n'ai pas besoin que les comtes de Monte- = bello me fassent la charité ! », mais elle se tut.
- Quand « Mademoiselle » revint, Clara était immobile sur le divan, dans la posi- … tion où elle l’avait laissée une heure au- » paravant, les valises encore bouclées. :
2 VIES DE FEMMES Fe
— Es-tu fatiguée ? Veux-tu te reposer | sur mon lit ? Veux-tu sortir avec moi ? Les contessine de Montebello t’offrent la voiture de trois à quatre heures. C’est fort à aimable de leur part, car elles tiennent beaucoup à leur cheval ; il est magnifique, en effet ; tu verras. En une heure, nous.
pourrions voir les choses principales de Ha ville... se Clara n'était pas fatiguée, ais elle ne.
tenait pas à voir la ville, ni à aller en voiture. Elle préférait sortir à pied. Elle souhaitait qu’on l’accompagnât jusqu'à l'Ecole normale et puis aussi jusque chez les sœurs dont sa tante avait parlé dans sa lettre, et où elle pourrait prendre pension. … Il lui tardait de regagner le temps perdu.
Petite tante (ce fut ce jour-là même que Clara lui donna ce cher petit nom qui lui 4 resta toute sa vie), Petite tante fut volon- . tiers de son avis, d'autant plus que ce n'était qu'à grand’peine qu’elle avait obtenu des contessine l’autorisation d’avoir sa nièce dans sa chambre, comme aussi d’avoir la voiture pendant une heure.
« Comme elle était sage, cette nièce! Tout
DR ER AT A Ars PMR TS Ts.
CÉARA ET VIC 33
à fait Rosa ! Elle allait certes l’accompa-
gner jusqu'à l’école et jusque chez les sœurs, mais il fallait sortir tout de suite, car à quatre heures les contessine donnaient un thé auquel « Mademoiselle »
devait assister. »
Elles se rendirent aussitôt chez les reli-
gieuses où elles eurent un entretien avec la
. supérieure, une Vieille amie de la tante.
La supérieure les introduisit dans le dortoir des élèves de l'Ecole normale. Justement un lit encore y restait disponible. C'était une salle immense, triste et froide, avec de hautes fenêtres grillées qui ne donnaient qu’un jour gris. A l’un des
. murs s’accotait une vaste cheminée « que . les demoiselles, dit la supérieure, peuvent
allumer quand elles ont froid », mais qui semblait bien n'avoir jamais vu le feu.
. Chaque élève avait un lit, un siège, une - petite armoire ; 1l n’y avait qu'une seule
lampe au centre de la pièce, et une seule grande table; sur la paroi du fond étaient
- des lavabos de fer et, au-dessus des lits, six - affreux chromos de saints.
Elles passèrent dans le réfectoire qui
dé ie Fi mêlée à une DT d’acide phénique re
Petite tante apDror 60 Petite ta qui n'ignorait pas les rigueurs de 1 vreté absolue, Petite tante qui av la faim et les angoisses ue fa ue
même genre ou ne ttes À | lhabitation était un vieux. châtea tauré du mieux qu'on avait pu, na ne de ce couvent, 4 était un v
Æ # (ps
pension plus: luxueuse, et elle approuva sans ajouter un mot.
. Petite tante sortit très satisfaite du:
couvent. La supérieure se contentait de
soixante lires par mois, parce qu'il s’agis-
sait d’une bonne œuvre et d’une vieille amie d'enfance. Il faudrait cinquante autres lires pour les frais d’études, les livres, le blanchissage, les petites dépenses supplémentaires, l’ensemble pourrait monter à cent dix lires par mois, et il ne serait pas
nécessaire d’avoir recours aux contessine
Montebello. Elles étaient très bonnes les contessine : quelle que fût la somme dont elle eût besoin, elles la lui auraient donnée aussitôt sans lésiner, mais venir en* aide aux mièces était une autre affaire ! Et
Petite tante se dirigeait à la hâte vers - lEcole normale, en faisant ses réflexions à
haute voix, sans qu'elle s’en aperçût.
Elle se présenta presque tremblante au
directeur. «C'était une requête un peu
irrégulière, celle qu'elle allait lui sou-
… mettre, elle le savait, une requête embar-
“rassante, exagérée.. Non, Clara n'avait pas de certificats. En Angleterre elle avait
postes au couvent par aie ‘a par compassion. Comprenant }
qu'elle ne pouvait rien dire, ni elle se taisait. He De decale aussi la tante 0 ot
“Et de trottait, êile ab