‹ Vies de femmesChapitre 5 sur 22 · TER · texte numérisé non relu

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CLARA ET VIC 37 ans, Pautre six. Elle était si bonne aussi, leur nraes 1 Ella avait une maladie de cœur. Pendant des mois « Mademoisene l’avait soignée ; elle était morte dans ses . bras; et, avant de mourir, elle lui avait demandé de rester avec ses filles jusqu’à leur mariage. Elles avaient tant d’af- - fection pour « Mademoiselle » ! Plus que - pour leur maman. Elles habitaient alors dans leur château de Châtillon. Puis les … fillettes étaient devenues de grandes et élé- . gantes jeunes filles; elles avaient désiré venir habiter la ville, et le comte l'avait bien voulu. À Turin leurs manières avaient > un peu changé, assurément ! C’est ce qui arrive presque toujours aux Jeunes filles.

Elles changent vers quinze ans, quand elles commencent à voler de leurs propres ailes. Cependant les petites comtesses lui - étaient restées plus affectionnées que si elles avaient été vraiment ses filles. Non vraiment; elle ne pouvait pas se plaindre;

se tut ; elle était arrivée au palais.

Comme le matin, la tante et Ia nièce entrèrent par la porte de service et, comme

le matin, elles montèrent par éstalier-d |

service dans la -chamhese met de 4 . mrauet1101setie ». | ne

— [] faut encore que je te les. Ho bien vite à ta maman ! Elle doit être dans l'inquiétude, Dis-lui la chance que nous avons eue, et que tu pourras entrer des demain à l'Ecole normale. Ah ! comme elle.

aurait été heureuse, ta maman, de pouvoir aller à l’Ecole normale ! Mais alors, il m'était tout à fait impossible de lui venir en aide. Je vais te faire monter une tasse F4 de thé, tu dois avoir faim après le voyage | et la promenade. Le domestique qui t ape portera le thé pourra mettre ta 1eture 2 à la poste ! a

Clara n’eut n1 la force d'écrire, n1 celle de renvoyer le domestique qui lui apportait son thé. Comment renvoyer-cet homme ?.

Elle était la fille d’une servante, la protégée d’une servante... et dès lors qu’elle ne vou- : lait pas rentrer à Rivara elle n'avait ue à baisser la tête. no. .

Le matin suivant, Clara pria sa : tante. ii la conduire au couvent. Le couvent. était a horrible, bien plus horrible que la chambre ee

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de la tante, mais là au moins elle serait parmi ses égales. Pas de serviteurs en Hvrée pour la regarder avec commisération, pas de mauvaises petites comtesses dont il . lui fallait entendre continuellement l’apo- : icg'e, et puis elle aurait un ht, un Ht sur . lequel elle pourrait pleurer et gémir sans - que personne l'entendit.

; C’est ainsi que le lendemain du jour où » elle y était entrée, Clara quitta la maison … des Montebello, sans même avoir aperçu Eles contessine ; sa tante l’accompagna en 4 cachette et à la hâte. Il fallait qu'à dix » heures elle fût de retour pour assister au * massage de ses jeunes maîtresses.

Clara avait beaucoup de travail à 3 l'Ecole normale, et elle ne s'y plaisait 2 guère. Il y avait de nombreuses matières qu’elle n'avait jamais abordées ; les mé- - thodes étaient fort différentes de celles de … Londres, et puis. pas de tennis, aucun de ces exercices de sport où elle excellait. Ses compagnes, ses maîtresses, avaient d'autres goûts qu’elle et que ses anciennes - amies de Londres ; mais elle comprenait - qu’elle devait se mettre à l'unisson des

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40 VIES DE FEMMES = autres pour sortir de ‘sa détresse, et. +.

travaillait. .

Sa tante venait quete la voir, de.

bonne heure le matin, avant que Clara ne partit pour l'Ecole normale ; elle lui de … mandait comment elle allait et ce qu’elle désirait ; elle lui apportait parfois des billets pour des concerts, qui d’ailleursne tentaient guère Clara, et puis elle partait contente, s’imaginant que Clara était .

heureuse. |

Un jour elle arriva toute rayonnante.

La baronne de Rivarolo demandait une walking miss. « Mademoiselle » lui avait … proposé Clara. Il s'agissait d'accompagner à la promenade les demoiselles Rivarolo deux après-midi par semaine. Clara conti-. :

nuerait ainsi à faire de l’anglais, et elle . pourrait gagner quelque chose. À

Clara, refroidie par le peu d'accueil que lui avaient fait les contessine de Montebello, n’était guère tentée de recommencer l'épreuve avec les baronessine de Rivarolo, leurs amies. [l lui sembla aussi que sa tante recourait à ce moyen pour essayer de se .

débarrasser des lourdes dépenses qu’elle

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faisait pour sa nièce. Mais elle ne dit rien, et elle accepta.

Clara cette fois se trompait tout à fait.

Petite tante était incapable d’une pensée égoïste, et la situation de walking miss qu'on lui offrait était fort différente de celle de nièce d’une pauvre demoiselle italienne. Les baronessine de Rivarolo l’accueillirent aimablement, l’invitèrent quelquefois à prendre le thé en dehors des leçons, et celles-ci furent pour Clara le seul rayon de se dans sa vie grise de cette année.

Au bout de l’année scolaire, Clara n'avait que deux partis à prendre : ou retourner à Rivara, ou rester dans cet horrible couvent. Elle se mettait l'esprit à la torture pour trouver la solution qui lui dé-

- plairait le moins, quand il vint aux baro- - nessine la merveilleuse idée de l'inviter

avec elles à la mer. Elles étaient en deuil cette année-là ; elles vivaient très retirées La baronne désirait leur donner une insti-

voudrait-elle ue ‘d'être leur pagne P

Clara accueillit l'invitation avec joie. L:

tante fut, comme à l'ordinaire, enthousiaste et exubérante. er

« Mais tu ne sais pas, Clare comme il est rare que deux jeunes filles qui ne son pas jolies osent emmener une jeune fille joke comme toi et d’un rang inférieur.

Tu es vraiment née sous une bonne étoile et tu ne t’en doutes pas.» er

Petite tante avait raison. C lara n avait | aucune idée de la chance qui s'offrait, elle qui était désormais persuadée que le destin lui était contraire. Fe

A la mer, la walking miss se trouva dans son élément et elle redevint la splendide Clara de Londres. Elle nageait admirablement, menait une barque comme un pécheur, jouait au tennis comme un champion. Bientôt les baronessine devinren folles d’elle, car elle avait, en plus du reste une imagination ardente pour inventer des jeux, des courses, des amusements. Vers la

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