Ibid
Cf. : '< La bonne musique n'est que notre émotion. » (Vie de Rossini.)
PREFACE XV
Tout cela charmant un cœur inoccupé devient fade et n\û c{uand une passion le remplit ^. »
C'est donc à son « état habituel d'amant malheureux » que Stendhal a dû son besoin de la musique et son adoration reconnaissante pour elle, l'amie fidèle qui console des trahisons de l'amour. Il écoute sa voix « qui va droit au cœur, sans traverser, pour ainsi dire, l'esprit » ; et cjuoiqu'il ne puisse traduire en des mots ce qu'elle dit, tout ce qu'elle dit lui est clair. « Les combinaisons des sons représentent toujours, avec force et clarté, un sentiment, une âme, un caractère ^. Rien n'égale l'évidence de ce langage ^ ». Aucun homme de lettres n'a rendu hommage, comme lui, au privilège de la langue musicale, qui seule peut exprimer les nuances fugitives du cœur, dans son changement éternel :
u Dans les instants de peine et de bonheur, la situation du cœur change, à chaque seconde. Il est tout simple que nos langues vulgaires, qui ne sont qu'une suite de signes convenus pour exprimer des choses généralement connues, n'aient point de signe pour exprimer de tels mouvements c{ue vingt personnes peut-être sur mille ont éprouvés... Les -âmes sensibles ne pouvaient donc se communic|uer Jeurs expressions et les peindre. Sept ou huit