‹ Vies de Haydn, de Mozart et de MétastaseChapitre 11 sur 129 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

hommes de génie trouvèrent en Italie, il y a près d'un siècle, cette langue qui leur manquait. Mais elle a le défaut d'être inintelligible pour les neuf cent quatre-vingt personnes sur mille qui n'ont jamais senti les choses qu'elle peint ^ ».

On entend bien que ce défaut est pour Stendhal une qualité de plus, et que la musique lui est d'autant plus chère qu'il se flatte d'être du petit nombre qui reçoivent ses tendres confidences. La musique est la langue d'une aristocratie du cœur et de la volupté. Une élite la comprend. Une élite plus restreinte encore la parle. A vrai dire, elle se réduit, pour Stendhal, à trois ou quatre noms :

« J'avouerai que je ne trouve parfaitement beaux que les chants de ces deux seuls auteurs : Cimarosa et Mozart, et l'on me pendrait plutôt que de me faire dire avec sincérité lequel je préfère à l'autre... Paisiello me semble de la piquette assez agréable ^. »

Joignez-y Pergolèse et quelques poetse minores de l'art du bel canto, à la fin du xviii^ siècle, — plus tard, Rossini, qu'il ne découvre cju'après 1813 et cjui, bien que Stendhal ait peine à se défendre contre sa séduction, n'obtient de lui que le troisième rang, — « surpassé de bien loin par Mozart dans le genre tendre et mélancolique, et par Cimarosa dans le style comique et passionné ^. »

Cette demi-douzaine de chantres mélodieux,

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