THE AUTHOR
Préface
Lettre pe. Maison de Haydn ; - la petite vieille ; la larve de Haydn ; - mélancolie qu'inspire la vue de ce grand homme ; - description de Vienne ; le Prater et Haydn ; - les femmes de Vienne ; les mœurs et le gouvernement favorables a la ^
musique
Lettre H. - Lulli ; - les ouvertures ; - la Cène de Paul Véronèse ; - les troubadours ; — 1 orchestre de rOdéon ; - Rameau, - Scarlatti, - ^^
Pleyel ; — la symphonie
Lettre III - Naissance de Haydn ; - son père, charron et musicien de village ; - Frank, cousin du charron, premier maître de Haydn ; - Haydn chante au lutrin à Ilaimbourg ; - cerises qui lui apprennent à triUer ; - devient enfant de chœur
à la cathédrale de Vienne ; — son extrême assiduité au travail ; — les plaisirs du musicien qui compose ;
— ses avantages sur le poète, le peintre, le sculpteur, l'architecte, le guerrier ; • — - avis à nos femmes sentimentales ; — ôter ses souliers, signe de plaisir ;
— les lancer en l'air, extase complète 27
Lettre IV. — Première messe de Haydn ; — sa pauvreté extrême ; — il travaille seul à apprendre le contre-point ; ■ — ■ Porpora ; — Haydn se fait son jockey pour en tirer quelques bons conseils ; — il y gagne d'apprendre à chanter dans le grand goût italien ; — son originalité se développe 35
Lettre V. — Haydn chassé de Saint-Etienne après onze ans de service ; • — le perruquier Keller devient son protecteur ; — petites sérénades qu'il exécute la nuit, et qui lui font donner un ojjéra à composer ; - — la tempête du Diable Boiteux ; ■ — • il donne six trios ; — la nomenclature de la musique ; — insurrection générale des pédants, heureuse pour Haydn ;
— il loge avec Métastase ; — fait des symphonies ;
— entre chez le prince Esterhazy ; — compose pour le baryton ; — épouse la fille du perruquier Keller ; - — mademoiselle Boselli 43
Lettre VL — Distribution du temps de Haydn au fort de son génie ; — caractère de ses ouvrages ;
— mot de Mozart sur nos opéras-comiques 55
Lettre VIL — Le jeune Italien des îles Borromées ; ■ — le caractère italien comparé au caractère français ; — la gaieté et la mélancolie ; — le bon ton français ; • — le salon de madame du DelTant ; — le café de Foy ; — influence comparative des caractères des deux nations sur leur musique G3
Lettre VIII. — Anecdote encourageante pour l'étude des beaux-arts ; — on apprend à sentir ; — secrets de la composition de Haydn ; — du chant ;
— romans qui guidaient Haydn dans la composition des sj'mphonics 71
Lettre IX. — Suite des jugements sur le style de Haydn ; ■ — considérations fort peu savantes sur la musique 91
Lettre X. — Les Sept Paroles ; — symphonies pour
les jours saints 105
Lettre XI. — Gaieté et vivacité de Haydn ; — il pouvait porter le comique dans la musique instrumentale ; — symphonie comique ; — anecdotes. . 109
Lettre XII. — Opéras de Haydn ; ■ — leur mérite ;
— plaisir donné par la musique, différent du plaisir que cause la peinture ; — en quoi 117
Lettre XIII. — De la mélodie ; — du chant chez les différentes nations ; — Haydn en manque dans ses opéras 125
Lettre XIV. — Lettre adressée à l'auteur sur l'école de Naples ; — Scarlatti, - — Porpora, — Léo, — Durante, — Vinci, — Pergolèse, — il Sassone, — Jomelli, — Ferez, — Tractta, — Sacchini, — Bach, ■ — Piccini, — Paisiello, — Guglielmi, — Anfossi 133
Lettre XV. — Nouveaux détails sur la vie de célèbres compositeurs ; — Haydn, — Gluck, — Sarti, — Cimarosa, — Sacchini, — Paisiello, — Zingarelli ; — bague de Haydn ; • — mort du prince Nicolas ; — trait de ridicule fort précieux de la part d'un amateur parisien ; — la mort de mademoiselle Boselli décide Haydn à faire un voyage à Londres ; — anecdotes sur son séjour dans cetle ville ; — second voyage de Haydn à Londres ; — mademoiselle Billington ; — l'Ariane abandonnée ;
— son retour ; — sa fortune 141
Lettre XVI, — Les messes de Haydn ; — Palcstrina, — Durante ; — aventure de Farinelli et de
Scncsino ; — les brebis musiciennes des îles Borromécs ; — caractère des messes de Haydn ISS- Lettre XVII. — Petit avertissement 1711
Lettre XVIII. — Réflexions un peu amères ; — Tobie ; — la Création ; — détails sur l'oratorio ;
— Ilœndel ; — la Destruction de Jérusalem ; — imitation physique de la nature par la musique ;
— imitation sentimentale ; -^ musique pittoresque ;
— examen de la Création 173^
Lettre XIX. — Succès de la Création ; — la machine
infernale ; — les moments de plaisir et de peine ne laissent pas de souvenir distinct ; — anecdotes ; — du beau en musique ; — du beau idéal en général. . 195-
Fragment de la réponse à la lettre précédente 209
Lettre XX. — L'oratorio des Quatre Saisons ; — histoire de Stradella et d'Hortensia ; — comparaison des principaux musiciens avec les peintres
les plus célèbres 213-
Lettre XXI. — Dernières années de Haydn ; — la messe de l'Institut ; — touchante célébration du jour de la naissance de Haydn, chez le prince Lobkowitz 229'
Lettre XXII. — Mort de Haydn ; — sa piété ; — son héritier ; — son épitaphe ; • — ■ des artistes du jour 235'
Catalogue des œuvres de Haydn 245
Lettre 253.
Chapitre l^"". — Son enfance ; — ses étonnantes dispositions ; — ses succès à l'âge de six ans ; — • voyage à Vienne ; — il vient à Paris à l'âge de sept ans, y joue dans des concerts publics, et y compose ; - — il va à Londres, y joue des symphonies de sa composition ; — continue ses voyages à
Xia Haye, à Amsterdam ; — retourne à Salzbourir ;
— son séjour à Milan, — à Rome ; — Miserere do
la chapelle Sixtine 255
"CiiAPiTnE II. — Suite des merveilles de son enfance. . 275 ''Chapitre III. • — - Mozart vient à Paris dans l'intention de s'y fixer ; — il quilte cette ville au bout de dix-huit mois ; — Idoménée ; — la Flûte enchantée ;
— liste de ses œuvres ; — son portrait ; — son caractère ; — son aventure au théâtre de Berlin . . 279
''Chapitre IV. — ■ Habitudes de Mozart ; — ■ anecdotes 289
CiiAPiTr.E V. — Son désintéressement ; ■ — son traitement à la cour de Vienne 295
■Chapitre VI. — La femme de Mozart ; — singuliers pressentiments de ce grand artiste ; — son extrême application au travail 299
'Chapitre VII. — Comparaison de la Flûte enchantée et des Mystères d'Isis ; — le fameux Requiem ; — ■ mort de Mozart 307
Lettre sur Mozart ; — caractère de sa musique. . . . 315
■p^ lettre. — Manière dont on doit envisager ses ouvrages ; — l'Olympiade ; • — musique de Pergolèse 327
II® lettre. — ■ Son génie comparé à celui des autres grands poètes de l'Italie ; — ■ la Canzonnetta a
Nice ; — • quelques détails sur sa vie 357
iLETTRE sur l'état actuel de la musique en Italie. . . . 373 JDédicace 405
fin de l.v table
NOTES Eï ECLAIRCISSEMENTS
Lettre Première
Page 9. AJoti ami,... — Sans doute, dans la pensée de Stendhal, son fidèle ami d'enfance Louis Crozet.
Page IL ... la larve grossière sous laquelle... — Edit. 1814 : le larve grossier sous lequel...
Page IL ... par che si sdegni. — Les cités meurent, les royaumes meurent... Et il semble que l'homme s'indigne d'être mortel !... Les éditions de 1814 et de 1854 donnent : cadono au lieu de muojono. Nous rétablissons le vrai texte du Tasse. Cette citation est déjà dans Corinne.
Page 11. ... jusque dans les salons de Paris. — Tout ce début, y compris l'allusion au papillon de Platon, est tiré de la lettre première de Carpani, datée de Vienne, 15 avril 1808. Par contre, la charmante description de Vienne et l'intéressant développement sur la société viennoise appartiennent en propre à Stendhal.
Lettre II
Page 17. ... e quasi assorto. — Moi, pèlerin errant, ballotté au milieu des écueils, presque englouti sous les eaux.
Page 18. ... enfin le copiste fidèle de sa musique. — Tous ces noms propres, cités par Carpani, sont plus ou moins défigurés dans les éditions de 1814 et de 1854.
Page 19. ... V ingrat chef -d' œuvre d'un bon harmoniste. ■ — - J.- J. Rousseau, Dictionnaire de musique, article Fugue.
Page 20. ... un esclave turc de la trompette. ■ — Cf. Lettres de Ch. de Brosses, lettre XVII : «Au devant du tableau, dans le vide de l'intérieur du triclinium, le Titien joue de la basse, Paul [Véronèse] joue de la viole, le Tintoret, du violon, et le Bassan, de la flûte, par où il [le peintre] a voidu faire allusion à la profonde science et à l'exécvilion lente et sage du Titien, aux brillants et aux agréments de Paul, à la rapidité du Tintoret et à la suavité du Bassan » (édition Romain Colomb, tome I, page 209).
Page 21. ... r admirable orchestre de VOdéon,... — On jouait alors à l'Odéon ropéra-boufîe italien ; Angéline Bereyter, une des amies de Stendhal, chantait à ce théâtre.
Page 22. ... depuis longues années :... — Conforme aux éditions 1814 et 1854.
Page 22. ... des concertos de voix,... — Sonatine di gola. (Carpani.)
Page 25. ... donner le même mouvement... — Edit. 1814 et 1854 : donner le mouvement. L'errat. de 1817 donne la vraie lecture : le même mouvement.
Page 25. ... Beethoven... — C'est la seule fois que le nom de Beethoven est cité dans le cours de cet ouvrage. Stendhal s'en excusera à la fin de l'errat. de 1817 (voir notre Avant- propos). Mais, en 1814, Beethoven était encore peu connu en France, et apprécié de façons très diverses en Allemagne. L'opinion sur Beethoven est d'ailleurs de Carpani.
Page 25. ... ils ont touché tous les cœurs. — Toute la partie historique de cette lettre est un abrégé de la lettre première de Carpani. On reconnaîtra assez facilement les passages qui appartiennent à Stendhal.
Lettre III
Page 27. Natura il fece, e poi nippe la stampa. — La nature le fit, et puis brisa le moule.
Page 28. ... deux tympanons,... — Edit. 1814 et 1854, que nous suivons. Mais Carpani donne : timpani (timbales) qui serait, bien prc'férable. Le tympanon, ancêtre de l'épinette et du clavecin, n'avait en eiïet rien du tambour. Deux timbales, au contraire, accordées en quinte ou en quarte, donnent les deux tons, ou plutôt les deux sons, dont parle Bombet- Carpani. Bombet, cette fois, a mal traduit.
Page 29. ... le jeune tympaniste... — Ou plutôt : timbalier.
Page 34. ... il faut cacher sa vie. — Cette lettre, y compris l'épigrapbe et le singulier développement sur l'infériorité de l'architecte, du sculpteur, du peintre par rapport au musicien, est tirée de la lettre II de Carpani ; l'anecdote de Pacchiarotti est tirée de la lettre VIII. L'anecdote de l'homme de Brescia est de Stendhal (cf. Vie de Rossini, Introduction, m), ainsi que la fin, avec l'allusion à la police secrète. « La sensibilité a sa pudeur » est aussi une phrase où l'on reconnaîtra la subtile délicatesse du futur auteur de V Amour.
Lettre IV
Page 35. ... d'une assemblée délibérante ;... — Le Conseil
d'Etat.
Page 35. ... un homme puissant et sans esprit,... — -
Sans doute le l^urrhus de la Consultation pour Banti,
celui dont Napoléon disait : « C'est le travail du bœuf
et le courage du lion. »
Page 37. ... et qui nuirait pas un sou. — Edit. 1854 :
et n avait pas un sou. Nous rétablissons le qui d'après
l'édit. de 1814.
Page 39. ... le prouveraient de reste :... — Edit. 1814 et 1^54 : du reste. Nous adoptons de reste, d'après l'errat. de 1817.
Page 40. ... quelques épithètes de sot,... — - Ciuccio, âne (Carpani).
Page 40. ... où il touchait l'orgue ;... — Edit. 1854 : de l'orgue. Nous rétablissons le texte de 1814.
Page 41. ... à se faire un four un style tout à lui. — Texte tiré, à partir du quatrième alinéa, de la lettre III de Carpani, Bade, 20 juin 1808, sauf le développement sur l'imitation, qui est de Stendhal, quoique le germe en soit déjà dans Carpani.
Lettre V
Page 44. ... le Ridotto. — La Redoute.
Page 45. Le théâtre de Carinthie... — Ou, plus exactement, théâtre de la porte de Carinthie.
Page 46. ... parleraient mieux de la vertu. — - On devine que cet excellent trait n'est pas tiré de Carpani.
Page 47. ... Vinutgination du spectateur. — Ce para-, graphe, avec le dialogue entre Haydn et l'auteur, est une invention de Stendhal.
Page 49. ... son premier quatuor en B fa à sextuple,... — « Sextuple : nom donné assez improprement aux « mesures à deux temps, composées de six notes « égales, trois pour chaque temps ; ces sortes de me- « sures ont été appelées encore plus mal à propos par « cjuelques-uns : mesures à six temps» (J.-J. Rousseau, Dicl. de musique).
Page 50. ... il neut pas son Gravina. — Voir Vie de Métastase, page 370.
Page 52 le baryton,... — « Comme forme, cet instru-
« ment avait beaucoup de rapport avec la viole de « gambe. On y mettait des cordes de boyaux, aux- « quelles correspondaient des cordes de laiton pla- « cées au-dessous ; les premières se jouaient avec « l'archet, les autres se pinçaient avec les doigts »
(Carpani). C'était un instrument dans le genre de la dole d'amour, avec des cordes métalliques vibrant par sympathie sous l'influence des cordes supérieures. Voir sur le baryton un intéressant article dans la revue musicale S. I. M., n^ du 15 janvier 1910, pp. 45-56.
Page 54. ... ai>ec une loyauté parfaite. — Le traducteur anglais ne manque pas de faire suivre ces deux paragraphes d'une note vertueuse ainsi conçue : « Quoique les circonstances ici racontées puissent dans une certaine mesure excuser la conduite de Haydn, le relâchement des mœurs, qui s'observe si généralement parmi les musiciens, est, pour les moralistes, une sérieuse objection contre la musique elle-même, etc. »
Page 54. ... un homme qui marcJie constamment à son but. Adieu. — Tiré de la lettre V de Carpani, Bade, le 16 août 1808. La note de la page 48 sur le pédantisme des règles de la musique et sur l'Ecole polytechnique avant 1804 est naturellement de Stendhal.
Lettre VI
Page 57. Le violoncelle... — Edit. 1814 et 1854 : l'ajito. Errât. 1817 : le violoncelle.
Page 57. ... Ualto, ... — Edit. 1814 et 1854 : la basse. Errât. 1817 : Valto.
Page 58. ... le violoncelle,... — Edit. 1814 et 1854 : l'alto. L'errat. de 1817 ne propose aucune correction ; mais la substitution du violoncelle à l'alto est une conséquence forcée des deux corrections ci-dessus. Carpani (voir Appendice) relève vertement ces trois inadvertances, qui indiquent, non pas l'ignorance de l'auteur, mais seulement la hâte avec laquelle le livre a été fait, imprimé et corrigé. Le traducteur anglais n'a pas vu la confusion, pourtant évidente, entre l'alto et le violoncelle, et, dans une des « notes savantes » dont parle Stendhal, M. G., l'auteur des
Sacred Mélodies, disserte gravement pendant deux pages sur la diiïérence des quatuors de Haydn et de ceux de Beethoven ; chez Haydn, la basse est bien, dit-il, la bonne femme un peu bavarde dont parle Bombet ; chez Beethoven, au contraire, la partie de basse est beaucoup plus sérieuse. Bombet, taxé d'ignorance par Carpani pour de simples coquilles, dut bien rire de l'ignorance véritable du savant M. G.
Page 60. Il ny avait pas deux ans... — Edit. 1814 et 1854 : deux jours, lecture qui n'oiïre aucun sens satisfaisant. Y a-t-il là une distraction du copiste, qui aurait écrit jours pour ans ? Ou bien le copiste aurait-il mal compris le mot anglais years que Stendhal aurait écrit au lieu du mot français ? Ce qu'il y a de sûr, c'est que la leçon : deux jours est inacceptable.
Page 61. ... deux adagio des Sept paroles. — Tiré, y compris l'amusant paragraphe sur le quatuor, de la lettre VI de Carpani, Vienne, 2 octobre 1808.
Les deux derniers paragraphes, toute la lettre suivante, toute la première partie de la lettre VHI, sont du Stendhal, et du meilleur.
Lettre VII
Page 63. Lettre VIL — Voir, pour toute cette lettre, le Journal et Rome, Naples et Florence. Stendhal commence à utiliser ici son arsenal de notes. « Je « viens travailler chez moi, où j'ai fait une note « vraie et puisée dans mes observations personnelles « de Vennui français et la mélancolie italienne » (Journal, 7 avril 1813).
Page 64. ... il croit que nous tenons à la police, ... — Encore la police.
Page 64. ... les font naître. — Cf. Mémoires de Benvenuto Cellini, chap. xi : « ... Que Votre Sainteté le
« sache : les princes, en enrichissant les artistes, « arrosent et vivifient le génie, qui. dans le cas con- « traire, languit maigre et chétif. .. «
Page 65. ... let old wrinkles corne!... — Nous avons rétabli le deuxième vers, tronqué tlans les éditions de 1814 et 1854. Voici la traduction de ces deux vers, et des deux qui les précèdent : Antonio. Je ne considère le monde que comme il doit être considéré, Gratiano ; un théâtre où chacun doit jouer un rôle ; et le mien est un triste rôle. Gratiano. Laissez-moi alors jouer le bouffon : que les rides de la vieillesse ne me viennent quau sein du rire et de la joie, etc.
Page 66. ... soulage la mélancolie,... — Cf. Histoire de la Peinture en Italie, chap. cxxv, note, et Rome, Naples et Florence, 1^^' septembre 1817.
Page 68. ... d'une ville de commerce du JSIidi ;... — Par exemple, à Marseille.
Page 69. ... des habitudes filles... — Edit. 1814 et 1854 : fines, qui n'offre aucun sens. La vraie lecture : filles, est donnée par Ferrât, de 1817.
Page 69. Quel peccator, etc. — Enfer, chant XXXIII. Le pécheur détourna la bouche du féroce repas (Le comte Ugolin ronge le crâne de l'archevêque Ruggieri).
Lettre VIII
Page 71. Lettre VIIL — L'auteur, depuis la dernière lettre datée de Vienne, 3 octobre 1808, est censé avoir quitté Vienne devant les armées françaises, et s'être réfugié à Salzbovirg ; il se donne, au commencement de cette lettre, pour un émigré, ancien capitaine de grenadiers dans l'armée royale, c[ui a c{uitté la France vers 1790 ; cette fiction était évidemment destinée à lui concilier les sympathies du monde de la première Restauration.
Page 73. Un de mes amis... — Sans doute lui-même, ou Louis Crozet.
Page 75. ...le métrer cCun agent de M. de Sartine,... — Toujours la police.
Page 76. ... m ait jamais procuré. — Voir dans les Soirées de l'orchestre, 21^ soirée, une description enthousiaste d'un de ces concerts de Saint-Paul, où Berlioz entendit des psaumes chantés à l'unisson par six mille cinq cents enfants.
Page 76. Or ce chant,... — « La mémoire de Haydn a un peu embelli ce chant. » (Note de Stendhal dans l'errat. de 1817, non reproduite dans l'édit. de 1854.) Il est inutile d'ajouter que ces deux lignes de musique sont dans Carpani (lettre III, en note). D'après la traduction anglaise (page 88), ce chant serait de Jones, organiste de Saint-Paul, sauf un léger changement à la 12^ mesure.
Page 76. Signora Contessina. — Légère erreur de Stendhal. Les mots : Signora Contessina se rapportent à l'air bouffe de Geronimo. 11 s'agit ici du trio qui suit cet air, et où Caroline, se moquant de la prétentieuse Lisette, l'appelle : Contessa garbata.
Page 77. Deh ! Signor ! — Signor ! deh ! concedete. Ce sont les premiers mots du beau récitatif obligé qui précède le duo de Paolino et du Comte, 1^^' acte, 2^ tableau.
Page 77 au Conservatoire de la rue Bergère. —
Cf. Journal, octobre 1813. (Soirées du Stendhal Club, 2^ série, page 104.)
Page 78. ... turbando il riposo,... — Acte I, fin du i^r tableau. Air de Figaro.
Page 79. ... cosa faccio. — Acte I, l^"" tableau des Noces de Figaro. Air de Chérubin.
Page 79. Felice un servo mio ! — Acte II, l*^"^ tableau du même opéra. Air du comte.
Page 80. ... parler des plaines de Babylone. — ■ Les idées de Stendhal n'ont pas changé, depuis le temps où, au 6^ dragons, il manquait de se battre en duel pour « la cîme indéterminée des forêts » d'Atala. Cette
citation piquante dn Génie du Christianisme n'a pas dû concilier à Stendhal les bonnes grâces de Chateaubriand.
Page 81. ... comme nous de la basse,... — Edit. 1854 : mais comme nous jouons de la basse. Nous rétablissons le texte de l'édition de 1814.
Page 81. ... tels quon les chante à Constantinople,... — Nous laissons subsister cette phrase telle que la donnent les éditions de 1814 et de 1854, bien qu'elle ne soit pas satisfaisante.
Page 83. Mozart et Haydn en sont remplis. — Nous rétablissons d'une façon correcte, dans cette note de Stendhal tirée de Carpani, les désignations de tons, plus ou moins défigurées dans les édit. de 1814 et de 1854. Il s'agit du passage du ton (Vut mineur au Ion de sol, puis au ton de mi.
Page 86. ... un moyen facile de Véclaircir. — Edit. 1814 et 1854 : les éclaircir.
Page 86. ... si Von eût donné ces passages à un autre instrument. — Cf. M™^ de Staël, De F Allemagne, 2^ partie, chap. xxxii : « Oreste, dans Iphigénie en « Tauride, dit : Le calme rentre dans mon âme, et « l'air qu'il chante exprime ce sentiment ; mais l'acte compagnement de cet air est sombre et agité. Les « musiciens, étonnés de ce contraste, voulaient adou- « cir l'accompagnement en l'exécutant ; Gluck s'en « irritait et leur criait : « N'écoutez pas Oreste ; il dit « qu'il est calme ; il ment. »
Page 86. ... les avait rapportées de Rome. Stendhal s'est ici un peu embrouillé dans les Bach. Il ne s'agit pas de Bach l'ancien (Jean Sébastien), mais de son fils (Charles Philippe Emmanuel) ; encore Carpani fait-il remarquer que ce n'est pas Emmanuel qui a séjourne en Italie, mais un de ses frères.
Page 88. Je ferai, je ferai ; mais le clavecin me tue. — Faro, faro, ma il cembalo m\immazza. (Carpani.)
Page 89. ... Visconti et Winckebnann. — Stendhal
avait eu déjà à dépouiller les ouvrages de ces deux archéologues pour la préparation de son Histoire de la Peinture en Italie. Il reprochait à Winckelmann un peu de sensiblerie allemande. Il dira plaisamment un peu plus tard (lettre à Louis Crozet du 20 octobre 1816, Correspondance, édition Paupe, tome II, page 14) : « Winckelmann, c'est M^^^ Emilie racontant l'histoire d'Héloïse et d'Abélard. « Page 90. ... à nos yenx étonnés. — Texte tiré, à partir de la page 80, de la lettre IV de Carpani, Bade, 18 juillet 1808. Quelques passages compris dans les pages 71-80 sont également pris dans Carpani, lettre III, Bade, 20 juin 1808, ainsi que la fin de la lettre où notre auteur, abandonnant la lettre IV de Carpani, revient à la lettre III.
Lettre IX
Page 93. ... convenance de style. — Edit. 1814 : convenances de style.
Page 95. ... vous la rendre ensuite plus agréable. — Tout ce début est tiré des lettres III et IV de Carpani.
Page 95. Sortite, sortite,... — Duo des Noces de Figaro, acte I^^', 2® tableau, un peu avant le finale.
Page 95. ... des Horaces,... — Opéra de Cimarosa.
Page 96. Rien n égale mon bonheur. — Cf. Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Art dramatique : Voltaire s'élève contre V Encyclopédie, article Expression, où Cahusac, à propos d'un passage de Persée, musique de Lulli, paroles de Quinault, soutient la même idée que l'ami de Stendhal. Les vers de Quinault disent :
Je porte Véponvante et la mort en tous lieux ; Tout se change en rocher à mon aspect horrible.
Cahusac prétend que la musique de Lulli chante :
Je porte V allégresse et la vie en tous lieux ;
Tout s'anime et s' en flamme à mon aspect aimable.
Page 97. ... du commencement de Don Juan. — La citation exacte serait :
Lascia, o cara, La rimembranza amara I
(Duo de dona Anna et de don Ottavio).
Page 97. ... Ser Marc Antonio. — Opéra-boulTe de Pavesi.
Page 98. ... un tahleau de Téniers ou de ] cdi Ostade. ■ — • C'est ce que nous appelons des tableaux vivants. Cf. Gœthe, Les Affinités Electives, 2^ partie, chapitre VI.
Page 98. ... Prométhée,... — Stendhal avait assisté à une représentation de ce ballet à Milan, en octobre 1813. Voir Journal, à cette date.
Page 98. ... pour décrire, la rapidité du mouvement, par
exemple — Edit. 1814 et 1854 : Pour décrire la
rapidité du mouvement. La virgule après décrire, qui est essentielle, est indiquée dans Ferrât, de 1817.
Page 99. ... partagent avec Haydn. — A partir d'ici, quelques emprunts à la lettre III de Carpani.
Page 99. ... la Molinara,... — Opéra-bouffe de Paisiello.
Page 99. ... Pirro... — Opéra de Zingarelli.
Page 102. ... la Frascatana... — De Paisiello.
Page 103. ... et cest nous qui régnons ! — Les Deux Siècles, 1771. Les éditions de 1814 et de 1854, au lieu de ces dix vers, donnent deux vers tronqués :
Un jour les grenouilles se levèrent, Et dirent aux coucous : Illustres compagnons.
Mais l'errat. de 1817 rétablit le vrai texte, en ajoutant la note suivante : « L'auteur était trop loin de son imprimeur pour corriger les épreuves ; la copie était peu lisible ; et l'on a réduit à deux misérables lignes ces vers charmants de Voltaire (suivent les dix vers des Deux Siècles). Les citations de Shakspeare sont également mutilées. »
Lettre X
Page 105. ... l'entierro :... — Edit, 1814 et 1854 : intiero. Nous rétablissons la vraie orthographe du mot espagnol.
Page 108. ...et que Von a appelée le sublime. — Tiré de la lettre VII de Carpani, Vienne, 1*^^ novembre 1808, sauf le dernier paragraphe ; on remarquera, dans tous les développements qui appartiennent à Stendhal, les nombreuses digressions sur la peinture ; elles s'expliquent chez un auteur qui s'occupait de2)uis plusieurs années de VHistoire de la Peinture en Italie. A signaler d'ailleurs que Carpani lui-même fourmille d'allusions aux peintres.
Lettre XI
Page 111. Arda nel fuoco. — Aon, là-haut, dans les chœurs des bienheureux, n entrent point les castrats. Car il est écrit dans ce lieu... — Dites, qu est-ce qui est écrit.'* — U arbre qui ne produit pas de fruits brûle au feu.
Page 112. ... les canons bernesques... — Xous pensons que le mot burlesques eût mieux convenu ici que le mot bernesques, qui s'applique peu à des compositions musicales.
Page 115. ... ils firent ressauter V auditoire endormi. — Tiré entièrement de Carpani, lettre VII, Vienne, 2 octobre 1808.
Lettre XII
Page 119. ... wlien I Itear sweet music. — Je ne suis jamais gaie quand f entends une douce musique.
Page 121. Che cosa è amor. — C'est l'air fameux de Chérubin, l^^^' acte, 2^ tableau.
Pa^e 123. ... à tout un opéra de Gluck. Adieu. — P]»^sleurs passages de celte lettre sont tirés de la lettre Vil de Carpani, Vienne, 4 février 1809. L'anecdote de Jomelli à Padoue est tirée de la lettre III de Carpani.
Lettre XIII
Page iV une jolie petite comédie, très bien coupée
par la musique. - Cette analyse du Mariage Secret est des plus exactes ; à signaler toutefois une petite erreur de Stendhal à propos des couplets de Fidalma : Ma con un marilo, qui peignent, en traits incisits, le ridicule d'une vieille veuve amoureuse; ils se trouvent, non au 2e acte, mais au l^r. — Ce délicieux chef-d'œuvre n'a plus été représenté en France depuis de bien longues années ; l'auteur des présentes notes a terminé en 1912 une adaptation entièrement nouvelle du livret, en vers, qu'il destine au théâtre des Champs-Elysées. Page 128. ... sur la tombe d'Admète,... — Légère erreur
de Stendhal : Admète ne meurt pas, dans Alceste. Pat^e 130 ... la mélodie d'une nation voisine... — La France. Stendhal est prudent ; il a lu et médité ce passage de d' Alembert : « Il y a chez toutes les nations a deux choses qu'on doit respecter, la religion et le (( crouvernement ; en France, on en ajoute une troi- « sième : la musique du pays. « (Mélanges de littérature et de philosophie : De la liberté de la musique). Si Carpani a fourni à Stendhal les éléments biographiques et historiques de la Vie de Haydn, les auteurs du xviiie siècle qui se sont occupés de critique musicale, Grimm, Diderot, d'Alembert, et surtout J -J Rousseau, lui ont donné ou suggéré les medleures de ses idées. Précurseur dans d'autres domaines, Stendhal doit plutôt, en musique, être considère comme un escarmoucheur attardé de la Querelle des Bouffons.
Page 132. ... jaire mourir Didon d'une manière vraisemblable et touchante. — Cf. Histoire de la Peinture en Italie, chapitre xc.
Page 132. Dans son cœur. — Tiré en partie de la lettre VIII de Carpani, y compris la citation du vers latin d'Aristénète. Est-il besoin de rappeler que le Mariage Secret fut la première pièce que Stendhal entendit en Italie, à Ivrée ? (voir Vie de Henri Brulard). La Caroline d' Ivrée avait « une dent de moins sur le devant » : cette dent de moins, par hasard, n'empêcha pas la cristallisation.
Lettre XIV
Page 133. Lettre XIV. — Stendhal case dans cette lettre un « extrait » qu'il fit, en 1811 ou en 1813, d'un ouvrage d'un abbé napolitain. Voir Jnurncd, 10 octobre 1813 (Soirées du Stendhal Club, 2^ série, pages 103-106), et lettre du 8 décembre 1811, où Stendhal écrit à sa sœur Pauline qu'il attend de Naples un livre qui traite de la musique.
Page 139. Benda, né en 1714, mort en 1795. — Nous indiquons la date de la mort de Benda, date que Stendhal avait laissée en blanc dans son manuscrit, et que les édit. de 1814 et de 1854 remplacent par ***. Du reste, nous ne relevons pas les erreurs de dates que contient cette liste ; il y a des dictionnaires spéciaux que pourront consulter ceux que la musique intéresse ; nous nous sommes expliqué sur ce point dans notre Avant-propos.
Lettre XV
Page 141. Je ne passe jamais à Venise... — Au moment où il préparait son ouvi'age, Stendhal était allé déjà une fois à Venise, en septembre-octobre 1813.
Page 142 aux artistes vivant à Paris,... — A Pans
et dans bien d'autres villes. C'est sans doute en partant de cette idée, tristement vraie, que btendhal voyage incognito. « J'évitai d'être reconnu ; je ne voulais pas perdre mon temps à Rome a des dîners officiels .. Je n'allai voir les autorités que la veille de mon départ... Je fus invité partout à des dîners que j'esquivai en partant. >- (Journal d Italie, page 230.) Paae 144. ...des pensées... — Edit. 1814 : pensers. Pa^e 145 • V invitation des directeurs du Concert Spirituel... - « Concert qui tient lieu de spectacle « public à Paris durant les temps ou les autres « spectacles sont fermés. Il est établi au château des « Tuileries, les concertants y sont très nombreux, « et la salle est fort bien décorée : on y exécute des « motets, des symphonies, et l'on se donne aussi « le plaisir d'y défigurer de temps en temps quelques « airs italiens. » (J.-J. Rousseau, Dictionnaire de mu-
sique). loi A
Paoe 149. ... qui était un haydniste... — Edit. 1«14 :
haydaniste. Errât. 1817 : haydiniste.
Page 152 .. un chant et un accompagnement correct. L'édition de 1854 donne : corrects. Nous préférons la leçon : correct, de l'édition de 1814. - Il s agit d'un canon amusant, que nous donnons pp. Ib^-iûd, d'après la traduction anglaise. « Il y a une troisième « sorte de canons, très rares ; c'est ce qu'on pourrait « appeler double canon renversé ; il y a un tel artiiice « dans cette sorte de canons que, soit qu on chante ce les parties dans l'ordre naturel, soit qu'on renverse « le papier pour les chanter dans un ordre retro- « crrade, en sorte que l'on commence par la hn et « que la basse devienne le dessus, on a toujours une « bonne harmonie et un canon régulier. » (J-'J- ^*^'^'''' seau Dictionnaire de musique). Le canon de Haydn, sur l'es paroles : Ta voix, Ô Harmonie, est divine, peut
se chanter encore de deux autres manières, en lisant la musique par la fin (ou, ce qui revient au même, en la lisant, par transparence, du côté du verso), soit dans le sens ordinaire du papier, soit en le renversant. Il nous a paru intéressant de reproduire cette curiosité musicale, qui est intitulée, dans l'édition anglaise de 1817 : canon cancrizans (canon à l'écrevisse).
Page 153. ... que les autres nations. — Tiré, sauf de courtes observations, de la lettre XIII de Carpani, dal Bannato, 29 juillet 1809, et, à partir de la page 152 (Il quitta Londres, etc.), de la lettre XIV de Carpani, dal Bannato, 18 septembre 1809.
Lettre XVI
Page 158. ... que V ouvrier notre contemporain ? — Cf. Histoire de la Peinture en Italie, chap. x.
Page 159. ... plus tôt,... — Edit. 1814 et 1854 : plutôt.
Page 161. ... un chapeau charmant. — Edit. 1854 : un charmant chapeau.
Page 162. ... ils ne croient plus le bonheur possible. — Cf. Histoire de la Peinture en Itcdie, chap. cxxv, note.
Page 162. ... un rôle de tyran... — Edit. 1814 et 1854 : un s^rai rôle de tyran. L'errat. de 1817 donne la leçon que nous adoptons.
Page 165. ... retentissants... — • Edit. 1814 et 1854 : ralentissants, qui n'a aucun sens. L'errat. de 1817 donne la correction que nous adoptons.
Page 165. ... quelque chose d^ étranglé... — Una cadenza strozzata, une cadence étranglée (Carpani).
Page 168. ... emploie quelquefois les mouvements... — Editions de 1814 et 1854 : le mouvement. Nous corrigeons ce que nous croyons être une faute d'impression ; sans quoi, le pluriel rappellent qui existe dans les deux éditions ne s'expliquerait que difficilement.
Page 1G8. Cabanis cous dira... — Carpani le dit aussi.
Page 169. ...le célèbre poëte tragique Collin. — Tiré de Carpani, lettre IX, Vienne, 28 février 1809, y compris l'anecdote de la messe entendue à Vienne en 1799, celle de Senesino, celle des brebis méloinanes ; les deux citations musicales sont aussi de Carpani ; la deuxième est défigurée dans les éditions de 1814 et de 1854.
Lettre X^'II
Page 172. ... des accès de vivacité charmants. — Cette lettre est de Finvention de Stendhal.
Lettre XVIII
Page 173. ...la vallée de Chamouny,... — Nous conservons l'orthographe des éditions de 1814 et 1854.
Page 174. ... un intermède de Pergolèse,... — La Serva padrona.
Page 175. Haydn, longtemps avant... — Ici reprennent les emprunts à Carpani, lettre X, dal Bannato, 28 mai 1809.
Page 175. ... il eut plus de grandiose dans les idées;... — Note de l'errat. de 1817 : « En 1791, Haydn assista à sa Création exécutée dans l'église de Westminster. Il y entendit pour la première fois un orchestre de 1.067 musiciens :
Violons :
Hautbois :
Altos :
Bassons :
Violoncelles :
Cors :
Contre-basses :
Trompettes :
Tambours :
Trombones :
Orgue :
Voix :
L'effet fut très doux ; on entendait très bien les voix. Chose singulière, les sons bas parurent manquer de
force. Voir les détails, page 230 de la traduction (anglaise) ». C'est évidemment par erreur cjue l'errat. de 1817 parle de la Création en 1791, c'est-à-dire à vme époque où elle n'était pas encore écrite. Nous nous sommes reporté à la traduction anglaise : il s'agit simplement d'un concert monstre organisé en 1791 à Londres, qui dura plusieurs jours et qui attira, paraît-il, des musiciens de tous les pays d'Europe. Il faut lire, croyons-nous, Messie. M. Romain Rolland nous indique qu'en efïet on donna cet oratorio de Ila'ndel au cours du festii'al dont il s'agit.
Page 177. ... ne fut pas mis en musique. — Le traductevir anglais remarque ici avec raison que l'auteur coinmet un grossier anachronisme (Milton, auteur du Paradis perdu, était mort en elTet en 1674, onze ans avant la naissance de Hœndel), et se demande si le texte français est bien correct. Bombet s'est contenté ici de traduire Carpani, qui est donc seul responsable de l'anachronisme. Carpani spécifie bien : il célèbre Milton.
Page 179. ... ceux qui croient à la présence réelle. — Ces huit lignes de pointes dirigées contre Delille sont de Stendhal.
Page 180. Ed il gai : curi chi chi. — Parfois la grenouille dans le bourbier chante joyeusement : qua, qua, ra. Le grillon fait : tri, tri, tri. U agneau : bé, bé. Le rossignol : chio, chio, chio. Le coq : cocorico.
Page 180. ... sur la terre muette;... — La traduction anglaise de 1817 déclare n'avoir pu retrouver à quel passage de Haendel fait allusion l'auteur.
Page 181. ... qui donnent naissance aux passions. — ■ Cf. J.-J. Rousseau : Essai sur Vorigine des langues, chap. XIV et xvi.
Page 185. Le spectacle commença. — Ce spirituel « fragment », qui naturellement ne figure pas dans Carpani, n'est pas de Goethe ; on le chercherait vainement dans les Affinités électives, quoique les personnages
d'Ottilie et du capitaine appartiennent bien réellement au roman de Gœthe. Nous voyons par le Journal (février 1810) que Stendhal avait lu les Affinités, et même les avait fait lire à M"i^ Z. C'est peut-être un passage du chapitre ii de la 2^ partie (le fd rouge des cordages de la marine royale d'Angleterre) qui a donné à Stendhal l'idée de son allégorie des bobines. Dans V Introduction de V Histoire de la Peinture en Italie, Stendhal cite en note les Bobines, avec référence aux Lettres sur Mozart (il aurait dû dire : Lettres sur Haydn).
Page 186. ...de volate,... — Edit. 1814 et 1854 : volâtes. Nous préférons la forme italienne : volate, pour un mot qui n'a pas passé dans le langage courant.
Page 187. ... serait-elle un tableau? — Ces deux paragraphes sur Viganô et le ballet de Prométhée sont de Stendhal.
Page 188. ... la lumière dans une caverne sombre. — lyjme (Je Staël jugeait autrement ce passage de la Création : « J'ai entendu à Vienne la Création de « Haydn, quatre cents musiciens l'exécutaient à la « fois, c'était une digne fête en l'honneur de l'œuvre « qu'elle célébrait ; mais Haydn aussi nuisait quelce quefois à son talent par son esprit même ; à ces « paroles du texte : Dieu dit que la lumière soit, et « la lumière fut, les instruments jouaient d'abord « très doucement, et se faisaient à peine entendre, « puis tout à coup ils partaient tous avec un bruit « terrible, qui devait signaler l'éclat du jour. Aussi « un homme d'esprit disait qu'à l'apparition de la « lumière, il fallait se boucher les oreilles. » {De V Allemagne, 2^ partie, chap. xxxii.)
Page 189. ...ne promet pas de grands plaisirs. — C'est ici qu'était placée, page 217 de l'édition de 1814, la phrase inachevée : il me semble voir Delille voulant nous peindre. (Voir à ce sujet notre Avant- propos).
Page 191. ... imités avec toute la fraîcheur possible. —
Cf. M^^ de Staël, loc. cit. « Dans plusieurs autres « morceaux de la Création, la même recherche d'es- « prit peut être souvent blâmée ; la musique se traîne « quand les serpents sont créés ; elle redevient bril- « lante avec le chant des oiseaux... Ce sont des con- « cetti en musique que des effets ainsi préparés. »
iETTRE
Page 196. ... excellent connaisseur en musique. — Cet hommage à l'esprit et aux connaissances de Carpani, traducteur de la Création, ne désarma pas Carpani, auteur des Haydine (voir Appendice).
Page 198. Fuor che la tua heltà. — Mais souvent, injuste en vérité, je dédaigne tout autre objet / tout me paraît imparfait, sauf ta beauté.
Page 199. ... ne laissent pas de souvenirs distincts. — Cf. Rome, Naples et Florence, 26 septembre 1816.
Page 199. ...le plus délicieux de sa vie. — Cf. de l'Amour, chap. XXXII, où cette anecdote est citée, avec une référence à la Vie de Haydn.
Page 202. ... consistait dans la nouveauté. — Cf. Journal, Ancône, 19 octobre 1811. Bisogna novità pella musica.
Page 204. ... lorsqu'il lui souhaitait le bonjour. ■ — Tout cet extrait du Spectateur d'Addison est cité en français par Carpani.
Page 207. ... pour le Macbeth... — Edit. 1814 : pour la Macbeth. L' errât, de 1817 donne la correction.
Page 208. ... l'italienne sera la meilleure à Naples. — Ces deux derniers paragraphes, les six premiers, la citation du Spectateur sont tirés de Carpani, lettre XI, dal Bannato, 28 juin 1809.
Page 210. ... aux bords du Sebète. — Le Sebète ou Sebèthe (le Sebethus des Anciens) était une petite rivière se jetant dans la Méditerrannée à l'Est de Naples ; c'est, croit-on, le ruisseau appelé de nos
jours : fiiime délia Maddalena Plus tard, Stendhal emploiera la forme italienne : Seheto.
Page 212. ... F heureux habitant de la rive de Pausilippe. — H. C. G. Bombet, dans la lettre datée de Rouen 26 septembre 1816 et parue dans le Constitutionnel du l^i" octobre, citera la « lettre sur le heau idéal » pour montrer que la Vie de Haydn n'est pas un plagiat de Carpani (voir notre Appendice, n^ V). A noter, dans la lettre XIX, datée de 1809, l'allusion à la campagne de Moscou et aux Français de 1814.
Lettre XX
Page 214. ... à la bonne heure. — • Voir notre note, page 384, infra.
Page 214. ... de M. Ducis,... — Voir dans le Journal (21 frimaire an XIII) un éreintement pittoresque du Macbeth de Ducis. La pièce, dit le jeune Beyle en manière de conclusion, « ne vaut pas exactement une pipe de tabac ».
Page 214. ... par la raison simple qu il est unique. — Voir Racine et Shakespeare, passim.
Page 216. ... pianger che si muore,... — Qui paraît pleurer le jour qui meurt. {Purgatoire, chant VIII). Cette citation est déjà dans Corinne.
Page 220. ...et encore étais-je fort distrait. — Tout ce début, sauf bien entendu la lettre supposée de la « chanoinesse de Brunswick », citée en note, est tiré de la lettre XII de Carpani, dal Bannato, 15 juillet 1809.
Page 223. ...le premier chanteur de son siècle. — L'anecdote de Stradella se retrouvera dans la Vie de Rossini, chap. XIX, plus développée et agrémentée de détails très stendhaliens. Carpani cite, en dix lignes, l'épisode de Saint- Jean-de-Latran, lettre IX.
Page 224. ... distinguer un chant quelconque. — Anecdote tirée de Carpani, lettre IX.
Page 224. La manie... — C'est bien le mot qui convient.
4d^ NOTES ET ECLAIRCISSEMENTS
L'absurde tableau qui suit est tiré de Carpani, lettre XIII, avec quelques variantes : par exemple, dans Carpani, Mozart est Jules Romain (?), et Cimarosa est Paul Véronèse (??). On trouve encore dans V Histoire de la Peinture en Italie (chap. cxxx, note) une comparaison de Rossini avec le Guide, et dans Rome, Naples et Florence (3 octobre 1816) une comparaison entre Molière et Cimarosa, Corneille et Mozart, La Fontaine et Paisiello, Marmontel et Winter. C'était le goût du temps. L'annotateur de la traduction anglaise, M. G., cite, comme une coïncidence remarquable, un de ses propres articles, paru dans le Monthly Magazine de 1811, où il compare, lui aussi, Mozart au Dominiquin ; il se félicite de se trouver sur ce point d'accord avec M. Bombet. Page 226. Like patience sitting on lier tomb. ■ — • Edit. 1814 et 1854 : siting. C'est là une des citations mutilées dont parle Stendhal dans l' errât, de 1817, mais qui n'ont pas été rétablies dans leur intégrité. Il faut voir, croyons-nous, dans ce vers, que nous n'avons pas retrouvé dans Shakspeare, un souvenir du passage suivant de La Douzième Nuit, act. II, se. iv :
VIOLA ... She never told lier love.
But let concealmenl, like a worm i' the hud, Feed on her damask cheek ; she pin' d in thoughl ; And, wiLh a green and yellow melancholy, She sal, like patience on a monument, Smiling ai grief. Was nol this love, indeed ?
Elle ne dit jamain son amour, mais une douleur cachée, comme un \>er dans le calice de la fleur, ftélril les roses de ses joues ; elle souffrait en silence, et, dans sa pâle mélancolie, elle était assise, semhlahle à une statue de la résignation sur une tombe, souriant à sa douleur. N'était-ce pas là de l'amour, en vérité ?
Lettre XXI
Page 230. Alt und scluvach hin ich. — Nous ajoutons à la citation musicale, qui est extraite de Carpani,
l'indication du mouvement (adagio molto) qui a été omise dans les éditions de 1814 et de 1854. Les Haijdine de Carpani donnent ce passage avec trois dièses, en clef à\it 3^ ligne ; les éditions de 1814 et de 1854 le donnent avec les mêmes dièses et les mêmes notes, mais en clef de sol. Ni l'une ni l'autre de ces notations n'est satisfaisante. Nous proposons d'ajouter un dièse et de lire en clef de ja.
Page 232. ... que tant de gloire et d'amour avaient fait... — Nous maintenons l'orthographe des éditions de 1814 et de 1854.
Page 233. ... les anciens compagnons de ses trai>aux. — Tiré de la lettre XIV de Carpani, dal Bannato, 18 septembre 1809.
Lettre XXII
Page 235. ... la larçe... — Edit. 1814 : le larçe.
Page 237. ... que je trouvai fort élégant. — Cf. lettre à Pauline Beyle, Vienne, 25 juillet 1809 {Correspondance, tome I, page 347, édition Paupe). Stendhal assistait, en uniforme, à la cérémonie. Le Requiem de Mozart lui parut trop bruyant, et ne l'intéressa pas. Uhomme aimable dont il est question est, d'après M. Chuquet, l'académicien Denon. On remarquera, dans toute la Vie de Haydn, l'habileté avec laquelle Stendhal a mis en œuvre les matériaux de Carpani, en les fondant avec ses souvenirs personnels et ses observations sur la psychologie des beauxarts, la réelle variété de ton de chacune des lettres, le parfait naturel du style ; certainement Stendhal dut éprouver beaucoup de plaisir à composer cette première partie de son livre.
Page 239. ... dans les lettres originales,... — Stendhal parle ici, non pas, comme le prétend Sainte-Beuve (Causeries du Lundi, tome IX), des lettres de Car-
pani, mais de ses propres lettres, à lui Stendhal, celles qu'il est censé avoir écrites à son ami Louis de Lech***, et dont il est censé avoir tiré sa Vie de Haydn.
Page 240. ...la mort de cet homme célèbre. — Tiré de la lettre XVI et avant-dernière de Carpani, dcd Bannato, 20 mars 1810. Le paragraphe sur le prince de Kaunitz provient de la lettre XV de Carpani, dal Bannato, 25 septembre 1809, ainsi que le germe de quelques idées de la fin.
Page 240. ... le plus grand d'eux tous en littérature,... — Edit. 1854 : le plus grand d'eux en littérature. Nous rétablissons le mot tous oublié, d'après l'édition de 1814.
Page 242. ... au parfum suai'e de la pêche. — Cf. Vie de Rossini, chap. vu.
Page 243. ... de ce sénéquisme général,... — Ed. 1814 : de sénéquisme général ; faute évidente, soit que de doive être remplacé par du, soit que ce ait été oublié, coname l'a pensé l'éditeur de 1854 et comme nous le pensons.
Page 245. ... depuis Vâge de dix-huit ans. — Ce catalogue est pris dans Carpani ; il est d'ailleurs des plus incomplets.
Page 245. 6 Duos. — Edit. 1814 et 1854 : 8 duos. Nous rétablissons le chiiïre exact d'après Carpani.
Page 248. La fedeltà premiata. — Edit. 1814 et 1854 : L'infedeltà premiata.
Page 248 U Infedeltà fedele. — Ce titre est omis par les éditions 1814 et 1854. Nous le rétablissons d'après Carpani.
Page 249. 3 Sonates pour Broderip. — Edit. 1814 et 1854 : Drodevif. Nous rétablissons Broderip d'après Carpani.
Page 249. 3 Sonates pour Broderip. — Edit. 1814 et 1854 : Broderich.
Ch^
Page 255. ... Versuch einer grundlicheti Viollnschide,... — Edit. 1814 et 1854 : Versuclu etc. (sic).
Page 267. ... un quolibet... — Quolibet ou quodlibet : sorte de composition musicale, cultivée surtout en Allemagne aux xvi^ et xvii^ siècles, et se rattachant au genre comique ; certains musiciens français cultivèrent aussi le quolibet : Clément Jannequin, par exemple, l'auteur de la célèbre Bataille de Marignan.
Page 267. ... pa?' Lyon et la Suisse. ■ — ■ En septembre 1766, Mozart donna un concert à Genève. Voir lettre de Voltaire à M'^^ d'Epinay du 26 septembre 1766. « Votre petit Mozart, Madame, a pris, je crois, assez « mal son temps pour apporter l'harmonie dans le « temple de la Discorde. Vous savez que je demeure « à deux lieues de Genève : je ne sors jamais ; j'étais « très malade quand ce phénomène a brillé sur le « noir horizon de Genève... »
Page 269. ... demander des leçons. — Voir Vie de Haydn, page 91.
Page 270. ...le triomphe de Mozart complet. — Tout ce début du chapitre premier est tiré, mot pour mot, de la notice de C. Winckler.