Vods voleriez la fumée aii.v chandelles
2. 11 nie revient que ce n'est pas la première fois que vous traînez par la queue les vaches du voisin dans votre caverne, et cfue vous espérez, en changeant de nom, cacher au public le vol et l'auteur [Note de Carpani).
dédier à l'Institut de musique de sa patrie ? A qui pourrait-il venir à l'esprit que, pour revendiquer votre propriété, vous ayez été obligé de vous faire imprimer tout i>if, et de faire paraître vos lettres à Paris, chez Didot, avec ces corrections, ces additions, ces omissions, ces retouches qui les défigurent en maint endroit ? Contez cela, maître Bombet, à qui vous voudrez, mais pas aux Italiens !
Vous dites à la page 443 qu'en Sicile, lorsque les spectateurs s'aperçoivent au théâtre d'un plagiat musical, ils ne crient pas : au voleur, mais qu'ils se contentent de prononcer, avec des applaudissements ironiques, le nom du compositeur pillé. Par exemple, pour un air volé à Sacchini, à Sarti, ils crient : bravo Sacchini ! bravo Sarti ! Quoique tous les Italiens ne soient pas nés en Sicile, ne craignez-vous pas qu'en lisant vos lettres, plus d'un ne crie : bravo Carpani !
Mais en voilà assez, maître Bombet. La clémence est à l'ordre du jour. Je veux en avoir pour vous. Je vous pardonne, sans même demander l'application de la règle : non remittitur peccatum, nisi restituatur ablatum. Montrez-vous reconnaissant de ma modération en ne répondant rien : vous m'éviterez ainsi la peine d'avoir à faire taire en moi les sentiments que, dans des cas analogues, les auteurs volés ne se gênent pas pour exprimer.
J'ai l'honneur d'être, avec l'estime due à vos talents, votre très humble et très obéissant serviteur,
Joseph Carpani.
Vienne, le 18 août 1815.